♠ Chapitre 4-

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La bibliothèque était éclairée par de grandes fenêtres au style gothique, variant sur les vitraux aux nuanciers orangés. Il faisait plein soleil. Le ciel était d'un bleu lagoon ,apaisant et dépourvu de nuages.

Je soupirais.

Nous étions en été, en vacance ,il faisait super beau et sûrement bon. Et moi, j'étais là ,enfermée dans mon lycée, et je n'avais rien de mieux à faire que de bouquiner...

Après avoir repassé en revue la petite note,intercalée entre les pages vieillies du bouquin, j'avais perçu une autre note ,très petite. '' trois rangées livre quatre.''

C'est donc tout naturellement que j'avançais de trois rangées et compta quatre livres après. Face à moi,se trouvait un livre plutôt fin,plus fin que ce bouquin à la couverture de cuir bordeaux.

D'un geste souple, j'agrippais ce livret.

Lorsque je fis défilé les pages rapidement, je m'aperçus que toutes les pages,ou presque, étaient remplies de nombreux textes manuscrits. J'en lu un passage.

'' 2471639.

Aujourd'hui c'était au jour du client n°6.

La demoiselle aux cheveux flamboyant et aux yeux bleus. Elle n'avait pas donné son quota pendant 4mois consécutifs. Soit un total de 670€.

Sous les ordres du chef, j'ai été la retrouver plusieurs fois réclamant la somme.
Cependant,rien n'a changé. Je n'ai donc eu le choix de la retrouver il y a 5h de cela.

Elle s'était emportée me suppliant de lui donner sa part cette fois encore ,sans retour et m'a promis que la prochaine fois ,elle aurait ce qu'elle nous doit. Face à mon refus, elle s'est jetée sur moi ,folle de rage ,les yeux rouges,boursouflés et les lèvres bleues, un effet secondaire je présume.

Le sujet n°6 m'a violentée d'une claque. Et ,face au règlement imposé dés le départ du marché, exprimant que si l'un des sujets en vient aux mains,par colère,frustration ou tout autre forme, se verra face à un retranchement ou tout autre forme de sanction. Je me suis donc défendu,donnant à mon tour un coup, suivit d'un autre en voyant sa persévérance, je n'eu le choix. Après dix minutes elle s'est éffondrée au sol en pleurs avant de se taire. J'en eu conclus qu'elle avait rendu son dernier souffle...Une de plus...

H. ''

Mes prunelles défilaient, suspendues à ces mots,cette révélation crue et cruelle. Comment pouvait-on écrire cela? Et qui avait écrit cela?

Je sentais que la lecture allait être longue et lourde. Je m'éloignais donc ,par prudence ,de la rangée dans laquelle je me situais et glissa mon dos contre le bois frais d'une rangée de la bibliothèque avant de m'asseoir au sol, tapissé par une moquette rougeâtre,douce et moelleuse. J'inspirais profondément.

Si seulement je savais ce que j'allais trouver..

Confortablement installée, je rouvris ce carnet depuis le début et me mis à lire sans tarder.

"1311545

Pour la première fois depuis l'ouverture de notre 'marché' nous avons été contraints à de nombreux obstacles.

Le sujet n°1 est venu,en personne, LE voir. Même pour la chose des plus anodins, ce n'était jamais une chose à faire pour LE rencontrer. Jamais.

Ma pensée s'est vite confirmée car,après plus d'une heure '' d'entretien" ,IL est sortit, le visage piqué au rouge. La porte était restée grande ouverte, nous laissant alors découvrir un corps ,inerte ,au sol. Ou plutôt un cadavre. Pour la première fois,c'est moi qui en voyait un de près, qui était dans le cercle concernant ce...meurtre?
Il nous a demandé de nettoyer ce qu'il fallait et de trouver un alibi, savoir comment nous trouverions le corps et quelle sera l'excuse.

J'étais paniqué, apeuré. Je tremblais comme jamais je n'avais tremblé. Les autres aussi d'ailleurs,leur teinte devenait pâle et je suppose que j'en faisait également partie.
Cependant nous nous exécutions sous les yeux des accolites. Si nous voulions cet arrangement, nous n'avions pas le choix de nous dépêcher et montrer que nous n'avions peur de rien. Mais l'humain a toujours une crainte, l'humain a toujours des faiblesses,quoi qu'on en dise. La mienne,c'est elle. Elle me hante.

Si je fais ça, c'est pour elle, qu'elle soit en sécurité. Je voulais la protéger de lui, même si elle ne m'a pas écouté. Tout était encore possible après tout.
C'est donc,les mains tremblantes que nous avons nettoyé tout sur SON passage. J'étais écoeuré de voir à quel point l'être humain n'avait pas de scrupule...
H."

Coincée au lycée.Lisez cette histoire GRATUITEMENT!