95.Ezra♤

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Quelques semaines plus tard...

Nous avions enfin notre chez nous.
Et oui, déjà.Adam et moi, nous ne voyons plus le temps passer.

Nous avions réussir à trouver un appartement à prix abordable pas loin de ma mer.Nous sommes heureux, plus qu'heureux.

Bon, ce que je dois avouer malgré tout, c'est qu'Adam agit comme un vrai petit-ami, mais il manque encore les mots qui vont avec.

Le côté positif , c'est que je suis devenue moins dépressive. Il me rend déjà heureuse, et c'est le principal.Le reste suivra, petit à petit. J'attendrais, quoi qu'il arrive, parce que je sais qu'il y arriva un jour ou l'autre.

Je fume une clope à la fenêtre « C'est bon, y a pas mort d'homme, et puis de temps en temps ça fait du bien. »

Adam dit que non. Il dit que ça pue, que ça fait les dents jaunes, que ça pourrit l'haleine et accessoirement, les poumons. J'en ai rien à foutre.

Il me rejoint devant la fenêtre ouverte en grand. On respire l'air frais et presque instinctivement j'écrase ma cigarette sur le cendrier et j'enfile ma veste. Il fait la même chose. On sait. Sans rien dire on éteint les lumières, on met nos chaussures, on claque la porte d'entrée, et on arpente dans les couloirs de l'immeuble. Les couloirs déserts et sans la moindre trace d'une quelconque présence humaine. On marche , Il attrape ma main.

Et puis on arrive dehors.

Machinalement on emprunte notre chemin, celui des falaises, celui qui mène à l'océan, ce n'est plus très compliqué maintenant, il suffit d'écouter, de fermer les yeux, de tendre l'oreille et de suivre le bruit des vagues.

Après, ça vient tout seul.

Dans l'obscurité on escalade les rochers, on grimpe, on s'accroche, on s'écorche aussi et puis on en redemande.

On arrive tout en haut et cette fois, plus que toutes les autres, ce spectacle est terrifiant, et fascinant quelque part, parce qu'ici l'Homme n'est qu'un invité, un inconnu, un étranger, un visiteur. Comme si rien ne nous appartenait, comme si rien n'avait de prix puisque rien n'était à vendre, et je vous jure que c'est rare de nos jours de trouver quelque chose qui ne se marchande pas, qui ne se négocie pas, comme si quelque part c'était un bout de Terre sur lequel jamais l'Homme ne pourrait mettre un pied et tout détruire, comme si c'était la dernière chose ici qui avait résisté au temps, au temps et à la connerie des Hommes.

Adam et moi, on reste là, muets et timides, presque à attendre l'autorisation de s'asseoir. Et finalement, il brise le silence.

-C'est beau, ici.

-Le mot est faible.

-Adam , j'ai envie de sauter, pour voir.

-Tu fais ça et je t'égorge.

Un large sourire se dessine sur mes lèvres.

-Tu pourrais pas m'égorger, si je sautais...

-T'es conne.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant