41.Adam

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Ellipse 

Je suis malade comme chien . Je n'ai pas été en cours aujourd'hui. parce que ma mère a jugé préférable de me garder un jour de plus pour être sûr que je ne transmettrai pas le virus, sauf que, du coup, j'ai passé la journée à ne rien faire.

Absolument r-i-e-n. Alors j'ai attendu, les bras croisés, que le temps passe, que les heures tournent. Lentement. Allongé sur mon lit en fixant mon plafond. C'est fascinant, un plafond. Puis je me suis mis à fixer autre chose. Genre, mes photos de famille. Et ça m'a pas aidé non plus parce que j'ai réalisé que j'étais toujours au fond de la photo, à tirer la gueule parce que les photos de famille sont en général prises à des fêtes insupportables. Donc j'ai cherché autre chose, j'ai balayé ma chambre du regard, et je suis tombé sur une photo de moi petit jouant une fille. Je me souviens, cette photo, on l'avait prise dans un parc mais je ne me souviens pas de cette fille qui jouais avec moi , ce jour là . On avait surement le même age , elle a du changer depuis le temps . j'espère que sa vie est plus joyeuse que la mienne...

// Jour suivant

Encore malade . Je suis fatigué. Je suppose que c'est parce que j'ai pas dormi cette nuit, ou en tout cas super mal, du moins quand je réussissais à fermer l'œil, même si ça durait une demi-heure. Je suis fatigué, pas comme si j'avais envie de dormir, mais plutôt comme si je pouvais m'écrouler dans la douche. 

Je crois qu'en temps normal je suis le plus gros gaspilleur d'eau au monde .C'est pas comme si j'en étais fier. En fait, il s'avère que j'en ai même carrément honte, mais là, je passe à peine quoi ? Quinze minutes sous l'eau ? Et puis je réalise que si je sors pas très rapidement, je vais m'effondrer et ce serait con parce que personne le saurait jamais et je finirais par me noyer.

Et on retrouverait mon corps tout nu, tout mort, dans ma salle de bain et c'est pas vraiment l'idéal. Quitte à mourir, autant le faire dignement et c'est pas la plus belle mort au monde. 

Alors je sors, j'enroule une serviette autour de moi, et je m'arrête quand je passe près du miroir.

Parce que ce mec, là, c'est pas moi. Il y a la fatigue qui a creusé des cernes gros comme mon poing sur mon visage. La fatigue qui m'a rendu maigre, limite squelettique, peau sur les os. La fatigue qui m'a rendu pâle, pâle fantôme, pâle spectre, pâle zombie, il y a la fatigue, la fatigue, la fatigue. Et encore la fatigue.

C'est le seul truc qu'on peut lire sur moi : La fatigue. Je suis un bout de rien du tout, laissé à l'abandon, sur le bout de la route, qu'un vieux pépé a retrouvé au petit matin et qui, maintenant, ne peut plus se regarder dans la glace sans se dégoûter lui-même. Quand on dit qu'une bonne douche remet les idées au clair, c'est la vérité, jamais je n'ai été aussi lucide de ma vie : je réussis finalement à la perfection dans le domaine de me foutre en l'air....

Je sais même pas avec quelle force je réussis à rejoindre ma chambre mais une fois que je m'écroule sur le lit, j'ai à peine à fermer les yeux et laisser le noir m'envelopper pour que tout disparaisse à nouveau. Il n'y a plus de courbatures, plus de mal, plus de peine, plus de blessure, plus de coupure, plus de poitrine serrée et de gorge nouée, ni de mauvais souvenirs, parce que tout ce qu'il y a dans ma tête, là, maintenant, c'est du noir. 

Un noir bien profond, bien rassurant, qui m'entraîne de plus en plus loin. Souvent, je me demande si on peut se perdre quand on ferme les yeux, et je cherche un chemin, j'essaye de comprendre, de discerner des formes, des couleurs, mais il n'y a rien, juste du noir. 

C'est comme ça.

Soudain j'entend toqué à la porte  de ma chambre et souffle un " ouais "

A ma grande surprise, Betty est là. Je me demande pourquoi elle est là, elle. J'ai le besoin d'être seul en ce moment.

 -Betty ? qu'est-ce que tu fais ici?

-Et bien, c'est gentil de m'accueillir de telle sorte. Je suis venue parce que je te voyais plus au lycée.

-Je veux rester seul en ce moment, c'est tout.Ne t'inquiète pas pour moi .

-Depuis la soirée tu m'évite Adam.

-Ce n'est pas le moment, arrete .oublie ça.

Nous sommes tous les deux l'un face à l'autre, dans la chambre , quelques mètres nous séparent. La pluie tombe dehors . Je la fixe pendant une bonne dizaine de minutes, elle ne bouge pas  en évitant tout contact visuel avec moi.

Elle remarque que je la fixe, enfin, et pousse un léger toussotement .

- Je voulais juste passer du temps avec toi et..

Je la coupe et l'embrasse. Tout compte fait ça ne me dérangerait, j'ai eu des journée assez éprouvante et puis, elle est désespérément belle devant moi. Et elle m'aime, contrairement à Ezra.

Après ce long baiser où je lui ai presque mangé la bouche, elle se dégage de mon emprise.

" On n'est pas obligée de le faire Adam."

Je me lève et ferme la porte à clé.

-J'ai envie de toi maintenant.

Elle écarquille les yeux et sort son plus beau sourire. Betty n'est pas le genre de fille qu'on croit possible d'être avec moi. Elle n'est pas vulgaire, et n'aime pas se mettre en avant. Je crois que je ne l'a mérite pas, parce que je suis  qu'un connard .Je l'aime bien, mais malheureusement je ne suis pas amoureux d'elle, qui je crois l'est déjà. 

Je l'embrasse langoureusement et commence à enlever sont tee -shirt .

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant