145.Ezra

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DEUX JOURS APRÈS

On reprend notre respiration tous les deux. Ça ne dure que quelques minutes. Ça dure toujours que quelques minutes... Ce silence agréable.Sa main caresse lentement ma colonne vertébrale. Quand il commence à tracer des arabesque sur ma peau, je sais que c'est le signal pour partir.

Je me relève de son étreinte et l'entends soupirer d'une manière à peine audible. J'attrape ma culotte et l'enfile rapidement, alors que je sens son regard dans mon dos.

-Je dois y aller, je déclare, en me relevant du lit.

-Oui, murmure t-il, blasé.

Je me retourne vers lui, un sourire amusé sur les lèvres.

-Le rôle de l'homme blessé ne te va pas du tout.

-Celui de la copine parfaite que tu t'acharnes à jouer non plus.

-Alors on est deux mauvais comédiens, j'ironise.

-Faut croire.

Je ne réponds pas et pars à la recherche de mes fringues sur le sol de la chambre d'hôtel.Je retrouve mon débardeur que j'enfile, ne prenant pas la peine de mettre mon soutien-gorge. Je l'aperçois d'ailleurs pendre au bord du lit et le ramasse pour le planquer dans le fond de mon sac.

Adam se relève brusquement du lit, il m'attrape le bras et me ramène à lui. Je tombe sur son corps encore nu. Sa main glisse jusqu'à ma nuque, de manière à avoir mon visage en face du sien.

-On se revoit quand ? Il demande.

-Ce soir, abruti, je réponds, m'affalant un peu plus sur lui. Il y a un repas de famille ce serais bien que tu y sois aussi présente ?

-Ce sera une occasion de dire à toute ma famille pour nous deux, rectifie-t-il. Ne fais pas semblant de ne pas comprendre.

-Je ne sais pas. Je t'enverrai un message.

Il nous faire tourner dans le lit. Je me retrouve en dessous de lui.

-Je vais être en retard à mon oral, je reprends. Laisse-moi partir.

Son regard s'arrête sur mes lèvres, et les embrasses tendrement.

Alors, il se relève et je glisse sur le côté pour m'extirper du lit. J'attrape mon jean sur le sol et l'enfile, tandis qu'il  s'allume une cigarette. Je cherche mon pull du regard.

-Bureau, il commente, entre deux taffes.

Je me rue sur le meuble, attrapant le vêtement que je fais passer au-dessus de ma tête, lorsque j'entends Adam continuer :

-Tu sais que ces jour-ci j'ai l'impression d'être ta prostituée.

-Pour une fois que les rôles sont échangés, je commente, lorsque ma tête ressort de l'épais pull en laine. Je ne vais pas te plaindre.

Il rit, et c'est ça que j'apprécie chez lui. La façon décontractée qu'il a de prendre la vie. Je récupère mon portable dans mon sac.

-Merde, je siffle.

-Combien, cette fois ?

-Quatre appels en absence de l'école.

Je regarde l'heure sur l'écran. Je devrais être à mon oral d'anglais depuis au moins une heure. Je ne pensais pas qu'il était si tard. On baise toujours plus que prévu.

-Bien , je me reprends, observant mon reflet dans le miroir de la chambre pour remettre mes cheveux en place. J'attrape mon écharpe et ma veste en cuir. Je me retourne une dernière fois vers le lit. Adam est sur son portable, m'ignorant. Je me dirige vers la sortie, la main sur la poignée. J'hésite à lui dire au revoir, puis laisse tomber.

Je sors de la pièce, claquant la porte derrière moi.

Je récupère mon portable dans mon sac. Mon copain décroche après la deuxième sonnerie.

-Je suis vraiment désolé, j'ai été...

- Ce n'est pas grave, me coupe-t-il, avant même d'entendre mon explication. Bonne chance pour ton oral .

-Désolée, je répète.

-Pour te faire pardonner, on va faire les magasins cet après-midi ? Il me propose. 

Je me mords la lèvre, coupable. J'ai passé ma matinée avec lui , alors je n'ai pas du tout avancé sur mon travail de la journée.

-Tu es occupée ? Comprend-il.

-J'ai du boulot et j' dois réviser...

Je l'entends soupirer.

-Okok c'est bon, me coupe-t-il de nouveau. On se voit ce soir.

Il raccroche avant d'attendre ma réponse. Je soupire et range le portable dans mon sac. Je me sens horrible. Je lui fais du mal alors qu'il est parfait. Il est gentil, attentionné, compréhensif.

Il est devenu un véritable soutien.Il est toujours là pour moi quand ça ne va pas. Adam est tout ce dont j'ai besoin dans ma vie : la stabilité. Pourtant, j 'ai l'impression de ne pas lui rendre  la moitié  de l'affection qu'il m'apporte.

Je sens qu'on m'observe et me retourne vers la maison. J'aperçois Adam, à la fenêtre. Il se retire à l'instant où nos regards se croisent, disparaissant derrière le rideau.


Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant