35.Adam♤

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Ça fait aujourd'hui un mois que j'ai embrassé Ezra.J'aimerais pouvoir dire : ça fait aujourd'hui un mois qu'elle et moi sommes ensemble.

Mais la vérité est qu'aujourd'hui, je ne l'ai pas vu depuis un mois, jour pour jour. Elle n'est pas venue en cours de toute la semaine qui a suivi le soir de notre baiser.

Je suis allé la voir. Lorsque je l'ai finalement décidé, et personne n'a répondu lorsque j'ai sonné.

Dois-je préciser que la sonnette ne fonctionnait pas ? L'électricité avait été coupée. Alors pendant toute la semaine je me suis laissé aller. C'était mon tour de me renfermer sur moi-même. J'étais en colère contre ma faiblesse mais je ne pouvais pas m'empêcher d'être en colère contre elle. Je pensais être plus que ça pour elle. La semaine d'après, nous étions en vacances. Dans deux jours, la rentrée. J'ai peur. Je n'en peux plus de voir son siège vide, de sentir son absence peser. Quand je pense à elle, je revois ses yeux noir me fixant, je sens ses lèvres s'emparer des miennes, je hume son parfum.


L'eau de la douche coule sur mon corps, chaude et reposante. Ici, j'arrive à me reposer, à me trouver en paix avec moi-même. Je n'ai pas envie de fermer le robinet, je voudrais y rester encore longtemps. Pourtant il faut me raisonner. Je consomme de l'eau et mes parents payent, c'est la loi du plus fort.

A regret, je repose le pommeau de la douche et sors le bras pour attraper une serviette. Je m'essuie avec énergie ce qui fait légèrement rougir ma peau. Une sensation qui a le don de faire redescendre sur terre quand on vient de laisser ses pensées dériver sous sa douche. Une fois dans ma chambre, je me dirige vers mon armoire et opte pour un pantalon de jogging ainsi qu'un t-shirt décontracté. Puis je m'assois au sol et fixe le vide n'ayant plus la force de faire autre chose. Je soupire un moment avant de me reprendre. Dévalant les escaliers quatre à quatre, je ne m'arrête sur le palier que pour mettre mes baskets puis je sors dehors, sans prendre la peine de mettre un manteau. L'air est légèrement frais mais loin d'être glacé. Je me mets alors à courir, essayant de réguler le rythme de mes pas pour être sûr de tenir le plus longtemps possible. Depuis quelques semaines je n'emporte plus de musique avec moi, je préfère pouvoir entendre ce qui m'entoure. Grâce aux semelles confortables de mes chaussures de sport j'ai l'impression de rebombir à chaque pas sur le macadam. Je coure ainsi jusqu'à être épuisé et rentrer en sueur chez moi, pour finir par aller me redoucher. Je remarque alors seulement que la douche de tout à l'heure n'était qu'un prétexte pour m'échapper, pour trouver quelque chose à faire et ne pas penser à lundi. Parce que si je le pouvais, je ne retournerais pas en cours. Mon portable vibre. Lohan.

- Allo gros.

- Yo ! What's up ?

- Rien. Pourquoi tu poses la question à chaque fois, je rétorque, agacé qu'il me fasse penser à ma triste condition d'âme en peine.

- Pour alimenter la conversation tiens !

- Tu m'appelles tellement souvent, une vraie fille ! Heureusement que tu n'es pas aussi pipelette qu'elles.

J'ai lancé ma dernière réplique en la ponctuant d'un rictus. Cette phrase déborde d'ironie. Lohan est tellement bavard qu'il faut se donner un mal de chien pour réussir à le faire taire. Je n'ai d'ailleurs toujours pas trouvé comment le débrancher.

- Très bien, très bien. En ce cas je ne t'appelle plus. Dommage, je voulais te proposer de venir passer la nuit chez moi... Ma mère et ma sœur sont parties pour le week-end je voulais en profiter. A plus !

- Attends !

Seule la tonalité m'indiquant que mon locuteur a raccroché me répond. Je ne peux m'empêcher de murmurer une injure amusée à son égard avant de me lever et prendre mon sac à dos pour y fourrer des affaires. Descendant dans le salon, je vais voir ma mère, occupée à jouer du piano.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant