Chapitre 16

5 1 0

                                                  Liens naissants


Durant les jours qui suivirent, un calme apaisant régna sur le palais. Dans l'attente des résultats de la sécurisation d'Ankhanet, il n'y eut ni autre réunion en présence d'infâmes conseillers, ni autre tentative d'assassinat envers la personne de Ceylan. Ce dernier pouvait souffler, et cela lui faisait le plus grand bien. Son humeur s'était d'ailleurs considérablement améliorée. Sa tension avait baissée et il se prenait même à rire de l'humour léger d'Ahnour qui ne faisait pas que jouer ses cuisiniers et garde du corps. Ceylan avait trouvé auprès de lui un véritable ami, un confident et un conseiller qui lui tenait compagnie dès qu'Ildrys n'était pas dans les parages.

Cela dit, Ahnour n'était pas la seule raison de la joie retrouvée de Ceylan. Celui-ci éprouvait un réel soulagement depuis que son mari ne désertait plus le lit conjugal. Certes, leur relation n'avait pas beaucoup évoluée, mais, nuit après nuit, son auriculaire glissé dans celui du roi, il s'était personnellement assuré qu'il ne parte plus. Ainsi, les rumeurs de couloir s'étaient calmées ; ou, plutôt, elles avaient changé. On ne parlait plus des longues nuits du souverain au sein du sérail, mais plutôt de sa drôle de préférence à vouloir partager celles d'un homme au visage de femme. Et cela, Ceylan l'appréciait.

Depuis le dernier conseil, Ceylan voyait les choses différemment. Il en avait fini de maudire ce mariage forcé. Il en avait terminé aussi de douter d'Ildrys. Désormais, il voulait l'apprendre, savoir qui il était, ce qu'il aimait, ce qui l'animait. Il couvait même l'espoir d'en venir à se rapprocher de lui.

Plus que par amitié, cette fois.

Suite à son intervention en sa faveur et à un certain petit geste anodin qui avait fait réagir son corps au-delà de ce qu'il aurait imaginé possible, Ceylan s'était interrogé.

Jusqu'à ce jour, il n'avait jamais eu de mal à reconnaître que l'aspect physique d'Ildrys lui plaisait. En partant de ce point, il l'avait étudié pour savoir en quelles extrémités pouvait le pousser son attirance, et la réponse qu'il en avait tiré l'avait perturbé. Il sentait qu'il n'était peut-être plus si dérangé à l'idée d'être marié à un homme plutôt qu'à une femme. Quant à sa personnalité, il ignorait encore beaucoup de choses mais les efforts d'Ildrys pour s'attirer sa sympathie l'avait touché et lui avait donné envie de creuser pour découvrir plus que ce qu'il émettait en surface.

En définitive, Ceylan voulait apprendre à aimer son mari.

Oh ! Bien sûr, il n'imaginait pas une seconde que cela puisse être partagé. Ildrys était là pour une raison dont il était étranger, et il doutait qu'il ait le temps ou l'envie de se perdre en sentiments. C'était déjà bien que ce dernier se montre bienveillant à son égard. Tout ce qui comptait, c'était que lui, Ceylan, se sente bien dans cette relation qu'il n'avait pas choisie. Il avait la certitude qu'il pourrait même y trouver un peu de bonheur s'il faisait l'effort d'accepter ce qu'on lui avait imposé et d'apprendre à l'apprécier.

Du moins, c'est ainsi qu'il justifiait les sentiments flous qu'il sentait naître dans son cœur.

La vérité, c'était que ce lien naissant n'était déjà plus un fardeau. Qu'il sentait le vide que laissait Ildrys lorsque ce dernier retournait à ses affaires, que le roi lui manquait lorsqu'il s'absentait trop longtemps, et qu'il se réjouissait de le retrouver. Il se perdait volontiers à l'observer de longues minutes, le soir, lorsqu'il baissait sa garde. Cela lui arrivait même de s'accouder sur le matelas, pour mieux le contempler. Deux jours plus tôt, il avait même failli se faire surprendre, Ildrys s'étant agité légèrement dans son sommeil et s'étant réveillé. Il avait alors fait vite à se cacher, car Ceylan ne voulait rien montrer de son état émotionnel, ayant trop peur des réactions de son époux.

Djinns ( Boy's Love / MxM )Where stories live. Discover now