53.Eza♤

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Parfois j'ai peur et je ne sais pas lutter contre ça. J'ai peur, je ne sais pas d'où ça vient, ça remonte de loin et ça me prend moi tout .J'suis pas assez bien, que je suis pas comme il faut, que j'ai pas le droit d'être heureuse. Parfois j'ai peur et je voudrais qu'on m'oublie, qu'on me laisse dans un coin, ou bien alors je voudrais arrêter de penser, faire taire les voix dans ma tête. Parfois même je voudrais mourir mais cette pensée fait tellement mal que je la fais disparaître le plus vite possible.

-Ezra , tu pleures ? Pourquoi tu pleures ? me demande t-il

Je ne veux plus être une étiquette. Je veux retrouver mon prénom. On m'a volé mon identité, on l'a choisi à ma place.

-Ezra? Pourquoi tu pleures?

-Je ne pleure pas.

- Si.

-Non.

-A quoi pensais-tu?

-A.. à rien.

-Tu peux me le dire, à moi.

-Non je....ce n'est rien.

-Quand tu voudras me raconter, je serai là.

-Adam?

-Oui Ez?

-Pourquoi les gens autour de moi ne m'aiment pas?

Il me regarde un long moment, me fixant et fini par me sourir.

-Les gens t'aiment Ezra.

-Non.. ils ne m'aiment pas.

-Pourquoi penses-tu cela?

-Je les vois.. Ils me regardent tous d'un air dégouté, personne n'ose m'approcher.

-Ne penses-tu pas tout simplement, que c'est toi qui n'ose pas t'approcher d'eux?

-J'ai peur.

-Il ne faut pas.

-Je n'arrive pas à les affronter.

-Il le faudra bien un jour, tu sais.

-Non.. je.. non.

-Du calme, Ezra.

-J'ai l'impression.. d'être le seul ainsi.

-Comment, ainsi?

-La peur.. des autres. De ne jamais réussir ce que j'entreprends. D'avoir sans cesse des phobies qui ne s'arrangeront pas.

-Ne pas réussir? Ezra tu es la personne la plus fabuleuse qu'il soit.

- Ces personnes-là ne me connaissent pas. Elles ne me jugent..

-Laisses-moi continuer Ez. Tu parles de phobies, mais tout le monde en a. Tout le monde a peur de quelque chose, moi y compris. J'ai peur du feu , j'ai peur des endroits serrés par exemple. J'ai même peur de mourrir.

-Mourrir? C'est la chose qui m'effraie le moins pourtant.

-Ne dis pas ça, tu es utile à la société.

-A la société? Pourtant je ne lui parle même pas, à cette société.

-Ezra ce n'est pas une peur d'avoir la phobie d'être avec d'autres personnes. Ou du moins ce que toi tu ressens. Je te connais, je sais ce qui cloche. Tu n'as pas confiance en toi. Tu as peur d'être jugé par ces personnes. Tu as peur du groupe d'adolescents qui viendra te contredire, et t'humilier pour te montrer qu'ils valent plus que toi alors que tu es dix mille fois plus important qu'eux. Tu n'as pas peur des personnes, ou même de la société. Tu as peur de ce que les gens pensent de toi, et ce n'est pas bien. Il faut que tu vives ta vie, tu ne peux pas attendre une éternité pour enfin te familiariser aux autres.

-Je n'y arrive pas.. j'ai peur Adam. Je ne pourrais pas le faire seul.

-Alors je serai avec toi. Comme toujours. Je t'aiderai à traverser les moments délicats, je te protègerai face aux personnes ingrates. Ne t'inquiète pas…

 Il me regarde si profondément, il a simplement l'air inquiet pour moi.

- J'en ai marre Adam, de ne pas me sentir en sécurité. De ne pas me sentir vivante, je suis obligé de survivre parfois. Je ne me plains jamais, je sais que d'autre sont pires que moi, mais je ne suis pas bien. Pour une fois, je me sentais à ma place...

-Où ça?

-D..dans tes bras. Je me sentais protégé, en sécurité. Je sais que c'est bizarre, je suis désolé de te dire ça mais-"

Une pression s'abat sur ma bouche. Il m'embrasse soudainement, me coupant de mon supplice oral et irréfléchis. Ses lèvres collées aux miennes, me provoquent des frissons qui parcourent mon corps entier.

Il met fin au baiser

Je sens son doigt passer sur mes lèvres .

- Si tu veux te reconstruire, alors fais-le avec moi.

Ce n'est pas une supplication, ni une prière. C'est un ordre. Adam m'ordonne de rester à ses côtés. Et mon cœur m'impose la même inquisition. Je me surprends à secouer la tête, devant le choix que l'on me demande de faire. Un nouveau départ ou une continuité :

Je reste silencieuse. Je ne m'éloigne toujours pas de lui, sentant la chaleur de son corps, l'aura s'en émanant. Ses mains passent sur ma taille et je sursaute. Je sais que lui aussi repense à mon viol mais il ne les enlève pas.

- Je t'aime, Ezra.

Et alors, ces mots se transforment en chaîne. Je ne l'ignorer. J'ai besoin de lui . Nos lèvres se rencontrent à nouveau.Peut-être qu'une larme se met à couler sur ma joue, peut-être qu'elle roule jusqu'à mon menton.

- Je t'aime Adam .

Et cette fois ci ces mots était bien réel , je les avaient enfin prononcé de ma bouche.

《L'unique remède à la dépression est l'amour, seulement l'amour.》

A suivre

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant