73.Adam♤

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-Ezra! Adam ! j'étais morte  d'inquiétude ! Vous étiez où ?Vous avez séché les cours hier  ? et vous avez passez la nuit dehors ? !  J'en reviens pas ! Adam ! Je t'ai appelé au moins cinq cent fois sur ton téléphone ! Ta grand mère a voulu appeler la police !Mais vous vous rendez pas compte ! C'est n'importe quoi, ce que vous faites ! Sécher les cours et partir en escapade, et puis quoi encore, vous voudriez pas non plus vous déscolariser ? Non mais c'est pas possible, Adam, je t'ai répété au moins mille fois, les cours, c'est important ! C'est pour décrocher un diplôme et avoir un travail ! Non mais j'hallucine ! Vous étiez où ? Vous faisiez quoi, encore ? Ezra, j'ai rien contre toi mais si c'est pour sécher les cours et entraîner mon fils dans des mauvais plans, c'est pas la peine, tu fais ça toute seule !! non mais ça va pas, la tête ! Vous étiez où ? Avec qui ? Vous étiez plusieurs ? Vous n'avez pas consommer de drogues, j'espère ? Répondez quand je vous parle ! Et vous avez vu l'heure qu'il est? ! C'est n'importe quoi, du grand n'importe quoi !

La suite, j'écoute pas. Ça devait arriver.Ezra est recroquevillé sur elle même, comme une gosse qu'on punit et qu'on envoie au coin dans la classe, comme une ado qui vient de se faire chopper en train de fumer sa première clope, elle a honte.

Et moi, je me marre en silence.
C'était bien. On a passé ma nuit avec des étoiles dans les yeux... dans une ville inconnue à des kilomètres de là.Nous avons passé une merveilleuse nuit .Avant de venir chez moi , on a traîné en ville…. Et puis on est rentré crevés et on est tombé sur ma mère, qui a viré du blanc-inquiétude au rouge-vif-colère en un temps record.

- Plus jamais ! Tu m'as bien compris, Adam ?

Je me retrouve avec Ezra, qui est encore debout à  l'entrée. J'aimerais bien avoir le courage de prendre une douche brûlante, de me changer, de me mettre sous les couvertures, de lancer un film sur l'ordinateur portable, mais j'ai la flemme de tout.

Alors je m'effondre sur le canapé. Je me laisse retomber.

Ça sonne à la porte. Rapidement, je dresse une liste de toutes les personnes susceptibles d'être là, dehors. Il y a : les voisins ? l'assistante social d'Ezra ?un facteur qui nous apporte un colis? J'ai la flemme d'y aller. Ezra est debout, elle retire sa veste, l'accroche au porte-manteau dans l'entrée, j'en profite pour lui crier :

-Ez, tu peux aller ouvrir, t'es pas loin de la porte, s'il-te-plaît ?

-T'es chiant, Adam.

Mais je ne souligne pas son commentaire parce qu'elle est en train de se diriger vers la porte et ce serait con qu'elle change d'avis maintenant.

Et puis, j'entends une voix, féminine, que je connais. Je sais que je la connais. C'est Betty .Elle. Chez moi. Devant Ezra. L'une en face de l'autre. Je me fige. Comme eux, sont figés, probablement, bloqués l'une sur l'autre avec des yeux comme des soucoupes et les mains qui se mettent à trembler de surprise.

Je m'enfonce un peu plus dans les coussins du canapé comme s'ils pouvaient m'engloutir avec eux.

Et puis, Ezra marmonne quelque chose, en bafouillant, en buttant sur les mots, qu'elle a du mal à prononcer, ça me fait mal au cœur, mais le pire dans tout ça, c'est le ton qu'elle emploie pour lui répondre.

-Euh, salut, je, désolé, tu voulais voir Adam je suppose, il est dans le salon à ta droi...

-Je sais, merci, je connais la maison.

-Désolé...

Elle s'excuse d'être ici, chez moi.

J'ai envie de m'enfoncer vingt mètres sous terre, de disparaître, de m'effacer, de m'exclure, de me gommer, de retirer chaque parcelle de mon corps, chaque particule, une à une, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Mais mon corps est un fardeau et il peut pas s'évaporer dans l'air, mon corps est un objet lourd dont je me passerais bien.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant