Chapitre 16 - LUI

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— J'imagine, ai-je révélé, que nous n'allons pas deviser de la vie. Quel est l'objet de ta visite ?

— L'as-tu flairée ? a balancé Katalina de but en blanc.

— Nous ne sommes pas des animaux.

— L'as-tu flairé ? a-t-elle répété, péremptoire.

Elle m'a contourné pour entrer.

Je n'ai pas bougé.

Katalina, grande blonde aux yeux d'un noir frissonnant, m'a foudroyé du regard. Une démone dans le corps d'un chérubin, clamait Pavel.

— Je veux la voir. Je la sens. Elle est ici.

— En oublierais-tu les bonnes manières ?

Reculant d'un pas pour me toiser, elle a tapoté mon torse avec une arrogance qui n'appartenait qu'à elle. Son attitude ne m'a pas froissé. Je connaissais la bête ou plutôt l'angelot sur le bout des doigts. Il faut dire que je l'avais choisie pour devenir un ange en sachant pertinemment qu'un jour, elle ferait un parfait Archange. Pour cela, elle devait encore apprendre à nuancer son tempérament de feu qui dans la communauté irritait plus qu'il ne plaisait.

— Je te permets d'entrer, à une condition, l'ai-je avertie.

— Quelle est-elle boss ?

— Que tu ne fasses pas des tiennes. N'effraie pas mon invitée.

— Ton invitée et plus si affinité ?

— Ce culot ne joue pas en ta faveur, l'angelot.

L'expression de Katalina a changé. Elle me reprochait le surnom dont je l'affublais depuis l'octroi de ses jolies ailes. Elle était encore une sorte d'enfant parfois désobéissant qu'il me fallait éduquer. Je devais me charger de son apprentissage d'ange et la garder à l'œil. En cas de transgression de l'une de nos règles, elle aurait à en répondre devant le Conseil des Archanges. Des êtres souvent bienveillants à l'exception d'un ou deux membres : les fruits pourris du panier.

— Je ne suis pas ton angelot de malheur.

— Blasphème, ai-je joué des sourcils en m'écartant afin de permettre à Katalina d'entrer dans la maison qu'elle a étudiée, comme à chaque fois, avec beaucoup d'admiration.

Loin d'être méchante, elle se donnait un genre afin d'impressionner. Rien de plus. Sinon, jamais je ne lui aurais donné ses ailes.

— Ton goût pour la déco, Marin, me captive toujours autant. D'ailleurs, il n'y a pas que ça qui me captive chez toi.

Elle a prononcé cette dernière phrase assez fort pour être entendue depuis le salon.

Oxane, presque endormie, s'est dévoilée derrière le canapé. Katalina s'est immobilisée pour la toiser.

— Arrête ça, ai-je murmuré en rejoignant la jolie brune qui n'a pas manqué de tenir tête à la grande blonde.

Cette dernière a presque vacillé. L'espace de quelques secondes, ses jambes s'étaient mises à trembler animées pas un frisson des plus étranges.

Retrouvant sa contenance, elle a esquissé un semblant de sourire à l'attention d'Oxane qui m'observait d'un air curieux pour me faire comprendre sa surprise quant à l'arrivée inopinée d'une potentielle rivale.

J'ai ressenti l'animosité entre les deux femmes et pris le parti de calmer le jeu, à ma manière.

— Oxane, je te présente une amie, Katalina.

Cette dernière a secoué la tête tout en grimaçant pour montrer son amertume.

— Katalina, je te présente Oxane.

Bleu Magnétique (EN COURS)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant