Partie 6

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- Tonton! On peut jouer aux échecs?

- Si tu veut mon cœur.

Je m'avance, et m'assoie  à côté d'eux. Tandis que la petite fille aux cheveux noirs va chercher le plateau et les pions, je demande son nom au gars.

- Jules. Et toi?

- Appelle moi Lise.

- Mais comment tu t'appelle vraiment?

- C'est qui cette petite fille?

questionnai-je en regardant vers elle qui s'affairait autour d'un meuble.

- C'est ma nièce. Ellianne.

- Elle est ici pour les vacances?

- Non. Sa mère est probablement morte. D'ailleurs elle avait les mêmes cheveux que toi.

- Ah. Et son père?

- Jamais connu.

- ...

Ellianne revint vers nous, le plateau dans ses petites mains.

- Dit tonton? C'est qui?

- Tu peut m'appeler Lisa. Tu a quel âge ma petite?

- J'ai 3 ans!

- Et tu joue aux échecs à 3 ans??

- Ouii!

Jules sourit en me chuchotant.

- Elle ressemble à sa mère. Et elle est hyper mature pour son âge.

- C'est plus qu'être mature à ce niveau là..

Pendant que Ellianne est concentrée sur le prochain coup qu'elle devrait jouer, je parle un peu avec Jules.

- Elle doit avoir le même âge que ma fille. Je suis sûre qu'elle se seraient appréciées.

- Tu as une fille? Pourtant tu es encore très jeune pour ça!

- Tu sais, les viols sont encore d'actualité. Même les viols sur mineurs.


Après avoir continués à parler, je vais dans la cuisine. J'éteins le gaz sous la bolognaise et les pâtes, et vais prévenir les mecs que le repas est près.

Celui qui m'avait regardée avec dégoût lors de mon arrivée prend la parole.

- Qui t'a dit que tu pouvais nous adresser la parole salope?!

- Et qui t'a autorisé à me traiter de salope?

répondis-je calmement

- Parce que j'ai besoin d'un autorisation pour dire la vérité?

- Sale chien!

En entendant ça, le gars s'approche dangereusement de moi, sors son gun, enlve la sécurité et met le doigt sur la gâchette.

- Tu crois que tu me fait peur salopard? Eh bah vas y! Tire si t'en as les couilles! Oups! Désolé j'avais oubliée que t'était trop peureux pour tirer sur une pute.

En le voyant serrer les dents, je souris et continue.

- Oh excuse moi! J'ai offensé le petit fils à papa?! Tu veut aller pleurer dans les jupes de ta mère?!

- Mon père est mort!

- Mon pauvre! Ça a du être difficile pour toi mon chou!

J'attrape le canon de l'arme et la pointe au milieu de mon front.

- Tu croyais vraiment que j'allai te dire ça? Tu n'est qu'un connard de merde! Ta mère est toujours vivante hein? Est ce qu'elle sait que tu deale et que tu te trimballe toujours avec une arme sur toi?

Le mec se recula étonné.

- Comment ça que je deale?

- C'est pourtant simple! Vous puez tous la drogue! Et même si vous vivez dans un appart, tous vos meubles valent une fortune. Donc à moins que vous soyez avocat, ce que je crois moyen, vous ne pourriez pas être aussi friqués.

Voyant qu'il ne me menaçait plus, je me retourne et vais m'asseoir à table. Les autres me suivent. Pendant le repas, tout le monde se tait. À la fin, j'en ai marre.

- Putain mais pourquoi personne ne parle merde?!

Nicolas me regarde et daigne enfin à parler.

- Tu es beaucoup plus vulgaire depuis que Orielle est partie, tu te bat très bien pour une fille de ton âge, et tu arrive à déduire des choses d'une façon incroyable.

Je les regarde tours à tours.

- Vous êtes sérieux? Juste pour ça? Pourtant c'est simple. J'ai pas envie qu'Ori' devienne comme moi, donc je dois lui montrer le bon exemple. Et ensuite oui je sais me battre et j'arrive à savoir des choses plus facilement que certaines personnes tout simplement parce que je vis à la rue. Et qu'il faut se défendre, ainsi que d'essayer de ne pas tomber dans les pièges des plus sournois.

Le soir, vers 9 heures, Nicolas vint me voir pour me dire qu'on allait chercher Orielle.

On descend les marches de l'immeuble, et arrivés dehors, on commence à parler un peu.

- C'est pas ta sœur hein?

- Si tu veut savoir si elle est du même sang que moi, non. Mais c'est la seule famille que j'ai.

On continue en silence un petit moment.

- Comment vous vous êtes retrouvées à la rue?

- Pour elle, ses parents sont morts, et sa famille d'accueil l'a abandonnée.

- Et pour toi?

- Pas envie d'en parler.

- Alors dit moi au moins ton nom.

- Non.

- S'il te plaît!

Après avoir du écouter ses supplications pendant au moins 1 minute, on arriva au point de rendez-vous que j'avais donné à ma petite sœur.

Là, on voit une petite forme assise sur le bord du trottoir. Je m'avança, et vis Orielle la tête dans ses genoux. Je m'approchait un peu plus, et vint lui toucher l'épaule. Elle sursauta, et se mit directement sur ses pieds en position de défense.

SœuretteWhere stories live. Discover now