Chapitre 1 : Sorgh

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Krivat remet de l'huile dans les braseros et verse une poignée de gagh dans chaque écuelle. Elle les tend aux enfants et reprend son récit.

Ce matin-là, Kahless décida d'aller aider Lorkrod, sa cousine, dont le château était attaqué. Quand il arriva aux abords d'icelui, il s'aperçut que l'armée de Jakrla' était déjà en train d'assiéger la place.

Le trajet lui ayant pris une bonne demi-journée, il s'embusqua dans un buisson et se nourrit de viande de targ séchée en attendant la nuit.

Une fois celle-ci tombée, Kahless rampa jusqu'au camp, puis utilisa son mek'leth pour couper tous les cordages des armes de siège, les rendant ainsi inutilisables.

À force de ramper, il finit par atteindre la grande porte, caché dans un recoin d'ombre, loin de la lueur des torches. La muraille était trop lisse pour être escaladée et crier pour appeler était tout autant risqué que de se mettre à la lumière en espérant être vu et reconnu des gardes du château.

Perdre du temps était aussi imprudent ; même s'il était dissimulé dans l'obscurité, un œil attentif risquait de le voir. Malgré tout, il s'accroupit, ouvrit son escarcelle, en sortit son carnet dont il arracha une feuille et se mit à écrire une anecdote qu'il était le seul à connaître avec sa cousine, afin qu'elle ne soupçonne pas un piège, puis il enroula son mot autour d'une petite pierre et tenta de la jeter par-dessus la muraille, sur le chemin de ronde. La première fois il visa trop bas et la pierre rebondit sur un créneau. Il se plaqua contre le mur en espérant ne pas être remarqué.

Personne n'entendit le bruit, ainsi il put essayer une deuxième fois et réussir.

Il resta dans l'obscurité à guetter le moindre bruit, tout en observant les mouvements des assiégeants qui patrouillaient en surveillant le camp.

Il finit par entendre, à peine, malgré son ouïe fine, le chuchotement des gardes du haut des remparts.

Un long moment s'écoula ensuite.

Kahless, qui continuait à observer les alentours, remarqua un garde ennemi qui regardait dans sa direction. Retenant sa respiration, il le vit s'approcher de plus en plus ; intrigué.

Le guerrier compris qu'il n'avait plus le choix, le garde donnerait bientôt l'alerte. Il savait que même s'il arrivait à le tuer sans bruit, son cadavre serait rapidement découvert et l'alerte aussitôt donnée, mais cela lui ferait gagner quelques précieux instants.

Il jeta un couteau de lancer, le plus fort et le plus vite possible en direction du curieux. Celui-ci se planta dans sa gorge, car Kahless maîtrisait parfaitement toutes les armes et était un expert du lancer de couteau. Le klingon mourut sans avoir eu le temps de crier.

Sachant qu'il devrait bientôt se battre contre de nombreux ennemi·e·s, le héros sortit son bouclier de derrière son dos et pris son mek'leth en main. Restant dans l'ombre jusqu'au dernier moment.

Quand les autres gardes ennemi·e·s trouvèrent le cadavre, iels se mirent à crier et à chercher frénétiquement le coupable du regard. Kahless sentait son cœur battre de plus en plus fort de l'excitation du combat à venir, mais il se força à rester embusqué.

Dès qu'il fût repéré, ce qui devait arriver ; il se précipita vers la porte et se plaça dos à elle. Ployé sur ses jambes, son bouclier en avant, bras tendu. Il leva haut sa lame et cria :

— Heghlu'meH QaQ ramvam! C'est une belle nuit pour mourir !

Ses adversaires, armé·e·s de lances, sur deux rangs, avançaient en arc de cercle vers lui.

Malgré ses compétences martiales hors normes, Kahless avait de fortes chances de mourir face à ces ennemi·e·s avantagé·e·s par leur allonge et leur nombre, mais il ne faiblit ni n'hésita à aucun moment.

Quand les lances arrivèrent à portée, le guerrier commença à les frapper de son mek'leth dans l'espoir de les briser, tout en se protégeant de son bouclier.

Sous ses assauts certaines commençaient à se fendre, il en attrapa une dans le creux de son arme et d'un mouvement de rotation la brisa.

Des coups de lances passèrent sous son bouclier et lui tailladèrent les mollets, mais il tint bon.

Alors que l'affrontement s'intensifiait, Kahless sentit des bras l'attraper et le tirer en arrière. Sous l'emprise de la fièvre du combat, il se débattit pour pouvoir continuer à lutter, mais il fut inexorablement entraîné en arrière, jusqu'à voir la grande porte se refermer.

qeylIS lorQoD je lut ja' QIvat - Krivat conte : La légende de Kahless et LorkrodOù les histoires vivent. Découvrez maintenant