Chapitre 5

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Le lendemain matin, Woosung se réveilla comme à son habitude pour aller au studio et retrouver son groupe. Il ne fut pas surpris de voir qu'il n'y avait plus personne dans sa chambre à coucher. Hayun était partit tôt ce matin là, et elle avait fait comme toujours de son mieux pour ne pas faire de bruit et déranger le sommeil de son petit-ami. Mais Woosung aurait préféré qu'elle le réveille, au moins par inadvertance. La scène de ménage qui s'était passé dans la nuit ne lui avait pas plus. Il aurait aimé se faire pardonner hier, mais toutes ses forces c'était vite envolé comme une nuée d'oiseau une fois devant la porte. Il s'était sentit comme un terrible idiot tout seul allongé dans son canapé. Voilà pourquoi il aurait aimé qu'elle fasse du bruit pour le réveiller, car il voulait se rattraper de sa faiblesse. Le soir il la retrouva, mais cette dernière était déjà couchée, profondément endormis. Il ne prit même pas la peine de la réveiller doucement et tendrement, lui qui ne lui avait pas toléré la tendresse qu'elle voulait lui apporter alors qu'il voulait dormir l'autre nuit. Il avait peur des faux pas et de tout faire à l'envers. Commença alors de nombreux jours comme celui-ci où les deux amants ne faisaient plus attention à ce qu'il formait. Hayun ne se donnait même plus le courage de lui envoyer un message pour savoir comment il allait. Elle avait peur de revoir les mauvaises humeurs du jeune homme lui retombé encore une fois dessus, et leur dernière conversation résonnait encore trop fort dans son cœur pour retrouver ce genre discussion. Il ne voulait plus de ses gestes ? Il la repoussait ? Alors elle ne lui donnerait plus d'attention.

Parfois elle se disait qu'elle vivait avec un inconnu, presque un colocataire. Chacun avait sa vie de son côté et ne partageais qu'à eux deux le loyer d'un appartement. Un inconnu, qui étrangement elle connaissait depuis dix ans. Elle en venait à douter d'elle-même pour qu'il la rejette ainsi, se demandant si elle lui suffisait toujours assez pour que leur couple batte autant de l'aile. Hayun prenait alors durant ces derniers jours son mal en patience. Une patience qu'elle crut élastique, jusqu'à ce qu'un soir, après être rentré du travail, elle comprit que Woosung ne faisait rien de son côté pour aussi remédier au problème. La laissant encore seule ce soir. Seule pour diner et seule pour se coucher. Hayun déposa alors ses affaires et changea de tenu pour vite sortir chez elle. Une chose est sûre, c'est qu'elle préférait être seule avec son esprit dans les rues bondés de passants, que d'être seule avec son esprit dans un appartement plus silencieux que l'absence.

Elle s'arrêta alors dans le bar là où elle avait pour habitude d'aller avec des amis et même avec Woosung pour se retrouver. C'était un endroit qu'elle aimait juste pour les bons moments passés attablé à rire et plaisanter. Il n'y avait aucune onde négative ici qui pouvait la traverser, contrairement à son appartement. Elle commanda un verre et se mit à rêver en regardant ce qui se passait à travers la fenêtre. C'était vendredi soir et tout le monde s'apprêtait à être en week-end. « Pas pour tout le monde » se disait-elle, mais cela ne la concernait pas directement quand elle y réfléchissait bien. Elle continua de flâner, ses yeux se posant sur chaque individu qui passait devant elle par hasard et elle se demandait ce pourquoi ils étaient venus faire ici. Les scénarios qu'elle s'imaginait était tous différents selon son imagination, et tous étaient des situations heureuses. Son esprit se sentait léger, insouciant de ce qui le préoccupait par le passé. Elle était seule parce qu'elle l'avait décidé, et non parce qu'elle en avait été obligée. Ce pourquoi elle n'avait pas invité Mirae pour la rejoindre. Déjà parce qu'elle avait besoin de se retrouver, mais surtout parce qu'elle voulait fuir les questions sur Woosung et elle. Elle n'avait pas quitté un instant ces mauvaises ondes pour les retrouver avec des choses plus plaisantes.

Puis on vint perturber le cours de sa rêverie. On venait de s'asseoir juste en face d'elle. C'était un homme qui semblait aussi jeune qu'elle. Il lui offrit un sourire timide avant de porter un verre à ses lèvres tout en scrutant ce que Hayun se plaisait à admirer. Puis il posa son verre en face de celui de la jeune femme avant de plonger ses yeux dans les siens.

-Quelqu'un te plait à travers cette fenêtre pour avoir une si douce expression ? Si tu me permets de te parler ainsi, demanda le jeune homme d'un ton très calme et suave.

Hayun baissa les yeux, et eut un sourire gêné en entortillant légèrement ses doigts comme une petite fille timide.

-Il n'y a pas de problème pour ton langage. Et tous ses gens me plaisent en réalité. C'est idiot, mais je me plais à imaginer leurs vies. De belles vies.

-Tu dis ça comme-ci la tienne ne l'était pas, lui répondit-il songeur.

-C'est surtout que je ne le sais pas. Je me demande si elle redeviendra belle comme elle l'a été pendant des années, ou si elle plongera encore si tout ce qui se passe ne rentre pas dans l'ordre. Ce qui m'effraies est la deuxième solution.

-Qui n'est pas effrayé de se noyer dans le malheur, plaisant-il avec légèreté pour faire sourire la jeune femme qui avait perdu ces beaux traits. Problèmes de famille ? D'amis ? De couple ? D'argent ?

Hayun rit discrètement de toutes les questions qu'il lui avait servis avec inquiétude, alors que lui et elle ne se connaissait pas. Pourtant, cette inquiétude soulignée de curiosité ne la dérangeait pas.

-De couple, avoua-t-elle faiblement en fuyant son regard. Sa vie professionnelle est un peu différente de la mienne mais ce n'est pas la première chose qui nous fait le plus défaut. Ça fait longtemps qu'on vit avec se décalage lui et moi et se n'est pas l'habitude de vivre ainsi qui nous dérange. Chacun savait se qu'il encourait, et nous avons réussis à marcher ensemble ainsi pendant tout ce temps. Seulement, ces derniers temps, bien qu'il sache vivre sous toute cette pression, il est devenu différent. J'en viens même à me dire que le problème vient plutôt de moi que de son travail. Mais je n'ai pas l'impression d'avoir été plus « envahissante » comme il a su me dire un jour. Ce dont j'ai peur, c'est de ne plus être celle qui lui convient. J'ai l'impression qu'il me fuit de plus en plus quand je veux m'occuper de lui, d'où ma mauvaise pensée, mais ce ne sont que des suppositions.

Le jeune homme en face de Hayun était absorbé par son récit, très attentif à ses moindres mots. Hayun se sentait quant à elle plus légère. Evacuer ces soucis dans cette conversation lui donnèrent un nouveau souffle et les idées plus claire, elle qui ne voulait pas en premier lieu en parlé avec son amie. Le fait que l'homme était un pur inconnu en était même plaisant, lui qui ne la coupa aucunement, la laissant déverser ses préoccupations tout en tendant l'oreille.

-Cela te fait vraiment peur ?

Hayun avala sa salive. Si tout pouvait arriver en ce moment dans son couple, alors oui, elle en avait très peur.

-Eh bien, je n'ai connu que lui, il est le seul homme de ma vie. Le seul qui m'ait rendu heureuse toutes ses années depuis le lycée. Alors me retrouver seule sans lui me fait très peur. Rien que là, je le sens très éloigné de moi, alors que je sais qu'il travail et qu'il est dans ses obligations mais se sont les mots qu'il a eu qui l'ont éloigné.

L'inconnu posa alors une main sur celle de Hayun qui tricotaient depuis tout à l'heure le file d'une pelote de laine invisible. Sa chaleur était rassurante et ses fins doigts couvraient avec compassion les mains de la jeune femme.

-Je ne pense pas que ça soit ton amour qui ne lui suffit plus. Je pense qu'il a atteint le plus haut point de ses préoccupations dans son travail, et que la moindre chose qui le détourne de ses pensées occupées ne l'énerve. Au point d'oublié qu'il n'est pas le seul à avoir des soucis, et que d'autres sans font pour lui. Je serais d'avis de dire d'attendre et de le laisser faire, qu'il reviendra bien une fois la tempête de ses émotions passées. Mais parfois c'est en ne faisant rien qu'on passe à côté de vraies opportunités. Alors c'est à toi de voir si tu veux laisser ton couple dans la monotonie, ou te battre pour soit tout perdre ou soit tout gagner, en plus beau de ce que tu pouvais avoir avant. Mais tout dépendra de vous deux.

Hayun secoua la tête, le regard pensif tout en baissant les yeux.

-Hey, lui dit-il calmement dans un sourire en lui serrant les mains. Je ne vois pas pourquoi votre couple soudé depuis si longtemps devrait tomber demain ! Si rien est encore trop grave il faut juste se dire les choses en face comme tu viens de le faire et se pardonner l'un l'autre!

Hayun eut un sourire entendu et ils restèrent tout deux une demi-seconde à se regarder dans les yeux, avant qu'un autre jeune homme appel son inconnu à le rejoindre expressément. Hayun le laissa alors partir sans lui en vouloir de la laisser tomber. La conversation lui avait assez satisfaite, et avait eu comme effet de panser un peu son chagrin naissant.
Elle ne voulait pas laisser tomber son couple.

Young Blood | THE ROSE - WoosungLisez cette histoire GRATUITEMENT !