Chapitre 7.

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SEPT.

Clara.

un gelato al limon, gelato al limon gelato al limon sprofondati in fondo a una citta
un gelato al limon e vero limon-
ti piace?

Paolo Conte.

(Une glace au citron, glace au citron glace au citron Enfouis au fin fond d’une ville
Une glace au citron c’est du vrai citron tu aimes ? )

Comment avait-elle pu accepter d’être embrassée par cet homme qu’elle ne connaissait pas? Quelle étrange expérience! Elle, la femme d’affaire, la chef d’entreprise, comment en était-elle arrivée non seulement à accepter ce baiser, mais même à se laisser entrainer  jusqu’à subir l’humiliation d’être allée plus loin, trop loin?

Il y avait si longtemps qu’elle n’avait pas embrassé d’homme, qu’elle n’en avait rencontré aucun qui en fût digne. Pourquoi celui-ci? Etait-ce sa demande si particulière, l’émotion de l’accident, le stress? 

Elle n’aurait pas du le laisser partir si facilement, mais elle se sentait étrangement sans faculté d’action en sa présence...C’est tellement bon de céder, parfois, surtout quand l’envie est depuis si longtemps présente. Quelque chose de l’ordre de l’enfance lui était revenu, une étrange sensation, comme dans un de ces jeux pas si innocents auxquels elle aimait participer, petite. Des jeux qui glissaient en douceur vers l’interdit, ce si fascinant interdit ...

 Il avait sa carte, l'appellerait-il? Elle était prête à parier que oui, elle portait sa plus belle tenue au moment de l’accident, pour tenter d’attendrir un fournisseur dont elle avait senti le désir gluant lors de ses précédentes négociations. Elle aimait beaucoup profiter de ses charmes pour dominer les échanges avec les fournisseurs en manque.

Elle avait aimé cette approche franche, directe, qu’avait eu son motard. Son à-propos, aussi; un qui ne perdait pas le nord, un qui savait -enfin- ce qu’il voulait.

Et puis cette histoire de cow-boy et d’indien, avec ses cordes, elle brûlait d’envie d’en savoir plus. Un marin? Un artiste de cirque? Il était bien bâti, elle avait pu sentir la fermeté de ses muscles. 

Elle conduisait lentement, tant pis, dorénavant elle était vraiment en retard, rien à faire. Après tout, c’était elle la patronne, non?

Elle aimait beaucoup son travail, et y investissait toute son énergie. Elle avait essayé d’y recréer un peu de ce qu’elle se rappelait de l’ambiance de Venise, des jours heureux. Une atmosphère sereine, qu’aucun détail ne devait gâcher.

Elle employait deux personnes, Giovanni et Isabella, deux jeunes arrivés d’Italie comme elle. Pas tellement par chauvinisme, mais parce qu’elle tenait à ce qu’ils soient bilingues. Un magasin italien qui ne parle pas l’italien, cela n’avait à ses yeux aucun sens. 

Son activité lui dévorait tout son temps mais lui donnait beaucoup en retour; une indépendance financière, de quoi vivre confortablement, et, surtout, le plaisir d’avoir monté quelque chose à elle, d’être la patronne, la propriétaire. C’était sa chose, son enfant.

Depuis bien des années elle avait tout investit dans le développement de sa boutique, au détriment de sa vie amoureuse. Un choix qu’elle n’avait pas fait par hasard, mais une porte de sortie qu’elle s’était offerte après bien des déboires sentimentaux. Les hommes ne la comprenaient pas. Elle se satisfaisait de quelques aventures, comme des piqûres de rappel, pour reprendre sa vie sans homme. C’était facile, simple, sans engagement, comme pour son téléphone mobile. Bien sûr on n’obtenait pas en bonus le dernier smartphone à la mode, mais son bon vieux Nokia lui suffisait amplement.

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