109.Adam/ Ezra

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Un immense malaise, installé dans mon cœur depuis maintenant une vingtaine de minutes. Pourquoi la vie comporte-t-elle autant de heurts, pourquoi ne peut-elle se contenter d'être cette ligne droite que nous suivrions sans détours, sans hésitations et sans peurs ? Un immense malaise m'opprimant.

Cette horrible sensation, si désagréable, semblant inépuisable.
Je n'arrive pas à m'imaginer comment me comporter dorénavant avec Lohan. Serais-je seulement capable de faire comme si de rien n'était, en aurai-je la force ? Je sais qu'il ne mérite aucun jugement de ma part, je voudrais continuer à rire avec lui comme nous l'avons toujours fait. Mais à ce moment même j'ai l'impression que ce n'est pas une possibilité, que jamais nos sourires vis-à-vis de l'autre ne seront les mêmes.

Une fois à l'apparte, je me traîne dans le salon et me laisse tomber dans le canapé. La télé, écran noir, me fait face, et j'ai l'impression que toute cette obscurité va m'avaler. Va m'attirer en elle pour me faire perdre en son néant. Mes yeux s'humidifient mais je n'ai que trop écouté mes sentiments ces derniers temps, aujourd'hui, je veux me dire que ce n'est que la fatigue qui me rend si faible. J'aimerais me convaincre qu'il me reste malgré tout quelques forces.

Alors, je refoule les larmes.

J'ai perdu un ami. J'ai perdu le meilleur ami qu'on puisse avoir.

Je me repasse en boucle la scène, je ressasse sans m'arrêter les images de ce Lohan perdu, en face de moi. Je le préfère de loin quand il sourit. L'envie me prend de l'appeler, de m'assurer qu'il va bien. Mais je ne fais rien, parce qu'au fond de moi, une force transcendante m'en empêche.

Au fond de moi, une voix me force à la passivité, me fait perdre un ami.
Comme un incident défini par le destin, mon portable tombe de ma poche, sur le tapis. Hors de ma portée. Je suis trop faible pour tendre le bras, pour tourner la tête vers lui. Ma main vient s'écraser sur mon visage, tire mes traits, ma peau molle. 

- Tu est là, est ce que ça va ? . Me demande t-elle

Exténué, je ne répond pas, je me lève finalement et me dirige vers la salle de bain pour y prendre deux dolipranes, espérant qu'ils suffiront à apaiser mon mal. Je vois les cachets effervescent, se dissoudre dans l'eau translucide ; je les entends crépiter. Comme crépite le feu sous nos pieds.

// Ezra

-Je vais partir, dis-je d'un trait et il ouvrit un peu plus les yeux.

-Qu... quoi ?

Je venais de prendre une décision et qu'Adam le veuille ou non, je l'avais prise.Il n'avait rien dit mais je savais que rien n'allait bien.

- Je suis désolé, soupira-t-il mais je l'ignorais. Si c'est à cause de ce que que t'avais dit à l'hôpital , je suis désolé . 

Il n'avait pas à s'excuser de quelque chose qui était vrai. Tout était de ma faute.

-Je veux me faire interner dis-je enfin j'veux suivre une thérapie...

-P...pourquoi?

-J'crois que j'en ai vraiment besoin, dis-je en allant vers la chambre et il me suivit.

J'avais réellement besoin de quitter Londres. De me reconstruire; physiquement et mentalement.

-Ezra, tu parle sans réfléchir...

-Non. J'ai réfléchis, je vais partir. Et j'aimerais vraiment que tu sois d'accord avec moi... parce-que j'ai besoin de toi malgré tout.

Il soupira, l'air totalement démuni et je ne compris pas son changement de comportement.

-Ne me laise pas s'il te plaît ... je suis désolé pour tout. J'ai dis beaucoup de conneries. Ce n'est pas de ta faute. Dit t-il au bord des larmes

-Ne t'inquiète pas, je comprends.

-Je ne veux pas que tu penses que tu es une mauvaise personne. Parce-que c'est faux.

-Ok... Mentis-je en haussant les épaules et il s'approcha pour embrasser mon front.

-Et tu vas aller où?

-A Vancouver. J'y ai vraiment réfléchis. J'ai déjà appelé le centre...

-Ez. C'est pas.. que je ne veux pas. Mais, t'es sûre de ton choix ? Demanda-t-il en s'agitant un peu et en passant sa main dans ses cheveux.

-Oui... on pourrait faire un genre de "test" ? J'en sais rien mais... essayer de vivre quelques mois sans l'autre. On en a besoin Adam.

Ici il ya les sombes cicatrices de ma peine, mon dossier social. Ailleurs il n'y aurait plus rien. Plus que moi et l'être que je souhaiterais devenir. Mais ici il y a Adqm. Et là-bas il ne sera pas.
 
- Tu ne peux pas partir. Ce n'est pas comme ça qu'on fait les choses.

Il est légèrement énervé.
 
- Si tu veux te reconstruire, alors fais-le avec moi !
 

Ce n'est pas une supplication, ni une prière. C'est un ordre.Adam m'ordonne de rester à ses côtés.

Et mon cœur m'impose la même inquisition. Je me surprends à secouer la tête, devant le choix que l'on me demande de faire. Un nouveau départ ou une continuité :
 
- En restant ici, j'ai peur que rien ne change, que tout soit un cycle voué aux accidents.

- On peut faire en sorte du contraire.
 
Je reste silencieuse.

Je ne m'éloigne toujours pas de lui, sentant la chaleur de son corps, l'aura s'en émanant. Ses mains passent sur ma taille.

- Je t'aime, et je ne veux pas te laisser partir .

- Laissez-moi partir, s'il te plait fait le pour notre amour.

- D'accord.

Sa voit est trahi par la tristesse .

Il m'attrape contre lui et colle mes lèvres contre les siennes. Mes mains se posent ensuite sur son visage, il m'oblige à compresser sa bouche contre la mienne, à rester sur moi.
 
   
- Je pars dans trois jours...

- Alors commençons à vivre pleinement l'instant.

Nos lèvres se rencontrent à nouveau, compagnons de route. Je ne peux pas partir. Peut-être qu'une larme se met à couler sur ma joue, peut-être qu'elle roule jusqu'à mon menton. Je ne sens plus que la peau d'adam contre la mienne. Doucement, nous tombons sur le lit. Doucement, nous nous enlaçons.

 
               

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant