51.Adam

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Il s'est passé quelque chose de bizarre aujourd'hui. Quelque chose de vraiment bizarre. De vraiment très bizarre. Ok, j'arrête avec le mot bizarre. Mais je fais que d'y penser et ça ne veut pas sortir de ma tête.

 C'était pendant mon heure notre.m heure de permanence, Ezra était là. D'habitude elle va à la bibliothèque. Mais elle était là. Exactement à la même place que moi. Évidement ous n'étions pas que deux. Je me concentrais sur elle. Je n'arrivais pas à décrocher mes yeux de ses tresses abîmées, de ses cernes et de son regard vide. Alors qu'elle n'en avait rien à foutre de ma présence. Je crois qu'elle fait ses devoirs et j'avoue m'être posé la question, m'être demandé pourquoi faire ses devoirs ici alors qu'elle pourrait les faire chez elle dans sa chambre, à son bureau ou allongé sur son lit. Mais je n'ai pas cherché à comprendre. Ezra est trop compliqué. Elle a des réactions tellement déplacées comme me dire « casse-toi  » lorsqu'elle m'en veut  et qu'elle ne veut pas discuter ou parfois elle tout simplement perdu dans ses pensées au point de ne plus rien voir ni rien entendre, il est souvent inutile d'essayer de saisir quoi que ce soit.

Je la fixais sans prêter attention à la surveillante, aux autres élèves et au bouquin que j'avais commencé à lire.
J'ai passé la première heure comme ça. Sans savoir pourquoi, sans même essayer d'arrêter, sans lutter pour rapporter mon attention ailleurs. Parce que mon regard se reportait irrémédiablement sur elle de toute façon. Quoi que je fasse. C'est vrai qu'au début, j'ai essayé de me concentrer sur autre chose, ou sur mon pseudo couple avec Betty mais y avait rien à faire, comme si mon esprit se rattachait à elle involontairement.

Et à la fin de la première heure, elle  s'est levé pour sortir. Comme ça. Elle a rangé ses classeurs dans son sac, balancé sa trousse et m'a jeté un regard. C'était le tout premier depuis le début de la journée. Elle m'ignore complément depuis un certains temps . Sauf que là, elle a juste dirigé ses yeux en m'a direction et m'a fusillé du regard. Littéralement. Et je suis resté bouche bée.

Elle m'a regardé tellement méchamment que ça m'a bloqué. Complètement bloqué.

Ça n'a duré que quelques secondes mais je me rappelle encore bien distinctement de la force avec laquelle elle m'a regardé. C'est simple : on aurait dit qu'elle allait me tuer sur place. Qu'elle me détestait comme elle n'avait jamais rien détesté autant. Ce regard était si différent de la nuit ou nous nous sommes embrasser,  j'en ai perdu le souffle. J'ai été incapable de réfléchir pendant l'heure qui a suivie.

Elle me lance un regard noir, non. Juste, non. Je n'arrive pas à comprendre. Je n'arrive pas. La nuit, elle me paraît tellement plus rassurante, tellement plus différente, je refuse de croire que c'était elle. C'était pas Ezra, ça. Ou du moins, c'était pas la fille que je connaissais, celle qui m'a regardé de cette façon-là.

Je lui en veux. Je lui en veux, et c'est involontaire. J'ai besoin de comprendre. J'ai besoin de savoir. D'être dans sa tête, même une seconde.

J'ai besoin de discuter avec elle et d'éclaircir les choses. Au moins, lui demander si réellement elle ne m'aime pas. Juste cette fois . J'arrêterais de l'embêter, après. Je la laisserais. Mais j'ai besoin de savoir.

Alors sans plus attendre, je sors de la salle et me précipite dans les couloirs pour la rattraper dehors. Il pleut la route est tellement glissante que je manque de tomber cinq ou six fois.

J'ai peur de la voir et qu'elle me repousse, encore,  qu'elle m'envoie chier ou qu'elle refuse de me parler.

 Mais j'y vais quand même. Je respire. Je me calme. Je prends sur moi. Je suis conscient qu'il ne faut pas la brusquer, pas l'énerver et pas lui en demander trop pour un soir.

Il faut que je garde bien ça en tête et que je n'oublie pas qui elle est. Surtout pas.

-Salut Ez.

Elle attend devant l'arrêt de bus et tourne lentement la tête vers moi. Elle ne me répondra pas. Je parle dans le vide mais j'essaye de ne pas y faire attention.

-Tu comptes m'expliquer ?

Non. Elle ne compte pas m'expliquer, non. Visiblement pas, puisqu'elle  replonge le nez dans son téléphone et semble prendre un malin plaisir à me laisser crever de douleur,
d'incompréhension et de tous ces sentiments absolument incontrôlables qui me trouent le cœur et me déchirent la poitrine.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant