Chapitre 15

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                                                        Ennemis


Ildrys se réveilla comme il s'était endormi. Sur le dos, les yeux tournés vers le plafond, il prit quelques secondes pour se réveiller tout à fait. Lorsqu'il se rappela qu'il n'était pas seul dans le lit, il tourna la tête vers son épouse.

Ceylan sentit manifestement son éveil et ne tarda plus à ouvrir à son tour les yeux. Lui aussi n'avait pas bougé de la nuit. Si bien que, soudain, quelque chose attira l'attention du roi.

Instinctivement, ce dernier repoussa les couvertures et souleva sa main gauche qu'il sentait retenue. Son geste amena le poignet de la reine à s'élever à sa suite, leurs auriculaires solidement enlacés. Un éclat de surprise se peignit sur son visage, avant de faire place à un profond amusement.

— Ma reine, aviez-vous donc si peur que je vous fausse compagnie avant votre réveil ?

La veille au soir, Ceylan n'avait pas envisagé que le lien perdurerait toute la nuit. Il n'était, de fait, pas préparé à devoir justifier son geste. Pris de court, il sentit son visage se peindre de teintes écarlates. Il retira prestement sa main et se retourna complètement pour adopter une position de fœtus, les draps enroulés autour de son corps tel un cocon.

Face à cette réaction somme toute singulière, Ildrys ne put retenir le fou rire qui n'avait cessé de croître dans sa poitrine, à mesure que la gêne de son épouse avait grimpé. Cela amena Ceylan à vouloir s'enterrer davantage, mais il l'en empêcha en retenant fermement les draps. À la place, il se calma et se pencha à son oreille pour lui murmurer :

— Vous n'avez pas à avoir honte. Je l'ai mérité. Ceci dit, je ne comptais pas fuir, je vous avais donné ma parole.

Ceylan écouta sans pour autant bouger, néanmoins leur petit échange fut soudain interrompu par des coups frappés à la porte.

— Ah ! s'exclama le roi. Je crois qu'il est l'heure pour nous de nous lever. Nous avons une journée chargée en perspective.

Il se tourna vers la porte et autorisa la personne à entrer.

Le battant de bois s'ouvrit sur la mine éclatante d'Ahnour, qui semblait un tout autre homme dans ses vêtements de service richement cousus et avec ses cheveux soigneusement coiffés.

— Mon roi, ma reine, vous m'aviez demandé de me présenter à la première heure pour vous apporter de quoi vous restaurer. J'espère que je ne vous dérange pas ?

Ildrys esquissa un large sourire et répondit :

— Non, tu tombes à pic, Ahnour. Mon épouse mourrait de faim.

— Oh ! C'est ma foi une excellente nouvelle, car j'apporte de quoi manger pour tout un régiment !

L'adolescent entra et avança jusqu'à la table basse sur laquelle gisait encore le plateau du dîner. Il échangea tout simplement l'ancien avec le nouveau, tout en commentant son travail.

— Comme promis, j'ai sélectionné moi-même les fruits de vos Majestés et les ai personnellement nettoyé. De même, les œufs ont été préparés par mes soins et je me suis levé aux aurores pour acheter la viande qui fume dans vos assiettes.

— C'est un repas complet que tu nous as préparé, remarqua Ildrys en riant.

— Il fallait bien ça pour la reine ! Elle n'a presque pas mangé pendant les trois jours de son malaise.

— Je le sais bien. Merci de t'être donné tant de mal.

En entendant leur conversation, Ceylan sortit de sa cachette et jeta un coup d'œil à l'objet de leur intérêt. Le plateau d'Ahnour avait l'air appétissant. Assez pour l'amener à quitter le lit et à approcher pour l'analyser de plus près, tandis qu'Ildrys passait derrière le paravent pour se vêtir. Il découvrit qu'il avait véritablement l'embarras du choix.

Djinns ( Boy's Love / MxM )Where stories live. Discover now