Chapitre 1

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Un flash violent se produisit, mon cœur s'arrêta. Une désagréable sensation d'engourdissement se propagea en moi. Je me réveillai en sursaut. J'étais en sueur, haletante. Un son en écho dans la pièce silencieuse me confirma que j'avais crié, hurlé peut-être. Le calme revint doucement dans mon corps. Mon esprit sortit lentement de sa terreur. Je sortais d'un cauchemar plutôt lugubre et pourtant, j'en avais déjà oublié la teneur. Je chassais vite ces mauvaises pensées.

En effet Le Fameux Jour était là : nous étions presque tous en congé, obligation du docteur Heightmeyer.

« J'ai un jour de repos, me redis-je plusieurs fois à voix haute et en boucle pour apprécier le son de cette douce mélodie. »

« Enfin ! Avais-je envie de crier. »

Il ne fallait pas en perdre une seule miette.

Remise de mon cauchemar maintenant complètement oublié, je sautai hors de mon lit et entrai dans la salle de bain. Assez dormi, j'avais mieux à faire. Je pris le temps de m'occuper de moi. Pour une fois que je pouvais le faire. Ça faisait un bien fou. Petit bain aux huiles essentielles relaxantes, gommage, épilation, hydratation... Tout ce qu'une femme devait faire pour être belle et qui paraissait totalement superflu ici sur Atlantis.

À la sortie de ses quelques papouilles, je me sentais vraiment mieux. Alors que je cherchais où je pourrai me poser le reste de cette exceptionnelle journée pour entre autres choses, me plonger dans la rédaction de mon livre inachevé, mon estomac se rappela désespérément à moi. Je me pris à rire seule, j'avais compris le message, avant de réfléchir petit détour rapide au mess pour me prendre un petit casse-croute, je réfléchirai sur le chemin.

Les couloirs grouillaient de personnel en civils. Nous n'étions plus les militaires ou les scientifiques de la mission Pégase mais des gens ordinaires profitant d'un jour de repos bien mérité.

Sur le chemin de mon petit coin de paradis rien qu'à moi, armée d'un solide déjeuner, je croisais le docteur Beckett, médecin en chef et avec qui j'avais quelques collaborations de recherche, qui était à la recherche d'un camarade pour aller pécher. Il m'expliqua rapidement que son binôme s'était décommandé à la dernière minute et qu'il avait donc une place de libre dans un jumper, direction le continent. De ce que je conclus, la pêche n'était pas un hobby très répandu sur le site. Je lui répondis que je n'étais vraiment pas fan de la pêche, moi non plus. Je lui montrais mon ordi et mes cahiers. Il fit la moue, il commençait à se demander s'il trouverait enfin quelqu'un pour l'accompagner.

Alors que nous reprenions notre route, j'eus un instant d'arrêt. De nouveaux flashs traversèrent mon esprit, quelques bribes de ce qui devait être mon cauchemar revinrent à la surface de ma mémoire. Explosions, morts, je fis quelques pas pour m'assoir sur une banquette. Un fourmillement désagréable se propagea dans mes muscles, un peu comme ce matin à mon réveil

.

Une personne entra dans mon champ de vision et me demanda si tout allait bien. J'étais encore sous le choc mais je lui répondis avec mon plus grand sourire que ça allait et que je devais juste manger. Je lui expliquais en reprenant mon entrain habituel que trop heureuse de trouver un coin tranquille pour écrire, j'avais oublié de prendre mon petit-déjeuner. Pour la rassurer, je lui montrais mon sandwich encore emballé. Je réussis ainsi à résorber le petit attroupement qui commençait à s'agglutiner autour de moi.

Lorsque tout le monde fut parti, je pris quelques inspirations profondes. Ce ne serait pas quelques mauvais rêves qui gâcheraient mon enthousiasme du jour. Je chassai vite ces horribles choses de ma tête et repris ma route plus déterminée que jamais à trouver un endroit calme et inspirant.

Je parcourus ainsi quelques couloirs et coursives. J'avais entendu parler de balcons avec une vue à couper le souffle et je voulais en trouver un pour moi toute seule. Au fur et à mesure de mes pérégrinations, j'avais entraperçu plus de loisirs que je n'aurai cru. La journée sentait bon les vacances.

Enfin je trouvais l'endroit idéal. Je n'étais pas très loin de la tour centrale mais la tranquillité régnait ici. Le vent et la mer se disputaient mon ouïe, la mer toujours et la cité ma vue et une douce odeur de fleurs planaient subtilement dans l'air chatouillant de manière très exquise mon inspiration.

Je me posais sur le banc et avant de commencer quelques activités créatives, je m'occupais de mon déjeuner. Je pris mon temps, forçant mon corps et mon esprit à la détente. Cependant comme je n'arrivais pas à chasser complètement mes angoisses, je décidais qu'une petite séance de méditation ne me ferait pas de mal.

Assise à même le sol, je commençais par un petit exercice simple de respiration. Mon corps se détendit encore un peu, mon souffle devint lent et régulier. Mon esprit un peu rebelle au départ, sautant d'une idée à l'autre sans réelle connexion, s'emplit peu à peu de calme. Pendant un court laps de temps, il cessa même de réfléchir. J'étais fière, je ne tarderai pas à rejoindre le monde spirituel.

Soudain, une série de courtes scènes défilèrent devant mes yeux :

Henriet, une amie scientifique et Teyla marchaient dans un couloir.

Une immense explosion retentit.

Plusieurs personnes étaient à terre, blessées, mortes peut-être.

Je me réveillai en sueur et tremblante de tout mon corps. Elles avaient l'air si réelles ses images. Un très mauvais pressentiment s'empara de moi. Ma raison tenta de se manifester. Elle me rappela que je n'étais pas médium et j'étais très encline à la croire. Cependant une petite voix ajouta que j'étais dans un état de stress quotidien très élevé et que j'avais pu croiser sans le savoir, la route d'un appareil ancien me donnant momentanément cette capacité.

Je paniquais complètement, malgré mes nombreuses tentatives pour raisonner avec logique et non avec instinct. Rien n'y fit, je ne me sentais pas de rester sur ce balcon à écrire sans rien faire alors qu'il pouvait y avoir un risque, même infime soit-il qu'une catastrophe entacha notre si belle journée.

Je ne savais pas trop quoi faire ni par quoi commencer. Je rangeais donc mes affaires hâtivement. Je me dis que trouver et prévenir les deux premières intéressées serait judicieux. D'après mes souvenirs, Henriet et Teyla marchaient visiblement vers le mess depuis le gymnase. Il fallait que je les trouve en faisant le chemin inverse.

Je me précipitai hors du balcon et traversa les couloirs en courant. Sur mon passage j'entendais les rires et les conversations enjouées de mes collègues. Rien ne devait troubler la quiétude de ce jour. Mes jambes, trop peu habituées à fournir le moindre effort, se rebellaient mais je tenais bon. Mon cœur battait dans mes tempes et mon souffle coupé entrait difficilement dans les poumons.

Je ne savais dire si ma sensation d'urgence était seulement dictée par mes craintes ou si je savais vraiment au fond de moi que je devais faire vite. J'atteignis enfin le dernier escalier avant d'arriver au mess. J'entamais une descente éclair quand un son sourd me stoppa. Un puissant souffle chaud m'enveloppa.

« Trop tard songeais-je, à la fois étonnée de la réalité que prenait mon rêve et dégoutée par mon manque de réactivité. »

Jour de reposOù les histoires vivent. Découvrez maintenant