124.Adam

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- Ça vous fera cent sept euros et soixante centimes, s'il-vous-plaît.

Je fouille dans mon porte-monnaie et je tends au vendeur mon dernier billet de cinquante euros.

Cette fois j'ai terminé mes achats et les magasins commencent à fermer, l'air se refroidit, les ruelles se vident, la musique se radoucit, s'éloigne au loin, doucement, pendant que le grand feu du centre-ville s'éteint petit à petit et que la nuit enveloppe le reste du monde.

Je serais en retard pour le dîner même si je n'avais de toute façon pas l'intention de manger avec en famille, ou peut-être est-ce l'inverse? ma famille qui ne m'attendait pas ? Je pense qu'ils s'en foutent de savoir où je suis à l'heure qu'il est.

Je vais rentrer quand même et ne pas trop traîner dehors parce que je dois déposer les cadeaux sous le sapin.

J'ai même acheter une belle boîte de chocolat, le genre de prix qui ruine ,
le genre de boîte toute décorée qu'on déteste jeter à la poubelle parce qu'elle était trop belle et que les carrés de chocolats étaient trop bons. Le genre de chocolat qu'on dévore en une seule soirée, la veille de Noël.

C'est cette boîte là que j'ai acheté. Et s'ils n'en veulent pas, je me ferais une joie de la garder pour moi tout seul.

-Je suis rentré ! J'ai vos cadeaux.

Évidemment, à la seconde où je prononce le mot « cadeau », Alexis un petit cousin rapplique et se met à scruter mes sacs, à chercher le moindre indice, mais je m'empresse de monter les paquets dans ma chambre et je m'y enferme finalement.

- Adam , une jeune fille est passé tout à l'heure, vue que tu n'étais pas là, elle a laisser un mot dans ta chambre . Me dit ma mère derrière la porte

Je me suis assis sur le rebord de ma fenêtre et j'ai pensé. J'ai pensé. Encore. Toujours. À jamais. J'ai pensé et je ne fais que ça. Le problème c'est qu'on ne s'arrête jamais de penser.

J'ai toujours essayé de faire le vide dans ma tête, le problème c'est que vouloir arrêter de penser, c'est penser. C'est fatiguant de penser. Je pense même quand je rêve. Même la nuit. Même lorsque le sommeil m'emporte loin. Même lorsque moi-même je suis loin. Même lorsque mes yeux se perdent dans le vide. Mon esprit continue sans relâche et il y a cette voix dans ma tête qui m'ordonne d'arrêter de penser.

Le saisie le papier et l'ouvre :

"Rejoins- moi sur le pont de Westminster~ Ez"

« Elle est de retour , elle s'appelle Ezra MCcarty,je me déteste de lui avoir fait du mal, elle est là-bas, elle m'attend, je l'aime, non, je me déteste, elle me déteste, tout le monde me déteste, j'ai pas le droit de penser ça, je veux plus penser, ta gueule, non, silence, je vais pleurer, la rue, fixe la rue, le plafond, tais-toi, pourquoi tu te met dans des états comme ça Adam? va la rejoindre !, tout simplement . T'as lu son mot, pourquoi t'es là Adam? pourquoi tu pleures, arrête de penser et Fonce !!. »

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant