Chapitre 3.

Depuis le début

-Je ne sais pas, répond-il malhonnêtement.

-Vous pouvez vous relever? 

Il tente maladroitement quelques mouvements, et s’assoit sur le trottoir.

-Venez plutôt vous asseoir dans ma voiture, dit-elle. 

Elle tend vers lui sa main pour le soutenir. Il la saisit, se relève le plus difficilement possible, en posant la main sur son épaule. Sous ses doigts le contact de l’articulation fine, déliée, la chair ferme et chaude...

Une fois debout, il ôte son casque. C’est un plutôt bel homme, la quarantaine, le corps entretenu, vif et alerte. Sans doute encore sportif. 

Elle détache ses cheveux, comme en réponse au geste qu’il a toujours après avoir ôté son casque de se masser le crâne, et secoue la tête. Sa chevelure déploie dans l’air ambiant un parfum délicieux. Il remarque les racines noires; elle se teint, c’est une brune. Immédiatement il se la représente sous sa vraie couleur; elle est bien plus séduisante en brune.

-Pourriez-vous ramasser mes affaires, s’il vous plait?

Elle ne peut pas lui refuser cela. Lui l’observe tranquillement tandis qu’elle se baisse à de multiples reprises pour ramasser les glènes de cordes qu’il transportait. Dix fois huit mètres de beau chanvre de six. De l’écru, du noir et du rouge, son préféré.

Puis, titubant du mieux qu’il  peut, il se  dirige vers la voiture, son bras accroché à la taille de la jeune femme, comme si l’appui sur son pied gauche était douloureux. Là encore la chair est ferme sous ses doigts, il est à la liaison de deux angles, l’un plus prononcé qui remonte vers l’épaule, l’autre plus arrondi qui descend vers les fesses, deux angles qui forment comme un petit lieu de rencontres secrètes..

Les voici assis côte à côte dans le véhicule. Portes fermées,  totalement à l’abri des conditions extérieures. Odeur de cuir, parfum de luxe, du Guerlain, probablement. 

Elle l’observe attentivement, guettant quelque trace de douleur, quelque ecchymose. Il l’observe également, elle a une très jolie bouche, deux petites lèvres charnues charmantes. Il aime bien la couleur de sa peau, aussi. Une couleur de miel.

-Je suis désolée, vraiment,  dit-elle. 

Vous vous sentez bien? Vous avez besoin de quelque chose? Voulez-vous que je vous conduise chez un médecin? 

Elle a l’air vraiment angoissée, elle parle vite, et il observe le spectacle délicieux de sa bouche tandis qu’elle prononce un discours d’excuses qu’il n’entend pas. Sous sa jupe noire et courte, les longues jambes dont on devine qu’elles peinent à s’écarter, restreintes par la largeur de la jupe, pour atteindre les pédales, embrayage à gauche, accélérateur à droite; c’est une femme qui est prête à privilégier sa tenue vestimentaire à la sécurité. 

-Non, merci, ça va aller, dit-il. 

Puis il rapproche un peu son visage du sien, la regarde droit dans ses beaux yeux noisette, elle est belle, cette tentative-de-meurtrière. Et puis il y a ses beaux genoux, aussi, et le bruit de ses bas qui se frottent soyeusement. 

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