Chapitre 7

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                                                                  Incident


Lorsqu'ils atteignirent l'entrée du tunnel centre-trente-quatre, Ahnour retint Ceylan quelques instants.

— Puisque sa Majesté me fait l'honneur de m'accompagner, je préfère prendre le moins de risques possible. Nous n'allons pas y aller seuls, je veux des hommes avec nous. De préférence, qui connaissent particulièrement la zone où nous nous rendons. Veuillez m'attendre un court moment, je vais réclamer l'équipe qui officie sur celle-ci en ce moment.

Ceylan acquiesça d'un signe de tête et l'observa se rendre auprès d'une poignée de quatre hommes, occupés à tracter un petit chariot empli de minerais. Il n'entendit pas les mots qu'ils échangèrent, mais compris que les travailleurs acceptaient la requête de l'adolescent. Il les regarda rassembler quelques affaires, parmi lesquelles des lanternes et des gourdes d'eau qu'ils passèrent en bandoulière autour de leurs cous, et les accueillit avec le sourire.

Quand ils furent devant la reine, les hommes s'inclinèrent dans un profond salut.

— Nous sommes à vos ordres, Majesté, dirent-ils en chœur.

— Pas aux miens, répondit Ceylan en souriant, à ceux d'Ahnour. En ce qui me concerne, je ne serai là qu'en témoin. Je m'en remets à vous.

Ces humbles propos furent suivis d'une légère inclinaison de son corps qui surprit les mineurs. On leur avait pourtant dit que la reine était un homme calme et respectueux, mais ce n'était pas la même chose de le voir en vrai. Ils en furent touchés.

— Ne traînons pas ! ordonna Ahnour. Sa Majesté n'a pas toute la journée.

À son commandement, ils pénétrèrent le boyau et s'enfoncèrent dans les profondeurs. Ceylan jeta un coup d'œil en arrière et, à mesure que la distance se creusait, vit disparaître l'entrée lumineuse. Bientôt, il ne resta que les ténèbres que crevait la lueur des lanternes. Les flammes dansantes projetaient des ombres tremblantes sur les parois. Le son des pas résonnait contre la pierre. Le chemin paraissait ne plus en finir et semblait prêt à se refermer sur eux. Par moment, le groupe pouvait entendre le son lourd de chariots tractés dans les autres conduits.

Ahnour avait eut une bonne idée en voulant en relier deux pour former un nouveau passage, mais Sekmar avait été bien avisé de lui demander de vérifier la solidité de la roche. Ceylan ne s'y connaissait pas particulièrement dans ce domaine, pourtant, d'instinct, il pouvait dire que les parois étaient d'une finesse affolante entre chaque artère. À dire vrai, il percevait même d'étranges sensations, pareilles à des frissons ou à des vibrations traversant tout son être. Il se sentait à la fois en harmonie avec ce lieu, et incroyablement tendu. Le cœur serré, il aurait presque juré éprouver la souffrance de la terre, prenant plus que jamais conscience de la fragilité du dédale tout entier et du danger omniprésent y régnant. Ankhanet était un château de cartes qui n'attendait qu'un souffle léger pour s'effondrer.

Quand ils atteignirent la zone à vérifier, Ahnour et l'ensemble des ouvriers s'attelèrent aussitôt à faire les vérifications demandées et à établir quelques calculs. Toutefois, au bout d'un bon quart d'heure à peine, quelque chose attira plus particulièrement l'attention de Ceylan. Le nez levé vers le plafond, il remarqua la présence de plusieurs fins filets de poussière qui commençaient à s'écouler vers le sol. Son sang ne fit qu'un tour.

— Tout va s'effondrer ! s'écria-t-il.

Toutes les têtes se relevèrent à l'unisson. Un ouvrier eut à peine le temps de confirmer ses soupçons que la terre se mit à trembler, suite à quoi, il exhorta l'ensemble du groupe à rejoindre la sortie au pas de course.

Djinns ( Boy's Love / MxM )Where stories live. Discover now