Les Saison'nalités - Hortense Uita

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Au tour de notre seconde lauréate ! Découvrez l'univers enchanteur dépeint par _Ayumu_ pour ce bel été !



La Lυηαε du solstice venait de débuter. Hortense profitait d'une journée de repos, chose tellement rare qu'elle en avait profité pour fuir Ancandya et se réfugier dans les contrées plus fraîches de Bersta. Elle avait entraîné avec elle sa femme, qui ne s'était pas faite prier pour une journée en amoureuses.

Les deux Gardiennes se baladaient alors dans la troisième capitale d'Esyllt, Oowa, appréciant le décor aquatique du continent sous-marin. Soudain, un petit garçon les aborda, secouant près d'elle un prospectus bleu clair. Il leur les donna et repartit en courant.

On pouvait y lire dessus "festival des sirènes sur la place des perles !", chose qui intéressa énormément les deux épouses. Elles prirent la route vers la fameuse place, entendant alors une musique s'élever. Celle-ci augmentait de plus en plus à mesure qu'elles approchaient de leur destination. Le festival des sirènes était assez réputé. On n'y voyait pas de sirènes, malheureusement, mais la musique, la nourriture et toutes les activités proposées en faisait tout son charme. Elles furent happées assez vite par la foule ambiante et durent jouer des coudes pour se frayer un passage jusque sur ce qui semblait être une piste de danse.

Hortense attacha alors ses cheveux bleu, préférant les relever pour ne pas être gênée, et entraîna sa femme dans une danse un peu brouillon. Elles rigolaient toutes les deux, amusées par leurs pas maladroits. Front contre front, la Gardienne aux yeux noir se lâchaient complètement. Elle qui gardait toutes ses émotions (elle était chef de son équipe aussi, elle se devait de rester calme en toutes circonstances), elle pouvait enfin se laisser aller. Surtout qu'elle avait dans ses bras sa femme aux cheveux de feu qui ne se gênait pas pour l'embrasser. Elle y répondait avec joie, néanmoins.

Autour d'elles régnait une douce lumière bleu, qui se reflétait sur tous les corps présents. Ils semblaient auréolés, perdus dans ce qui aurait pu être un océan artificiel. Des poissons de toutes les couleurs nageaient au-dessus de leurs têtes, comme s'ils volaient, augmentant alors cette sensation.

La musique se fit plus forte, battant autour des danseurs et les faisant sauter sur le rythme effréné de celle-ci. Les esyllts savaient s'amuser, connaissaient la musique sous tous ses genres et utilisaient leurs connaissances pour faire en sorte que toutes les mélodies possibles parcourent toutes la ville. Ils dansaient à en perdre haleine et si vous aviez vu Hortense ce jour là, vous ne l'auriez pas cru. Elle tournait avec sa femme, son chignon bleu partant dans tous les sens et une bretelle de débardeur tombant sur son épaule blanche.

Qui aurait cru que la Gardienne de trente et un ans pouvait autant rire et danser ? Elle qui faisait tout pour garder contenance... Vous me direz, tout le monde a besoin de se lâcher, surtout quand on est sous une pression constante. La Gardienne de l'Evocation hésitait, pourtant, au fond d'elle même. Etait-ce une bonne idée de faire ça ? Elle qui, même au bout de tant d'années, n'arrivait pas à maîtriser complètement son cercle de magie. Elle pouvait très bien tout libérer sans le vouloir et tuer tout le monde dans une onde de choc dévastatrice.

Mais peu importait pour cette femme qui embrassait une nouvelle fois sa rousse. Elle savait que tout allait bien se passer.

La musique pulsait contre sa cage thoracique, son coeur battait la chamade et elle ne saurait dire pourquoi.

L'ambiance devenait de plus en plus chaude, quasiment toutes les personnes se rassemblant pour danser et se collant les unes contre les autres. Ils sautaient, tournaient, chantaient à tue-tête les paroles des musiques typiques de leur monde. Un orchestre jouait un rock très humain, tandis qu'une femme laissait sa voix transporter tout ce beau monde.

Ils dansaient, dansaient, dansaient, jusqu'à en perdre haleine.

Hortense se sentait terriblement bien, là. Elle tenait la main de sa femme, la gardant près d'elle, sautait sur des notes endiablées et oubliait enfin ce qu'était d'être une protectrice de son monde. Elle se sentait terriblement libre, entourée de tout ce monde. Elle était redevenue une simple esyllt, qui s'amusait en une chaude journée et regardait parfois les poissons au dessus de sa tête pour perdre pied.

Et sous ce plafond aquatique, près de ces musiques toutes étranges mais connues, la Gardienne se pencha vers sa femme et cria de sa voix pourtant toujours posée :

"On aurait dû inviter Calypso, lui qui dit toujours que je ne sais pas m'amuser !"

Sa femme rigola et lui cria à son tour :

" Penses-tu ! Je préfère que cette Hortense reste un mythe, au moins je peux la garder pour moi !"

Aidons nous ; Amusons nousWhere stories live. Discover now