Chapitre 18

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                                                Jeux dangereux


Ildrys écouta Ceylan poursuivre :

— Si cette taupe s'avérait être la personne ayant attenté à ma vie, elle et Khaled aurait au moins en commun de me vouloir mort.

— J'ignore encore qui vous a empoisonné, mais nous y travaillons, rappela le roi. Je ne sais pas davantage si le coupable pourrait avoir ou non des liens extérieurs. En revanche, même si j'imagine que Khaled ne doit pas porter la famille royale dans son cœur après l'échec passé de ses affaires et sa traque, je m'interroge, intervint le roi. Serait-ce vraiment dans ses projets de vous atteindre personnellement ? En tirerait-il un quelconque avantage ?

Ceylan serra les dents. Il devenait de plus en plus nerveux à mesure que la conversation avançait. La mine crispée, il souffla :

— Au moins une vengeance.

— Votre théorie me semble difficile à croire, contra son mari. Votre présence n'était originellement pas prévue, alors que la rumeur remonte à plusieurs jours au moins, si j'ai bien compris.

Il y avait du vrai, mais cela n'empêchait pas Ceylan de demeurer tendu. Secouant la tête, il répliqua :

— Je peux vous trouver d'autres raisons à une potentielle action de sa part. Votre présence, elle, était prévue. Vous pourriez tout aussi bien être cette cible envisagée.

À l'écoute de cette hypothèse, Ildrys éclata de dire.

— Moi ? Qu'est-ce que Khaled pourrait bien me vouloir, selon vous ?

— Admettons que cette taupe dont vous parliez sache que vous la traquez, ce pourrait être une bonne opportunité de vous faire disparaître. Mon empoisonneur, s'il s'agit d'un autre individu, pourrait vouloir en faire autant. En partant de là et en admettant l'existence d'une possible connexion avec Khaled, je peux vous assurer que ce dernier ne réfléchirait pas deux fois pour répondre présent. D'autant qu'en vous assassinant, c'est aussi moi qu'il atteint. Et cela, rien ne lui ferait plus plaisir ; à lui, et au Conseil envers lequel vous avez avoué votre hostilité.

Calmé par ces arguments on ne peut plus recevables, le roi demeura dubitatif. Il laissa passer de longues secondes, puis déclara :

— Vous m'impressionnez. Vous avez une imagination débordante !

— Vous ne me croyez pas ?

— Je ne dirais pas cela. J'applaudis toutes ces théories auxquelles vous avez réfléchi. Le fait est qu'il nous manque trop de preuves pour en valider ne serait-ce qu'une seule. Je crois que la seule chose que nous puissions faire, c'est attendre. En l'absence de nouveaux éléments, je propose que nous gardions la tête froide et que nous ne rejetions pas la possibilité de pouvoir franchir les Gorges Sakhra tranquillement. Les rumeurs pourraient tout aussi bien n'être rien de plus que des rumeurs.

Ildrys avait raison, Ceylan le savait. Il était un peu tôt pour s'abandonner à la paranoïa. Il hésita quand même à rajouter un dernier argument mais ses mots ne quittèrent pas ses lèvres. À la place, il secoua la tête et finit par capituler.

— Soit. Je vous prie simplement de ne pas oublier cette conversation.

Son mari lui retourna un sourire et acquiesça. La conversation close, il ouvrit un bras et lui indiqua le campement.

— Bien. Que diriez-vous d'aller nous restaurer et de prendre un peu de repos ? Nous avons encore une longue route à parcourir.

— Oui, je vous suis.

Djinns ( Boy's Love / MxM )Where stories live. Discover now