Chapitre 2

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Il y avait de l'agitation partout autour de moi. Une sirène stridente retentissait sourdement. Le sol tangua un peu sous moi puis plus rien. Mes yeux papillonnèrent agressés par les vives lumières du couloir. J'aperçus alors très indistinctement le ballet de personnes habillées en jaunes, les infirmières et les médecins.

Des civières et des brancards étaient alignés dans le couloir. Nous étions une demi-douzaine posés contre les parois en attente de transfert. Je vis une ou deux autres civières passer au loin.

Apparemment je n'avais rien de grave, je pouvais bouger. Me voyant remuer, une des infirmières me demanda de me tenir tranquille, elle me prévint qu'un médecin allait passer me voir très vite. Dans le brouhaha ambiant, j'entendais de vagues échanges de voix inquiètes.

« Bordel que s'est-il passé ici, Radek ? grogna un militaire, le colonel Sheppard sans aucun doute. »

« Il y a eu une explosion, répondit l'accent slave du docteur Zelenka. »

L'échange dura un peu mais je ne pouvais pas suivre toute la conversation. J'entendais très mal.

« Eh bien, d'après les quelques témoignages que nous avons, le docteur Hewston aurait simplement explosé, reprit le tchèque. »

« Donc, qu'est-ce que c'est, un attentat suicide ? tenta de conclure le militaire agacé. »

« Eh bien, vous voyez, non. C'est aussi ce que j'ai pensé au début, mais j'ai scanné la zone avec mon équipement et... il n'y a aucune trace de résidu explosif, informa le brillant petit scientifique. »

Je ne comprenais pas tout, je n'arrivais pas à entendre toutes les répliques. Mon attention capta une autre conversation. J'entendis la douce voix au fort accent écossais du docteur Beckett.

« Il y a eu une explosion, Teyla, et un débris s'est planté dans votre flanc, expliqua-t-il à sa patiente. Nous nous dirigeons vers l'infirmerie pour l'ôter et vous recoudre. Relax... je peux faire ça en dormant, plaisanta-t-il, pour la détendre probablement. »

« Sacré docteur, songeais-je, toujours aussi serviable. Le pauvre, ne pus-je m'empêcher de penser, son escapade était donc tombée à l'eau finalement. »

Je voulus me lever pour voir si je pouvais aider mais l'infirmière repassa et me recoucha vivement. Avant que je puisse lui expliquer quelque chose, elle s'occupait de quelqu'un d'autre. Un médecin, le docteur Cole, passa tout de suite. Elle me posa pleins de questions : nom, prénom, âge, date de naissance, nationalité, où j'étais, si je me souvenais de ce qui venait de se passer.

Je n'entendais pas très bien ce qu'elle me disait, j'avais l'impression d'être dans une bulle, mes oreilles bourdonnaient douloureusement suite aux bruits de la déflagration. Je répondais tant bien que mal à l'enfilade de questions. Enfin plutôt bien car après auscultation, elle me colla en observation quelques heures pour être sure que tout irait bien. Deux brancardiers m'emmenèrent aussitôt à l'infirmerie.

Ils me posèrent dans un lit où une infirmière lut rapidement les conclusions du médecin. Elle m'offrit un joli sourire de réconfort et me demanda juste de me reposer. Cependant rien n'allait. Les évènements se bousculaient dans ma tête et je ne pouvais pas me retirer de la tête que j'étais en partie responsable de la dimension tragique que prenaient les évènements. En effet en y réfléchissant bien, je savais ce qui allait se passe depuis cette nuit, plutôt mon réveil pour être précise.

Mais comment expliquer aux autres ce que je savais à l'avance, comment leur dire que j'ai juste ignoré l'alarme, ne la prenant pas au sérieux ? Personne ne pouvait comprendre la crise que j'étais entrain de traverser et surtout personne n'en avait le temps ou l'envie.

Jour de reposOù les histoires vivent. Découvrez maintenant