Chapitre 6

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L'odeur était douce, agréable. Apparaissant en une couleur argentée, elle venait m'envelopper, laissant par moment quelques reflets de diverses couleurs lui échapper, comme si la beauté devait demeurer cachée au regard de tous, mais ne pouvait être contenue entièrement, apparaissant alors de temps à autre par ces teintes brèves.

Et cette aura, il s'agissait de la mienne.

— Concentre-toi, Hella.

Ma grand-mère assise sur un fauteuil, non loin de moi, attendait. Ce qui était aussi mon cas.

La vieille femme appelait cela « L'Appel ». Une cérémonie que j'aurai dû effectuer avec Jalil, mon Mage. Seulement, ce dernier était mort et avait été condamné par le Convent pour avoir détruit un Coven, ou plusieurs si l'on écoutait Strix qui ne cessait de changer de version et de le diaboliser un peu plus dès qu'elle en avait l'occasion.

L'Appel était, toujours selon ma grand-mère, la première étape pour mon identité de sorcière. Voilà pourquoi une autre personne se trouvait ici. Un vieil homme du nom de Arnaud Merwin. Il était l'un des cinq Sièges.

De ce que j'en comprenais, le Convent était dirigé par cinq personnes, aussi appelées Sièges. D'après Strix, c'était une déformation de cierge qui à la base était de simples bougies. Ou quelque chose dans le genre. Finalement, je n'avais pas trop compris. Mais il y avait une chose que j'avais retenue, c'était que même si les sorcières existaient depuis la nuit des temps, le Convent avait été créé en Gaule à une date antérieure à JC.

— Mademoiselle Doux, il vous faut vous concentrer, commença à s'impatienter M. Merwin.

— Facile à dire. Vous me demandez d'appeler tout l'Univers pour que mon élément se matérialise. Mais je ne sais même pas comment faire pour appeler l'Univers. Je ne suis une sorcière que depuis hier moi.

— Hella, tout va bien, m'assura ma grand-mère. C'est normal que cela prenne du temps. Normalement, ce genre de chose se fait avec un membre de ta descendance.

— Ouais bah, ma descendance est morte.

Les multiples taches de couleur se figèrent en un violet électrisant. Cela ne donnait rien.

— C'est bon, j'en ai ma claque, déclarai-je soudain.

Balayant de la main ce que j'avais tenté d'appeler, il fut libéré, ne me laissant plus qu'avec moi-même. Pas d'aura, pas d'élément. Juste moi et cette impression étrange qui ne me quittait plus depuis le jour suivant celui où j'avais eu la stupidité de manger un bonbon argenté et doré. Un bonbon trop bon.

— Je ne comprends pas. Pourquoi n'a-t-elle pas d'élément, Arnaud ?

— Cela arrive. Certaines sorcières prennent plus de temps que d'autres à former leur identité.

— Mais ce n'est pas seulement son élément. Son familier non plus ne s'est pas manifesté, ni sa carte maîtresse, ni sa marque ou sa divinité de compatibilité.

Tant de mots nouveaux que j'avais pourtant bien intégré.

Chaque sorcière possédait un familier, un animal. Pour Strix, il s'agissait de la chouette et pour ma grand-mère du chat.

Ensuite, il y avait une carte de tarot qui nous était liée, au cœur de notre identité à la fois magique et non magique. Bon, pour cet élément je n'avais pas vraiment cerné son utilité. Apparemment, cette pratique pour fabriquer l'identité avait remplacé une ancienne qui se faisait avec des runes. Autrement dit, des cailloux avec des dessins gribouillés dessus. D'après ma grand-mère, je comprendrais l'utilité des cartes lorsque je l'aurai choisi.

Ting Ting, WitchingOù les histoires vivent. Découvrez maintenant