150.Adam

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Je marche, les mains dans les poches.

Cette dernière semaine où j'ai été séparé d'elle, cette dernière semaine qui n'a eu aucun sens. Juste bosser, manger, dormir, bosser, manger, dormir.Et puis, elle est apparu, au milieu de ma chambre, sa capuche sur la tête incapable de contenir ses boucles brunes.Elle. Elle était là. 

Mais quand je me suis approché, j'ai vu ses yeux et j'ai compris qu'elle n'était pas vraiment là, pas vraiment elle. J'ai juste vu ses yeux. Défoncé .Lorsque je ne suis pas là , elle cherche à s'amocher, à se détruire, à s'enfoncer. 

 Et ça m'a fait mal de voir qu'elle était incapable de se soigner, juste pour elle.Je relève mon visage vers le pont. Westminster. Ça fait un bail que je n'y suis pas allé. J'essaie de la repérer. J'avance lentement. Puis, je la vois, dans la nuit, à la lumière de la lune et des réverbères. 

Alors je me contente de la rejoindre en silence.

 Elle se retourne, me voit, et me regarde en pleurant. Moi, mes larmes, restent coincées dans ma gorge. Elle détourne le regard et observe la tamise sous nos pieds, les larmes ruisselant sur son visage. Elle regarde le vide. Et moi je la regarde. 

 - Arrêtes... elle se retourne vers moi, un rire secoue ses épaules.

Arrêtes ? Elle répète exaspéré, arrete de me regarder avec ces yeux là.

- Quel regard hein? je grince,

- Ton fichu regard de pitié!  

- La drogue.. Il n'y a que toi qui t'es fait subir ça toute seul. Si tu veux t'en sortir, ça ne tient qu'à toi.

- C'est peut-être que je n'en ai plus envie.Les larmes ravagent tout à l'intérieur de moi. Ça me broie le cœur, les nerfs, le ventre. Parce qu'elle  en a plus envie. Parce que je ne lui en donne pas envie.

- Alors sautes.Ce sont mes mots, sortis de mes propres lèvres, sortis de mes propres pensées. Parce que tout est tellement trop dur à supporter que c'est la seule réponse qui me vient.Le dédain. C'est ce que je ressens. Pour moi comme pour elle

-Bah sautes, je répète froidement, tu as déjà y pensée, après tout. Une raison de le faire.T'en a une- Non. Tu en as milles. Sautes, parce qu'au moins, si tu veux en finir, ça sera plus agréable à regarder que tes pupilles dilatées et ton nez plein de sang... Sautes!, MCccarty. Qu'est ce qui te retient après tout ?...Ce ne sont plus des larmes qui coulent sur ses joues mais l'angoisse. L'angoisse d'un futur meilleur qui ne vient pas. L'angoisse d'un passé trop lourd qu'elle n'oublie pas. L'angoisse d'un présent incapable de la faire avancer.Comme si le temps en avait fini de faire son job. Comme si il l'avait abandonné là, la laissant se démerder toute seul.

Elle se retourne vers l'horizon. Ses yeux perdus dans la vue de Londres.

- Tu avais besoin d'aide, je finis par murmurer, C'est pour ça que je les ai laissé t'emmener.

- J'avais besoin de toi, Elle rétorque, la voix cassée par ses sanglots, Ils m'ont enfermé alors que je voulais juste être libre.

- Quelle liberté ? J'ironise sèchement, Ta putain de coke ? 

- Toi, elle rectifie, Toi tu me rendais libre.

- Et maintenant ? Je demande, la gorge nouée à mon tour. Ezra regarde le vide. Elle joue avec sa jambe, la balançant vers l'avant, juste pour sentir le vide sous son pied gauche.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant