Chapitre 17.

914 43 3

DIX-SEPT.

Cyril.

Autre séquence, autre scène,
Champ, contrechamp, gros plan sur elle. 

T'as raison, y'a que l'amour qui vaille la peine Demande à l'éclairagiste qu'il éteigne
Tou lou dou dou,

 Ainsi soit-il,
Hu hu hu, tel est le nom du film.

Louis Chedid.

« Très chère et dévouée attachée à mon coeur,

Te raconter mon parcours, c’est te raconter ma vie. Je suppose que c’est bien ce que tu attends de moi. Alors je me lance: ainsi tu me connaitras mieux. Il est bon que nous ne nous cachions rien l’un de l’autre, afin de poursuivre l’exploration du plus intime de nous, de notre essentiel.

Après tout, je te dois bien cela: nous ne sommes pas à égalité, puisque j’ai pris connaissance de ton jardin secret alors que tu connais si peu de moi. 

Commençons donc par cela; mon adolescence.

C’est, bien entendu, l’époque de mes premiers troubles, de mes premiers doutes. Je ressentais, pour les jeunes filles de mon âge, une attirance énorme, gigantesque, furieuse. En ce temps-là nous faisions études à part, garçons et filles. Celles-ci constituaient donc une énigme, une espèce nouvelle qu’explorateur intrépide je me devais de découvrir dans leurs goûts, leurs coutumes ainsi que dans tous leurs usages.

J’étais plutôt beau garçon, et pénétrer dans le jeu de la séduction ne me fut pas difficile. Assez aisément je parvins à obtenir mes premiers rendez-vous, mes premières promenades main dans la main (écrivant cela je repense à la notre...), mes premiers baisers.

Bref, tout ce passa bien jusqu’à ce que...

Jusqu’à ce que j’obtienne mon but ultime: le lit!

Mais à ce moment-là, tout à coup quelque chose n’alla plus. Je réalisais que, finalement, la chose ne m’intéressait guère. Faire entrer mon machin dans son truc, tout d’abord, avait quelque chose d’angoissant. Le voir disparaître à l’intérieur d’elle ne me plaisait qu’à moitié. 

En bref, je me sentais un peu obligé de tenir un rôle écrit d’avance, le rôle du mâle pénétrant sa femelle, et je crois aujourd’hui que c’est cette sensation d’obligation même qui me voyait refuser, comme un cheval refuse devant l’obstacle.

Bien entendu à cette époque je ne me doutais pas de cette mécanique secrète qui était à l’oeuvre dans mon cerveau.

Et je me posais bien des questions, allant jusqu’à envisager l’homosexualité refoulée... Mais non, mon désir et mon attirance envers les filles était évident, et bien trop fort.

Combien de jeunes filles j’ai ensuite ainsi séduites, m’arrêtant alors à ce moment crucial, celui où le sentiment a déjà glissé au-delà de l’amitié, de la complicité, de la compréhension mutuelle, et dans lequel je restais, sans rien faire, sans rien oser, au grand désespoir de mes conquêtes, qui attendaient de moi un signe, un baiser...

95 fois sur 100Lisez cette histoire GRATUITEMENT !