Les Saison'nalités - Warren Winchester

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Et enfin, voici l'aventure du vainqueur masculin de cette compétition décrite par BadKenny !



Aujourd'hui allait être une longue journée.

Je me suis réveillé ce matin avec une sorte de mauvais pressentiment. Comme si je me doutais que quelque chose allait mal. Pourtant, le soleil illumine le ciel, il fait chaud mais cette chaleur n'a rien de caniculaire. Ajouté à cela que je n'ai plus à me réveiller à l'aurore pour emprunter le chemin de l'école. Cette journée devrait être parfaite. Et elle l'est...jusqu'à ce que je prenne mon téléphone portable et que je lise le message que m'a envoyé mon meilleur ami :

"Ce soir, on va à la fête de la musique et tu t'es engagé à venir ! Sois prêt à 19h mec !"

Et merde. J'ai totalement oublié ça. Certes, je me suis engagé à y aller mais je pourrais prétexter être malade ou trop fatigué pour y aller. Je me doute que ça marche connaissant l'obstination de mes amis. Après tout, pas plus tard que la semaine dernière, ce crétin de Thomas à réussi à me faire sortir de mon antre pour aller en boîte. Alors je n'imagine pas ce qu'il est prêt à faire pour cette fête si sacrée à ses yeux.

Je soupire car je ne me vois pas ne pas aller à cet évènement que j'ai en horreur depuis qu'elle n'est plus là.

Il est actuellement quatorze heures. Je passe alors tout le temps qui me sépare de cette heure fatidique à élaborer un stratagème qui m'éviterait d'y aller. Je prie même pour qu'il y ait une tempête et que la fête soit annulée. Je prie pour que l'un de mes amis ou moi-même tombions malade. En bref, je cherche une échappatoire. Mais rien n'y fait.

Plus les heures passent, plus je me sens mortifié. Comme si cette fête allait être mon exécution. Alors qu'il est presque dix-neuf heures, je fixe le cadran de l'horloge, préparé à partir malgré moi, où chaque balancement de l'aiguille me nargue.

Enfin sonne dix-neuf heures, Thomas rentre chez moi et il me traîne jusqu'à la voiture, de peur que je ne change d'avis entre temps. Je m'assois sur la banquette arrière en soupirant. Jessica, Bianca et Thomas parlent gaiement mais je ne les écoute pas. La seule chose que je remarque, c'est qu'il manque une personne.

Cette personne était l'une des personnes les plus importantes au monde pour moi. Elle a toujours fait partie de ma vie tout comme elle a toujours fait partie de celle de Thomas. Mais il semble préférer l'oublier. Je ne peux pas lui en vouloir, c'est plus simple pour lui. Cela l'aide à avancer. Il n'a sûrement pas tord mais je ne peux pas l'oublier.

Je soupire une énième fois lorsque nous arrivons au parc où se déroule la fête. En la voyant, j'écarquille les yeux.

L'heure de ma mort a sonné.

En effet, devant mes yeux s'étalent une ribambelle de personnes, attroupés autour d'une estrade. Pour l'heure, des chanteurs et musiciens peu connus s'aventurent à chauffer la foule qui se trémousse en contrebas. Sur le côté, il y a quelques stands de snacks et de boissons qui permettent aux fêtardes et aux fêtards de ne pas mourir de soif ni de faim. Une ambiance festive et légère plane dans le parc. Tout le monde danse, tout le monde rit, tout le monde s'amuse, tout le monde profite de la fête !


Tout le monde sauf moi qui aie peur de la foule. Le bruit et l'agitation ne m'aident pas à me calmer et cette adrénaline festive qui emplit les cœurs des autres emplit le mien d'angoisse et de peur.

D'un coup, le monde commence à basculer. Ce qui paraissait agréable devient pour moi un véritable supplice. Moi qui ne me rendait compte que de la foule, je comprends alors que trop d'espace sépare tous ceux qui sont rassemblés en ces lieux.

Moi qui respirais normalement il y a moins d'une seconde, je commence à suffoquer. L'air qui emplit mes poumons se raréfie et mon myocarde joue une symphonie trop rapide à mon goût. Sans que je ne m'en rende compte, mes jambes s'actionnent et mon corps entame une course effrénée vers le seul espace isolé de ce parc : les bois.

Après plusieurs minutes de sprint, mon corps s'arrête mais ma respiration demeure difficile. Cependant, un bruit de sanglots enfantins parvient à mes oreilles et cela a le don de m'apaiser.

Une fois totalement calmé, je m'aventure vers la source du bruit et je découvre une petite fille apeurée. Je m'accroupis pour me mettre à son niveau et lui demande d'une voix douce :

《 - Pourquoi pleures-tu ?

- J'ai peur, répond-elle en sanglotant.

- De quoi as-tu peur ?, demandé-je.

- Des gens là-bas...Yen a trop...et je me suis perdue...alors que je cherchais un endroit calme, geint-elle en reniflant. 》

Je l'observe tendrement. Nous ne sommes pas si différent l'un de l'autre. Si ce n'est que je suis grand contrairement à elle...Je devrais être plus grand que mes peurs...mais ce n'est pas le cas. Un éclair de génie traverse alors mon esprit et je réponds calmement :

《 - Si tu veux, tu peux monter sur mes épaules. Comme ça, tu seras plus grande que les autres pour retrouver tes parents.

- Vraiment ?, me demande-t-elle les yeux brillants.

- Bien sûr, lui réponds-je en souriant. 》

Elle essuie alors rapidement ses yeux et elle grimpe tranquillement sur mes épaules. Je tiens ses chevilles en me relevant, pour éviter qu'elle tombe, ce qui lui arrache un puissant cri. Ce cri de frayeur se tait rapidement et je me mets à marcher vers cette foule qui renferme toutes les peurs. Mais je dois aider cette petite.

Je me rapproche donc vers le lieu que j'avais si prestement quitté. A la limite des bois et de la plaine où se trouve la fête, mon corps se crispe tout comme le petit corps qui trône sur mes épaules. Je reprends alors rapidement mes esprits et je pars à la recherche des parents de l'enfant qui attendent près de la scène d'après le message qu'ont diffusé des haut-parleurs. Je monte alors sur la scène, mal à l'aise et la petite fille rejoint ses parents qui me remercient chaleureusement. Je leur souris mais avant de partir, la petite fille me tire par le bras et m'affirme gaiement :

《 - Grâce à toi, j'ai plus peur ! T'es un super héros !

- Oh non, je suis juste une personne comme une autre, réponds-je en souriant.

- Nah, pour moi, t'es un super héros !

- Bon bah va pour le super héros, m'incline-je en ébouriffant ses cheveux.

- Mes cheveuuuuuux !, proteste-t-elle. 》

Alors que j'allais plaider non coupable, une tempête brune nommée Bianca m'entraîne loin de la fillette. J'ai à peine le temps de faire un coucou d'au revoir que je me retrouve de nouveau kidnappé par mes amis. Mais cette fois, je me sens apaisé et pour la première fois de ma vie, j'apprécie cette sempiternelle fête qui célèbre la musique.

Aidons nous ; Amusons nousWhere stories live. Discover now