Chapitre 3

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Je m'éveillai comme sortant d'un mauvais rêve. J'avais une étrange impression de déjà vu. Puis tout me revint en mémoire. Ce n'était plus un rêve.

J'avais mal dans tous les recoins possibles de mon corps. Je découvrais même des endroits que je ne pensais pas encore avoir connus. J'avais la forte impression de me retrouver sur du coton. Un son strident me vrilla les tympans, une alarme s'enclencha juste à côté de moi. Je priais pour qu'on la fasse taire, je n'arrivais pas à esquisser le moindre mouvement.

Aussitôt il y eut beaucoup d'agitation autour de moi. Une jeune femme se posta près de mon lit. Menue, blonde, elle avait le visage d'un ange devant mes yeux brouillés.

« Bonjour. Je suis le docteur Cole. Vous êtes à l'infirmerie d'Atlantis. Ne vous inquiétez pas, tout va bien, commença-t-elle. »

« Vous souvenez-vous de ce qui s'est passé, me demanda-t-elle ? »

J'acquiesçai. Je tentai de parler mais ma gorge était très sèche et bien trop douloureuse.

« Docteur Beckett, tentai-je de chuchoter. »

« Le docteur va bien, me rassura la femme en jaune. Ne vous inquiétez pas pour lui. Vous avez mal ? »

J'acquiesçais de nouveau.

« Je vous refais une injection de morphine, m'informa-t-elle. »

J'essayai de rouspéter mais n'en eus pas le temps. Déjà la drogue faisait effet. Je perdis conscience.

Mon second réveil ne fut pas plus agréable. J'avais toujours aussi mal et toujours autant de mal à m'exprimer et à bouger. Le jeune docteur passa me voir dès que mes yeux s'ouvrirent, à croire qu'elle passait son temps à me surveiller. Elle m'expliqua que c'était un miracle que nous n'ayons pas été complètement brulés tous les deux. Elle insista sur le fait que je devais me reposer car mes blessures étaient sérieuses.

Avant de replonger dans le sommeil, je me dis que ce miracle n'en était qu'un seulement à moitié. Je n'avais rien dit de mon cauchemar prémonitoire. Et je ne dirai rien à personne, cela avait été tellement étrange même pour moi. Je l'entendis vaguement ajouter que je devais beaucoup tenir au docteur pour l'avoir protégé au péril de ma propre vie. Je ne pus lui répondre. Je sombrais à nouveau dans le sommeil.

Le temps sembla s'arrêter à partir de ce moment. Je faisais de nombreux micro réveil mais aucun ne me permettait de vraiment faire attention à ce qui se passait autour de moi. Je ne sais pas combien de temps cet état dura. La douleur ne partait pas et même si je dormais, je n'avais pas l'impression de me reposer réellement.

Alors que mon corps semblait s'alourdir un peu plus chaque minute, j'eus un réveil plus long et plus conscient que les autres.

« Je vous ai injecté un peu d'adrénaline, m'informa la petite docteur, pour que vous puissiez vous réveiller un peu. Vous avez de la visite. »

Mon cerveau décoda difficilement les bribes de mots qu'il attrapait par-ci par-là. Je vis le médecin s'effacer et le doux sourire de notre chef d'expédition se posa sur moi. J'étais heureuse qu'elle prenne le temps de passer me voir, moi simple technicienne, personne de bien important en somme. Elle me fit un petit discours à propos d'héroïsme et de tout çà que je n'écoutais que d'une oreille. Mes poumons étaient fâchés et ils ne supportaient plus l'oxygène que j'y mettais. La douleur était insupportable.

La docteur revint me voir, son visage grave et soucieux m'apprit plus que ce que je voulais savoir. Mon état se dégradait trop vite malgré les soins désespérés qu'elle me prodiguait. D'où la présence d'Élisabeth Weir, d'où l'adrénaline. Je n'eus pas le temps de paniquer.

« Une autre personne voudrait vous voir, me précisa-t-elle. »

J'acquiesçais, après tout, ça ne pouvait pas me faire plus de mal que ce que je ressentais déjà.

Carson entra dans la pièce, en fauteuil roulant. Je suivis ses mouvements maladroits pour amener son fauteuil jusqu'à moi. Mon lit descendit jusqu'à sa hauteur. Je lui offris un sourire chaleureux, j'étais si heureuse qu'il soit encore vivant. J'avais craint le pire pour lui. Il avait quelques bandages sur le corps, pour réparer les effets des brulures mais il semblait aller bien. Son visage était pourtant si triste. J'agrandis mon sourire espérant le lui communiquer. Je voulais tellement qu'il me sourie en retour.

L'adrénaline se dissipa doucement dans mon corps, elle avait terminé son office.

« Merci, entendis-je avant de me rendormir. »

Jour de reposOù les histoires vivent. Découvrez maintenant