Chapitre 17

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                                             La Passe du Tigre


Le soleil n'était pas levé que le palais était déjà sur le pied de guerre. Comme à son habitude, Ildrys avait été le premier à quitter le lit pour achever les ultimes préparatifs du voyage. Ceylan avait suivi son exemple en se levant peu après, mais il avait pris plus de temps à se préparer. La raison se résumait en un nom : Ahnour.

Il avait été décidé qu'Ahnour resterait au palais, Ildrys considérant sa présence inutile aux côtés de la reine du fait qu'il serait lui-même constamment auprès d'elle et que l'adolescent n'était, en prime, pas le mieux préparé pour une telle expédition. En conséquence, Ceylan avait voulu profiter le plus possible de lui avant leur départ, songeant que sa présence allait lui manquer. Par la même occasion, il lui avait confié la tâche de veiller sur les concubines et de surveiller d'éventuels agissements suspects ; cela tout en demeurant extrêmement prudent. Après tout, Ahnour était entré à son service afin d'assurer sa sécurité. De fait, s'en prendre à lui, c'était aussi l'atteindre. Quiconque nourrissait de mauvaises intentions envers lui pouvait vouloir profiter de la situation.

L'esprit plus tranquille après les mille promesses de prudence de son confident, Ceylan marchait désormais d'un pas pressé à travers les couloirs pour s'entretenir avec Mekhet avant de rejoindre le détachement en partance. Document en main, il s'annonça sitôt parvenu à ses quartiers et, en entendant le Grand Conseiller l'inviter depuis l'autre côté de la porte, il ne se fit pas prier pour entrer, refermer avec précaution derrière lui et délivrer le rouleau dûment signé et scellé.

— Majesté, j'espère que vous savez ce que vous faites, souffla Mekhet en déroulant l'objet.

— Vous en doutez ?

Son Grand Conseiller hésita sur ses prochains mots tandis qu'il lisait le contenu du courrier officiel. Il osa néanmoins rappeler :

— De mémoire, il me semble que toutes vos sorties hors du palais n'ont jamais rien amené de bon. Le roi sait-il que...

— Non. J'ai prêté serment, vous vous souvenez ?

— C'est bien ce qui m'inquiète, répliqua Mekhet. Le Conseil se souvient. Or, il m'apparaît que votre participation à ce voyage pourrait entacher votre promesse.

Ceylan se tut. Ses yeux se baissèrent et dérivèrent sur son bras droit qu'il fixa un moment avant de reprendre :

— Je suis un homme de parole, mais je ferai ce qui devra être fait.

Il reçut un soupir désabusé.

— Mekhet, vous m'avez toujours couvé et soutenu. Pour ça, je vous en suis reconnaissant. Seulement, ne croyez pas que le Conseil puisse dicter ma conduite si j'estime que ma docilité puisse nuire à ce qui m'est cher. Je ne suis le pantin de personne.

Une fois encore, son interlocuteur déplora sa position. Pour autant, il ne s'y opposa pas.

— Vous savez que je serai de votre côté, quoi qu'il arrive, confirma-t-il. Je ne vous demanderai qu'une chose : de grâce, ne donnez pas si facilement nos têtes au bourreau.

— Je tâcherai de ne pas l'oublier, acheva Ceylan dans un sourire.

Mekhet lâcha un petit rire face à son attitude bornée, puis décida de changer de sujet.

— Passons. J'ai ce qu'il vous faut pour ce voyage.

Il le conduisit en direction d'une commode de bois dont il tira l'un des tiroirs. De celui-ci, il tira un petit paquet enveloppé de tissu.

Djinns ( Boy's Love / MxM )Where stories live. Discover now