Chapitre 9 - James

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 Je sors pour chercher mon courrier et aperçois Anna au bout de la rue. Elle marche les yeux rivés sur le sol, avec ses écouteurs qui rejoignent la poche de sa veste. La neige commence à tomber et le vent me glace instantanément mais je l'attends. Elle relève la tête, je lui fais un petit signe et immédiatement un timide sourire naît sur ses lèvres. Ses joues sont rouges mais je suppose que c'est parce qu'elle vient de marcher sous la neige pendant de longues minutes et qu'il est vrai que ce vent est sacrément glacial aujourd'hui. Anna accélère le pas et je n'ai pas le temps de lui dire de faire attention à la plaque de verglas.

Aïe.

Ses pieds glissent sur la plaque gelée et son sac l'entraîne en arrière. Elle tombe littéralement sur le cul. Je me retiens d'éclater de rire et la rejoins pour l'aider à se relever. Je prends son sac pour la défaire de la cause de sa chute et lui tends ma main.

- Rien de cassé ?

- Jay ! Non, ça va.

Elle semble réellement gênée du fait que je l'ai vu tomber mais je tente de la rassurer instinctivement.

- T'en fais pas, je suis sûre que ça nous est déjà tous arrivé au moins une fois dans notre vie. Et puis, c'est pas la première fois qu'une fille tombe à mes pieds.

Elle se relève et immédiatement je sens son regard inquisiteur sur moi.

- Très drôle ! Elles ont toutes fini par tomber puisqu'à première vue il n'y en a aucune qui est restée.

Aïe. Cette fois, c'est moi qui prends le coup.

- Tu ne sais rien de moi, Anna, je tente comme pour laisser planer un suspense autour de la question.

- Justement, je sais rien de toi, j'ai plein de questions. Parlons-en tiens pour commencer, pourquoi t'es pas venu ? me demande-t-elle alors que je nous dirige vers l'intérieure de chez moi.

- C'est une longue histoire, je commence prudemment.

- Eh bien, ça tombe bien, j'ai tout mon temps !


 On rentre chez moi et ravi que cela passe pour une distraction, je ne réponds pas à sa question, préférant la laisser ruminer dans son coin.

Elle enlève ses chaussures et je vais lui chercher une serviette pour qu'elle puisse sécher son pantalon trempée par le verglas. Je la laisse faire mais lui propose une boisson chaude pendant ce temps, ce qu'elle accepte volontiers.

- Tu sais, quand j'étais chez toi ? lance-t-elle en entrant dans la cuisine.

- Hum ?

- Le soir, y'a une femme qui m'a appelé, m'a remercié pour ce que j'avais fait, et m'a dit que t'avais l'air d'aller mieux depuis. C'était ta mère, nan ? N'aie pas honte, t'inquiètes, je te dirais pas que je comprends parce que vraiment j'ai pas compris pourquoi elle aurait fait ça, mais relax tu peux me le dire.

Elle parle trop. Je fais mine d'être occupé à nous préparer deux chocolats chauds et de ne pas avoir entendu la question.

- Eh, Jay ? Je t'ai parlé.

- Ah oui !

- Et donc ? dit-elle avec un air sournois.

- Et donc, tiens ton chocolat chaud !

Je m'assois au canapé, mais je sens ma bonne humeur s'effriter. J'essaie de faire bonne figure et de lui proposer de parler d'autre chose. Elle ne s'y oppose pas, Dieu merci.

Une fois qu'Anna m'a fait part de tous les cours que j'ai loupé et m'a donné les dizaines de photocopies, qui soyons honnêtes ne sont pas vraiment utiles, je lui propose de rester un peu.

On n'oublie pas [Publié en auto-édition]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant