Épilogue

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Mon père,

Je pense certainement que tu n'es plus de ce monde ; la dernière fois que j'ai aperçu ton visage, tu ne bougeais déjà plus, mais je tenais à écrire cette seule et unique lettre que je n'enverrais jamais, afin d'exposer une bonne fois pour toutes les évènements qui m'ont poussé à partir avec les prisonniers. Ce serait l'idéale pour ma conscience.

Il y a quatre ans, j'ai rencontré pour la première fois ceux que vous nommiez tous « Contemptibilia ». Et ce n'était pas un nom approprié ; ils n'étaient pas « méprisables ».

Ce soir-là, nous avons réussi à nous enfuir – non sans morts, à la grande tristesse de chacun. Vehuiah, les sœurs Malorane et Morgane et ma chère Frisette n'ont pas réussi à nous suivre jusqu'au bout. Et pour cela, je vous en veux, à vous, beaucoup, plus que jamais.

La citadelle était certes bien gardée, mais tout ce que vous possédiez était l'argent. Si j'ose dire, l'intelligence n'était pas omniprésente.

Nous avons rejoint l'Est de la ville aussi rapidement que nous l'avons pu (Seul Akihiro, le garçon sans expression, avait fait quelques repérages avant de nous rejoindre.) et, de là, nous avons fait connaissance avec Camille et Stéphane, deux personnes tout aussi extraordinaires que les autres, avec qui nous avons fait un long moment de route jusqu'au port de Felixstowe. De là, nous avons pris en discrétion un bateau pour Édimbourg, et enfin, nous avons pu nous diriger jusqu'au plaines centrales de l'Écosse.

Durant tout le voyage, James, notre blessé, a énormément souffert de ses blessures, il a frôlé la mort plus d'une fois, sans compter son constant mal-être dû à la perte de l'être, je pense, le plus important à ses yeux. J'ai appris d'Azurine qu'il s'agissait de sa fiancée depuis plus de deux ans. Il a été inconsolable pendant des jours et des mois.

Nous sommes arrivés au bout d'une semaine à cheval à notre destination. Et là, j'ai découvert tout un village. Un village, non pas humains, mais époustouflant. Il y avait là plus d'une personne aux admirables capacités. J'ai même pu découvrir que nos légendes avaient quelque chose de fondées, comme les sirènes ou les golems. Tout ceci était réel... Je n'en croyais pas mes yeux.

Camille et Stéphane m'avaient fait rapidement confiance, bien que je sois humaine, ils avaient même pu assister à mon hurlement face à la torture. Ils ne s'y attendaient pas. Et alors qu'ils avaient déjà un plan pour libérer les prisonniers, ils ont décidé de le changer afin de me rendre utile, au grand déplaisir d'Akihiro.

C'est eux qui m'ont défendu les premiers, face au village méfiant. Ils ont été accusés d'avoir amené une ennemie de leur population au plein centre de leur groupement. Mais j'ai fait mes preuves, et dorénavant, je vis comme l'une des leurs. Même Akihiro semble m'apprécier un peu, maintenant. Celui-ci a eu plus de mal à m'accepter que les autres, mais aujourd'hui, nos pics sont plus de la rigolade que de vraies disputes.

James a réussi à tenir sur ses pieds peu de temps après notre arrivée. Lui aussi, étant humain, était tenu à l'écart au commencement, mais il s'est intégré au fur et à mesure ; son impressionnante vitesse est très utile pour délivrer certain message à l'autre bout du village caché. De son handicap, (Malum reste le plus horrible des tortionnaires), il a dû apprendre le langage des signes, langage qu'il ne connaissait pas puisqu'il communiquait à travers son violon jusqu'à cette nuit. Je l'ai suivi aussi dans son apprentissage.

Deux jours après son rétablissement, à la vue de son mal non atténué, j'ai décidé de l'aider. Nous avons, ensemble, construit quatre petites tombes sur le côté du village. L'une d'elles étant celle de Julianne – Frisette comme j'aime toujours l'appeler. Il s'y rendait chaque nuit, jusqu'à ce qu'enfin un sourire apparaisse sur son visage. Il faisait petit à petit son deuil. On parle beaucoup d'elle, mais il rigole souvent se souvenant des bons moments passés.

Contemptibilia: le cirque des horreursLisez cette histoire GRATUITEMENT !