chap : 43

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Ce n'est pas l'Audi noire qui s'ouvre avec un bip mais un cabriolet, noir également - le genre de bagnole qui devrait inclure dans l'équipement standard une blonde toute en jambes allongée sur le capot, vêtue uniquement d'une écharpe.

— Jolie bagnole.'' Il sourit.

— Je sais''. Pendant une fraction de seconde, j'entraperçois un louis gentil, jeune et insouciant. Son enthousiasme m'attendrit.  Je lève les yeux au ciel mais je ne peux pas m'empêcher de sourire. Il m'ouvre la portière. Hou là... qu'est-ce que c'est bas. Louis contourne la voiture d'un pas souple et y glisse son grand corps avec élégance. Mais comment fait-il ?

— C'est quoi, comme voiture ?

— Une Audi R8 Spyder... Il fait beau. On va pouvoir décapoter. Il y a une casquette de baseball dans la boîte à gants. Il doit même y en avoir deux. Et des lunettes de soleil, si tu veux. Il met le contact et fait vrombir le moteur. La capote se rétracte lentement et la voix de Bruce Springsteen s'élève. Louis sourit :

— Ah, Bruce... Comment ne pas l'aimer ?'

Je sors les casquettes de baseball - celles des Madriers, l'équipe de Seattle. Tiens, je ne savais pas qu'il était fan. Je lui en tends une, et je baisse la visière sur mes yeux. Les gens se retournent sur notre passage. Je pense d'abord que c'est louis qu'ils admirent... puis, dans ma paranoïa, je m'imagine que c'est moi qu'ils regardent parce qu'ils savent ce que j'ai fait au cours des douze dernières heures. Je finis par comprendre que c'est la voiture qui fait sensation. Perdu dans ses pensées, Christian ne se rend compte de rien. Le vent souffle sur nos têtes et Bruce chante le feu du désir. Comme Louis porte ses Ray-Ban, je ne sais pas à quoi il pense. Sa bouche tressaille légèrement, il pose une main sur mon genou et le presse doucement. Je retiens ma respiration.

— Tu as faim ? me demande-t-il.'' Je n'ai pas faim de nourriture.

— Pas spécialement. 'Sa bouche se durcit.

— Tu dois manger, harrold. Je connais un bon petit restaurant près d'Olympia. On va s'arrêter là.' Il presse à nouveau mon genou, puis remet sa main sur le volant et appuie sur l'accélérateur, ce qui me plaque contre mon siège. Qu'est-ce qu'elle va vite, cette bagnole... Le restaurant Cuisine sauvage est un chalet en pleine forêt, intime et rustique, meublé de chaises dépareillées et de nappes à carreaux, avec des fleurs des champs dans de petits vases.

— Il y a longtemps que je ne suis pas venu ici... Il n'y a pas de menu, m'explique louis. On mange les fruits de la chasse ou de la cueillette du jour. Il hausse les sourcils comme s'il était horrifié, ce qui me fait pouffer de rire. Quand la serveuse vient nous demander ce que nous voulons boire, elle s'empourpre dès qu'elle voit louis et évite de croiser son regard en voilant ses yeux de sa longue frange blonde... Elle craque pour lui ! Je ne suis pas le seul !

— Deux verres de pinot gris, tranche louis.

— Quoi ? aboie-t-il.

— Je voudrais un Coca light. Il secoue la tête.

— Leur pinot gris est très correct. Il accompagnera bien les plats, quoi qu'on nous serve, m'explique-t-il patiemment.

— Quoi qu'on nous serve ?

— Oui. Il me décoche son sourire éblouissant, la tête penchée sur son épaule, et mon estomac fait un saut à la perche par-dessus ma rate. Je ne peux pas m'empêcher de répondre à ce sourire enjôleur.

— Tu as plu à ma mère.

— Vraiment ? Je rosis de plaisir. — Oui. Elle s'est ...enfin elle a toujours su que je suis gay....J'en reste bouche bée, et je me rappelle la question de l'interview... Aïe ...merde c'était trop direct ..

— Pourquoi ?

— Parce qu'elle ne m'a jamais vu avec une fille.

— Ah... Meme pas parmit les quinze ....tu ma dis que tu la déjà fais avec une fille! Et .... ? Il sourit.

— Tu te souviens du nombre... Non, meme pas une ou un des quinze.

— Ah.

— Tu sais, harrold , pour moi aussi, ça a été un week-end avec beaucoup de premières.

— C'est vrai ?

— Je n'ai jamais dormi avec personne, je n'ai jamais couché avec un homme dans mon lit, je n'ai jamais fait monter un homme à bord de Charlie Tango, je n'ai jamais présenté un homme  à ma mère. Tu vois quel effet tu me fais ? Ses yeux s'enflamment. Leur intensité me coupe le souffle. La serveuse arrive avec nos verres de vin, et j'en avale aussitôt une gorgée. Est’il en train de se livrer, ou énonce-t-il simplement les faits ?

— Ce week-end, ça m'a vraiment plu, Louis . Il plisse les yeux.

— Arrête de te mordiller la lèvre... À moi aussi, ajoute-t-il.

— Au fait, c'est quoi, le sexe-vanille ? Il éclate de rire...

— Le sexe, tout bêtement, harrold , sans joujoux ni accessoires, m'explique-t-il en haussant les épaules. Tu sais bien... bon, en fait, tu ne sais pas, mais voilà ce que ça veut dire.

— Ah. Et moi qui pensais que ce qui s'était passé entre nous, c'était du sexe avec une sauce au chocolat noir, de la crème Chantilly et une cerise à l'eau de vie ! Mais bon, pour ce que j'en sais... La serveuse nous apporte une soupe, que nous examinons tous les deux d'un air dubitatif.

— Soupe aux orties, nous annonce-t-elle avant de faire volte-face pour s'enfuir vers la cuisine. Je crois que ça la vexe, que louis ne fasse pas attention à elle. Je goûte. C'est délicieux. Nos regards soulagés se croisent. Je glousse, et il penche la tête sur son épaule.

— C'est un très joli son, murmure-t-il.

— Pourquoi n'as-tu jamais pratiqué le sexe-vanille ? As-tu toujours fait... euh, ce que tu fais ?...

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