143.Adam

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Nous revenons de notre promenade. Il fait nuit. Quelques rires au loin, une bouteille d'alcool qui se fracasse, un cri suivi d'un air de chanson qu'ils hurlent à tue-tête. Un groupe de mec.Ezra et moi sommes mains dans la main. Mais c'est pas grave. Ils sont ivre-morts. Ce qui m'inquiète le plus, c'est . Pas les autres. Instinctivement, je lève la tête vers elle. Elle tremble. Et j'ignore pourquoi...

Ils sont une bonne dizaine à nous regarder, debout devant nous, moi, Ezra moi, Ezra, moi.

-C'est pour ça que t'a pas voulus que j'te baise l'autre fois?

Je ne comprend pas ce qui ce passe. 

S Ezra m'a bien appris quelque chose, c'est que l'ignorance est le plus meilleur moyen de se défendre. Sauf qu'eux sont bourrés. Et ils ne semblent pas bien comprendre notre moyen de défense, pour le coup.

-Réponds, Ezra? ta perdu ta langue salle chienne!

J'ai envie de tous les frapper, un par un, pour leur faire comprendre que ce n'est absolument pas drôle, qu'il n'y a aucune raison de rire bêtement comme ils le font, que montrer du doigt Ezra en l'insultant de chienne ne m'amuse pas ce soir. Mais je me retiens, je me contente de serrer les poings, de fixer le trottoir et d'essayer de ne pas les écouter. Exactement comme doit être en train de faire ma copine. J'en sais rien parce que j'ose pas me retourner vers elle.

Elle doit être dans un état pire que le mien. Elle est essaie d'etre heureuse et elle n'a pas besoin de ça. D'une bande de petits cons qui viennent se foutre ouvertement de sa gueule devant son immeuble. Vraiment pas.

-Vous allez bien ensemble, un couple de tarés...

J'entends un gars éclater de rire, suivi de toute sa bande. Ils sont ivres-mort. Tous. Je le sens s'approcher de moi et se pencher juste à une dizaine de centimètres de mon visage. Il pue. 

Comme l'ivrogne. Il sent l'alcool à plein nez et je déteste ça. Ils sont tous plus repoussant les uns que les autres et c'est à ce moment que je me promets silencieusement de ne jamais boire autant qu'ils l'ont fait, parce que, sincèrement, c'est répugnant. J'ignore ce qui me retient de me ruer sur eux. Surtout ce celui qui me semble etre le meneur. Il m'énerve, lui, plus que tous les autres. Ils doivent être une dizaine à présent, à hurler, à chanter, à rire et à nous humilier en nous pointant du doigt. Je ne savais pas quelle sensation ça faisait mais... La seule chose que je peux dire, c'est que j'ai mal. j'ai la rage. 

-T'as quoi à nous ignorer ? On est potes, tire pas cette gueule meuf, on est potes même si tu traînes avec l'autre con, hein ? Hein ? T'as peur ? Mais baisse pas la tête Ez, baisse pas les yeux, tu crois qu'on va t'en foutre une ou quoi ? On est pas comme ça, on frappe pas les meufs hein les mecs? Tu flippes ? T'as peur de nous ? Allez va, lève les yeux.

Je vais pas supporter ça longtemps. Puis comment elle fait, Ezra pour les ignorer ? C'est pas possible. C'est pas possible, je pourrais pas, je vais exploser, c'est horrible, moi je refuse de croire ça, je refuse de croire qu'on peut s'appuyer sur le silence pour se défendre.


Ils continuent de se marrer encore plus fort et à nous insulter.Bordel q'ils ne nous foutent la paix. Ils vont peut-être rester là toute la nuit et... enfin, merde. Je ne veux pas. Nous continuos d'avancer vers la porte d'entrée de l'immeuble.

-Ezra, Ezra, la chienne qui baise sont frère!  aller au diable ! 

Je me retourne et relève enfin complètement la tête. Je commençais à en avoir marre de fixer mes pompes . Je remarque qu'ils ne sont plus que trois et je sens que leur tête tourne beaucoup.

C'était de trop

Je serais lui, je retirerais tout de suite ce qu'il a dit. Ensuite, je partirais très rapidement pour le Sahara, éventuellement pour le Mexique ou le Québec. Mais je m'en irais loin, très loin d'ici. Et très vite aussi. C'était de trop, bordel. Vraiment de trop. Je ne veux pas commettre  un meurtre. Mais bon, c'est vrai que je m'en amuse à moitié parce que ce mec va passer un mauvais moment.

 Il ne le sait pas encore, il ne s'y attend pas, le pauvre. Il rigole encore mais je m'approche d'eux et la vérité, c'est que la rage qui se dégage de mon regard lui glace le sang et il cesse immédiatement de sourire. En fait, je vais peut-être bien les tuer pour de vrai.

-Calme-toi, Adam... Reviens...


Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant