72.Eza♤

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On est trempé. Nos vêtements sont des éponges et ils nous collent à la peau. Nous nous sommes amusé dans l'eau .  Sa capuche grise lui cache le visage. J'entends juste ses éclats de rire. On court comme des fous sur le sable.

Il fait encore nuit.

La lune est présenté mais pas d'étoiles ce soir. Il commence à pleuvoir, la mer est jolie ,  les goûtes tombent dessus, dans l'eau, et s'éclaboussent entres-elles par centaine, par milliers. Le vent siffle dans mes oreilles, fort. On fait la course en gueulant.

On hurle tellement fort ,on s'en fou parce que la plage est déserte, la plage nous appartient exclusivement ce soir,  on la possède, on se la réserve, on laissera personne venir ici parce que c'est notre endroit, à nous. Rien que pour nous. Maintenant.

Putain ce que c'est bon de respirer pleinement. Comme des aveugles qui se mettent à voir. On refait le monde, on redécouvre les couleurs et les formes, ensemble, en courant.

En criant. Se retrouver ici tard le soir, c'est comme avoir retenu sa respiration toute la journée, avoir été en apnée continue dès le réveil et enfin tout lâcher.

Je pourrais pas expliquer pourquoi on rit autant mais on rit. On rit tellement qu'on peut plus respirer. On en pleure à moitié, mais nos larmes de rire se mélangent à la pluie.

Je pivote sur moi-même, ici on est hors du monde, hors de la ville, le temps s'est arrêté pour nous laisser vivre un peu.

Il me prend la main. Il affiche un grand sourire. Des sourires comme ça, je voudrais en voir le matin en me levant et le soir en me couchant.

Et à toutes les secondes qui s'écoulent entre les deux. On essaye de retrouver notre souffle. On est pas loin du phare.

Il me ramène contre son torse.

Je passe mes bras autour de son cou, sa peau est brûlante, inondée par la pluie. Par les torrents d'eau qui s'abattent sur nous.

Il pose ses mains quelque part sur mes hanches. Il fait attention.

Il veut pas me faire mal. Ses gestes sont maladroits. Délicats aussi.

Il frotte son nez contre mon cou. L'embrasse. Mordille chaque parcelle de ma peau.

-M'accorderiez-vous cette danse, Ezra MCcarty?

Il rit encore. Nos deux corps se rejoignent, et bientôt ne forment qu'un, comme si quelque part, ils étaient parfaitement accordés l'un à l'autre, comme si toute leur vie ils avaient été destinés à se rencontrer un jour, et à se serrer l'un contre l'autre.

On tournoie sur nous-même et la mer se confond avec le sable et le sable se confond avec les rochers et les rochers se confondent avec la mer et puis on tourne et on manque de s'effondrer.

Mais on repart. Encore. Sans s'arrêter. Parfois il faiblit. Mais je le rattrape.

Et il s'appuie sur moi. On vagabonde ensemble sous la pluie, on fait des tours, des rondes, en riant encore plus fort à chaque fois, souvent on se marche sur les pieds, on trébuche, nos mains glissent, et on se redresse, en s'accrochant encore un peu plus fort.

J'ai l'impression d'avoir bu des litres et des litres d'alcool pour être aussi heureux, pour être aussi ivre de bonheur, pour être dans un état aussi loin de la réalité, de mes pensées noires du quotidien. Et dans mes veines, et dans ma tête, et dans mon sang, dans mon cerveau, il y a cette passion qui enfle, qui m'encombre, qui m'emporte.

Juste entres amoureux.

On rit, on chante et, aussi, on vit, on vit vraiment. Je pensais pas qu'on pouvait vivre autant. Je pensais pas qu'on pouvait aimer aussi fort. Je pensais pas qu'un jour, je pourrais chuchoter que je suis amoureuse au creux de l'oreille de ce mec-là.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant