1. An unexpected encounter

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          Assis dans l'auditorium, Caleb écoutait distraitement la conférence du Docteur Stanley. Le jeune homme faisait lentement glisser son stylo bille le long de ses doigts, tout en lisant les dernières "nouvelles sensationnelles" à son propos. Ces dites nouvelles exclusives, publiées par des magazines à sensation racoleurs lui donnaient la nausée. Tout au fond de lui, le jeune artiste n'avait qu'une envie : quitter au plus vite Portland et retourner dans sa belle propriété perdue au milieu de la Mount Hood National Forest. Cela ne faisait que dix jours qu'il était en ville, et déjà, la presse jasait à son sujet. "L'artiste fou sort de sa cachette pour se terrer dans un hôtel de luxe de Portland, Oregon". Ce titre, bien plus virulent que les autres, reflétait à la perfection la pensée collective. Au bout d'un petit moment passé à se torturer sur internet, Caleb finit par ranger ses affaires et quitta la salle, suivi du regard par une bonne partie de l'assistance. Il se pressa jusqu'aux toilettes pour se passer de l'eau sur le visage. Après s'être épongé avec une serviette propre, il fixa un instant son reflet. Ses yeux bleus étaient soulignés de grosses cernes, résultats des nuits dénuées de sommeil depuis son arrivée, ses cheveux châtains étaient mal coiffés, et sa cravate n'était même pas droite. Il soupira, avant d'ajuster sa tenue. Il sorti des toilettes et se rendit au bar de l'hôtel, où il commanda un whisky on the rocks. Installé dans un coin isolé du bar, il ouvrit sa sacoche et en sorti son carnet de note. Tout en sirotant son verre, il se plongea dans ses réflexions, couvrant frénétiquement les pages vierges de schémas et de phrases incompréhensibles. Soudain, il sentit une présence, quelqu'un qui tentait de lire par-dessus son épaule. 

– Laissez-moi tranquille., dit Caleb sans même lever les yeux de son carnet.

– Que pensez-vous de la théorie du Docteur Stanley ?, fit une voix féminine.

– Partez, s'il vous plaît, surtout si c'est pour vous moquer de moi.

Ignorant visiblement la demande de Caleb, la jeune femme s'assit en face de lui. Il leva les yeux et l'observa. C'était une jeune femme élégante, souriante, à la longue chevelure dorée, et aux grands yeux marrons cernés de petites lunettes rondes. 

– Je ne suis pas là pour me moquer de vous., répondit-elle, C'était une question sérieuse. Je vous ai vu partir avant la fin de la conférence, et je me suis dit que c'était une occasion à ne pas rater.

Caleb hésita un instant. Il brûlait d'envie de mettre un terme à cette conversation et de partir, mais quelque chose en lui lui disait de rester.

– Comment vous appelez-vous, Mademoiselle ?

– Zoey, Zoey Goldsmith., répondit-elle en lui serrant la main, J'ai lu tous vos livres, c'est un honneur de vous rencontrer.

– Et bien, Zoey, sans vous mentir, cette conférence n'était qu'un ramassis de conneries, à mon sens.

L'écrivain bu une gorgée de son whisky.

– Sa théorie sur le fait que l'âme soit une sorte de signal venu d'ailleurs, et que notre cerveau ne soit qu'un simple "récepteur" n'est qu'une vaste blague à mes yeux., expliqua-t-il en voyant l'air intrigué de la jeune femme.

– Pourquoi ? Il me semblait que vous faisiez des expériences là-dessus avec votre ancien assistant.

– Non. Nous ne faisions que séances d'isolement sensoriel. Le plus gros de mon travail, je le faisait seul.

Il soupira et se racla la gorge.

– Selon moi, l'âme n'est pas unique, au même titre que la "réalité". Notre âme n'est qu'un fragment de quelque chose de plus grand. Et tout les fragments de notre "Grande Âme" sont éparpillés entre les différentes réalités. 

L'Horizon des RéalitésWhere stories live. Discover now