Chapitre 15 - Iro & Lupa

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IRO

Ils coururent, coururent, encore et encore, jusqu'à ce que la dernière fleur ait refermé ses pétales autour de sa lumière, et que les jambes d'Iro et les pattes d'Aza ne tiennent plus. 

Pour aller plus vite, Elys était monté derrière sa sœur sur la Valiette, et Iro avait pris Lupa sur son dos. Durant la course, ils avaient été rejoints par le Lisorne buissoneux, qui avait sauté dans les bras d'Elys pour ne pas se laisser distancer. C'était la deuxième fois en deux jours qu'Iro servait de mulet - encore quelque chose qu'il n'avait pas été préparé à faire à la caserne.

Lylia tira d'une main sur les rênes d'Aza pour la faire ralentir, et Iro suivit le mouvement.

- Je crois que ça suffira pour aujourd'hui, annonça-t-elle.

Les deux Maegis étaient à bout de souffle et en sueur, bien plus qu'Iro. Il avait déjà remarqué qu'à la caserne, les rares soldats Maegis qu'il avait vu en action utilisaient des sortilèges pour améliorer leur endurance et leur force. Ils dominaient toutes les races en terme de magie, mais physiquement, ils était nettement inférieurs à tous les niveaux.

- Hein ? On est arrivés ? Demanda Lupa.

Iro la laissa glisser de son dos. La faune bailla et s'étira en touchant ses sabots avec ses mains, sa petite queue touffue vers le ciel. Il l'avait sentie s'endormir dès que leur rythme de fuite était devenu régulier, sans les cris de leurs poursuivants pour les encourager à accélérer.

- Hum, marmonna Lylia. Je crois que ta potion de régénération était un peu trop forte ... D'ici un à deux jours, tu devrais te sentir normale.

- Sérieux ? Mais je me sens top là ! Je veux pas me sentir normale ! Protesta Lupa.

Elys s'assit contre un arbre, les yeux mi-clos, le souffle court et un bras autour du Lisorne. Le Maegis avait l'air prêt à s'évanouir, alors que le petit arbre poussait des ronronnements ravis.

- Lylia ? » appela Iro. Elle se tourna vers lui avec un regard perçant. « Elys aurait peut-être besoin d'une potion ... non ?

Son regard s'adoucit, et elle observa Elys quelques instants, puis secoua la tête.

- Juste quelques baumes, et une nuit de sommeil pour ce nigaud, conclut-elle. Des baumes aussi pour toi. Et rien pour la faune. » Lupa leva les yeux au ciel. « Installez le camp pendant que je prépare ça, vous voulez bien ?

Iro acquiesça, et attrapa ce que Lylia sortait de son sac : de quoi lancer un feu magique pour se protéger des bêtes sauvages, une bâche pour s'abriter de la pluie, des piquets avec des sortilèges de détection à dérouler tout autour d'eux, et des pièges comme protection supplémentaire. Lupa attrapa quelques pièges et piquets en ponctuant chaque geste de grommellements - « Trop de potion ! J'te jure ! » - et suivit Iro.

Le coeur serré, il s'arrêta face à un arbre, à quelques mètres des Maegis.

- Qu'est-ce que ...

L'écorce noircie était en lambeaux, et ses feuilles mortes pourrissaient au bout de ses branches. Il attrapa un bâton pour tâter les amas de sève figée autour des blessures, qui s'effritèrent dès qu'il les effleura.

- Sale truc, ça, grogna Lupa. Personne sait d'où ça vient.

- Quelqu'un à la taverne avait parlé de créatures qui abîmaient les arbres ... se souvint Iro.

Lupa secoua la tête. Elle frissonnait dès que son regard se posait sur le tronc détruit – Iro aussi n'arrivait pas à le regarder sans sentir son estomac se retourner. 

Une fleur pour le roiLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant