142.Ezra

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Ce matin je me suis extirpée de mon lit difficilement, un vertige insoutenable m'empêchait de trouver l'équilibre sur mes deux jambes épaisses comme des cures dents.La nuit avait été vraiment longue, vraiment rude, voir insoutenable.

Je n'avais pas arrêté de pleurer, de me retourner sur moi-même, ce qui m'avait valu de nombreuses douleurs. J'ai toujours pensé que la vie était une pute, et tout particulièrement avec moi alors que je n'étais qu'une jeune fille innocente, mais ce qui c'était passé avec Tony, ça avait été le summum.Allongée sur le lit, je fixais le plafond sans but précis.

Mes yeux se sont baladés dans la pièce qui sombrait dans un désordre catastrophique. Les draps étaient défaits depuis des lustres, mes habits traînaient par terre, mes cahiers et livres étaient éparpillés et recouvraient totalement le vieux meuble qui me servait de bureau, quant à mon armoire, c'était le foutoir.

L'alarme de mon téléphone retentit comme si un gong avait été frappé juste au coin de mon oreille. J'ai sursauté et j'ai étouffé la sonnerie agaçante d'une main pâteuse le plus rapidement que je pus, et je suis sortie difficilement de ma couverture chaude et réconfortante pour m'enfermer dans la salle de bain. J'ai passé mon visage sous un jet d'eau fraiche et j'ai fait couler un bain glacial où je me suis glissée, juste histoire de bien réveiller mes muscles mous.

Une fois sèche, j'ai réussi à sortir de mon armoire quelques vêtements. J'ai enfilé un débardeur noir sous une chemise à carreaux rouges et noirs que j'ai laissé ouverte, et j'ai remonté une jupe patineuse noir, le long de mes jambes recouvertes de collants en résille un peu déchirés.

J'ai aussi mis mes bottes motardes de la veille. Puis, touche finale, j'ai porté mon long collier avec le pendentif de ma mère. Pas besoin d'essayer de faire des miracles pour mes cheveux, je les ai juste brossés rapidement et je les ai laissés sécher à l'air libre.

Je sors de mon immeuble. En arrivant dans le hall, un mec est assis inopinément sur les marches. Adam.

Mon palpitant s'agita immédiatement dans ma cage thoracique, et les larmes firent leur apparition. Un sourire à traversé l'espace de quelques secondes son visage. J'aurais voulu lui faire un sourire pour lui montrer que j'étais contente de le voir. Mais ce n'était pas le cas.

Il m'attira contre lui, et posa ma tête sur son torse. J'entendais son cœur battre, il battait étonnamment vite.

- Putain Ezra, si tu savais comment j'ai eu peur.

- Peur ? Mais pourquoi ? demandai-je en fronçant les sourcils.

- Pourquoi ? Ez, tu n'as pas donné de signes de vie pendant sept jours, je suis censé réagir comment moi ?

- Je. j'étais malade...désolé murmurai-je en baissant la tête

Alors que j'essayais de ne pas me montrer faible, j'éclatai en sanglots, tandis qu'il m'amena contre lui. J'entourai mes bras autour de sa taille, il me serrait si fort, comme si c'était la dernière occasion qu'il avait de le faire.Et moi je ne pouvais rien lui dire , de peur de le mettre en danger.

 - Ne me refait plus jamais ça.

- D'accord.- On se promène un peu. me demanda t-il en tendant sa main vers moi. 

Indécise je regardais derrière moi. Devrais-je rejoindre Lena et profiter de la vie, ou suivre la personne dont je suis amoureuse, pour avoir l'opportunité de réussir et d'etre heureuse ? Le choix était vite fait. J'attrapais la main d'Adam, qui m'attendait souriant, puis il passa son bras sur mes épaules, et on marcha ainsi jusqu'à son vélo. Je me sentais bien, et je savais que tout allait aller mieux.




Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant