122.Adam

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2 mois  plus tard.

Demain c'est Noël. Et demain, c'est mon anniversaire. Et je viens de réaliser que je n'ai aucun cadeau à offrir alors que toute ma famille viendra dîner et qu'il est déjà dix-huit heures.

Alors je me mets à faire un pile ou face dans ma tête, à me lancer un tas de paris débiles, genre que si deux voitures passent dans la rue, qu'un nuage recouvre la Lune ou que mon téléphone vibre dans les dix secondes qui suivent, je m'habille et je vais en ville acheter les cadeaux.Bon, évidemment je n'arrive pas à me décider et ça fait déjà cinq minutes que j'essaye de me motiver sans y parvenir.

Je devrais déjà être habillé parce que j'ai reçu un message de mon opérateur qui a fait vibrer mon téléphone mais je n'ai pas le courage de me lever parce que je suis assis sur le rebord de ma fenêtre et que je suis bien. Et que dehors il fait froid, nuit noire, il neige, il y a du vent, des gens pressés qui marchent vite pour rentrer chez eux, qui nous bousculent sans s'excuser, avec leur grand manteau, on ne voit même pas leurs yeux, ils sont cachés, emmitouflés dans leur écharpe, regardant droit devant eux comme si la mort était à leur trousse. 
Moi, je déteste l'hiver.

En fait, je déteste les gens pendant l'hiver. L'hypocrisie des parents qui emmènent leurs enfants voir le « père noël » alors qu'il n'existe même pas et qu'autour d'eux il y en a au moins vingt dans les rues qui se baladent en balançant des bonbons un peu partout. Je détestais le père Noël quand j'étais gosse, il me faisait peur. Maintenant je déteste les gens l'hiver. Je déteste les gens l'hiver, je déteste le silence.

Il faut que j'y aille. 

Lorsque je descends en bas, ma mère , son copain sont en train de décorer le sapin. M grand mère lit son journal sur un fauteuil. Adorable. Famille parfaite. Je suis hors-contexte.

Je ne fais pas partie du tableau.

Je ne fais pas partie de la peinture, du dessin, mais eux sont là, eux sont ensemble et ils sont mignons tous les quatre. J'aurais bien aimé être avec eux aussi, faire partie du lot. J'aurais aidé ma mère à cuisiner si elle me l'avait demandé. J'aurais discuté un peu avec son copain, on aurait joué à la console s'il l'avait allumé et s'il m'avait tendu une manette. 

Et j'aurais accroché l'étoile en haut du sapin avec Ezra. Mais ce n'est pas possible. On es tplus ensemble.

Ils forment une famille et il y a moi à côté. Je m'attarde un instant sur le cliché qu'ils forment ensemble puis je m'en vais parce que j'ai mal.

Parce que je ne serais jamais à ma place ici. Parce que de toute façon, j'ai toujours été de trop, partout. Parce que depuis qu'Ezra est entré dans ma vie, je n'ai plus rien d'autre. Elle m'a tout enlevé. Mes amis, ma vie de famille, et maintenant elle n'est plus là, elle. Elle me laisse tout seul alors que moi, je l'attend désespérément.

Je l'attend jusqu'à ce que les choses s'arrangent. 

Et même si elles ne s'arrangent pas.
En fait, j'ai besoin d'elle. Vraiment. Vraiment trop. J'aimerais bien que ce soit simple, j'aurai aimer qu'elle me dise plutôt : « on a besoin de faire une pause tous les deux , je reviendrais ». C'est ce que je pensais, hier.

J'ai passé toute une journée à tenter de me faire rentrer ça dans la tête et je n'y arrive pas.Je voudrais bien oublier Ezra. Je voudrais bien ne pas dépendre autant d'elle. Je voudrais bien pouvoir me détacher comme ça, en claquant des doigts, en me disant du jour au lendemain que je ne veux plus la voir. 

Je voudrais bien ne pas m'attacher comme ça aux gens pour souffrir après. Ça n'a aucun intérêt, de souffrir. Je sais pas.

On s'accroche à quelqu'un pour aimer, pour être aimé, pour partager des beaux moments, pour rire, pour se confier, pour parler, pour bâtir un tas de souvenir et se les remémorer après.

Mais on s'accroche pas à quelqu'un pour pleurer, pour se déchirer, pour se hurler tellement fort dessus qu'on s'en décrocherait un poumon. C'est de la haine à l'état pur alors que j'ai besoin d'elle.J'ai l'impression que je nage en plein délire. Il faut savoir que je l'ai appelé tout les jours, mais qu'elle n'a pas daigné me répondre. Je lui ai laissé des dizaines de messages. Je lui ai prié de me laisser une chance , de nous laisser un chance , mais je crois que c'est peine perdu.

je ne peux pas vivre sans Ezra MCcarty . 

Je ne tiens pas sans elle.

C'est à cause d'elle si je passe les trois quarts de mon temps sur le rebord de ma fenêtre en espérant la voir revenir, à penser à elle, à ce que j'ai fait,  à ce qu'elle endure peut être.

C'est à cause d'elle si je ne dors presque plus, si je somnole quand je devrais étudier.

C'est de sa faute à elle pour être entré dans ma vie et d'en sortir. Et quand je suis avec elle, ça va mieux. Je me sens bien, différent, et même hors de tout ça, à des kilomètres des problèmes de la vie. Cette fille,m'affaiblit.

C'est qu'elle a cette chose de spécial en elle.Je suis malade. Je suis malade d'elle. Je crois que je suis dépendant d'elle . Maladivement dépendant.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant