XXXI. malibu & canberra

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Malibu, Californie du Sud:

L'aura était absolument parfaite. J'étais dans un petit espace au sol boisé, me basculant doucement sur une chaise de la même matière tout en regardant le paysage qui se dressait devant mes orbes, je le goûtais, avec mes pupilles, et il avait une saveur succulente. Il y avait des dizaines de pots de plantes qui pendait du mur blanc de cette petite villa que j'ai réussi à me procurer, quelques feuilles tombaient sur le bois et je ne sais pour quelle raison, mais cela me rassurait, en quelques sortes. Le bois du plancher s'arrêtait quand le bord invisible d'une piscine pouvant accueillir jusqu'à trois personnes se marquait. C'était une piscine à débordement qui faisait un son agréable lorsqu'on s'y plongeait. L'eau tomberait en cascade dans le petit basin en dessous, permettant au corps de quiconque de se fondre dans le liquide transparent aux lueurs bleutées.

Un peu plus loin, il y avait du sable. Des kilomètres et des kilomètres de sable blancs aux aspects tropicaux alors que je n'étais qu'à quelques vingtaines de minutes de Los Angeles. Quelques vingtaines de minutes de Hailey.

Les vagues étaient calmes, puis agitées la seconde qui suit. Et comme ma blonde, elles étaient imprévisibles. Je repris la tasse de thé glacé et ingurgitai une gorgée alors que la douce saveur du citron vert animait mes papilles. Je le reposai frénétiquement sur la petite table à mes côtés puis mon cœur se serra dans ma poitrine.

J'avais cette sensation de réveil ultime, le réveil d'un sommeil que j'ai dormi les yeux ouverts. Un sommeil bien long, qui a duré plus de sept mois. Un sommeil où je rêvais quand je m'endormais, où je rêvais quand j'étais consciente. Je n'étais pas consciente, mais le serrement de mon cœur me rendait consciente de mon inconscience. Puis la question fatale, que je fuyais pendant bien trop longtemps, se forma dans ma tête en créant des millions de petits points d'interrogation dans mon subconscient, me donnant une migraine insupportable. Étais-je satisfaite? Faisais-je de ma jeune vie ce que je souhaitais en faire? Étais-je épanouie? Trois questions avec une seule réponse, trois questions avec un seul, unique, colossal non. Derrière ce 'non', se dessinait la cause de la réponse négative, se dessinait alors, une jolie blonde aux yeux attrayants.

Une jolie blonde, au nom de Hailey Darlington.

Bon sang, qu'étais-je donc entrain de faire? Que faisais-je à Malibu quand je devrais être à ses côtés à Los Angeles? Je l'avais fuie bien longtemps, ma vie, j'étais allée jusqu'à partir à l'autre bout du pays, en Floride, Viktoria avait même tenté de m'expédier avec elle, à l'autre bout du monde, tentant ainsi de m'isoler de mes aimés.

Canberra. C'est là où j'étais sensée commencer ma nouvelle vie aux côtés de Viktoria. J'étais presque prête, elle m'avait presque convaincue. Dans mon esprit, j'avais déjà fait mes valises pour l'Australie. J'étais prête.

Mais pourquoi donc me retrouvais-je ici alors?

Je m'étais dégonflée, comme toujours. J'avais eu peur de ma vie. Je ne voulais pas partir, je ne voulais pas quitter le pays, je ne voulais pas quitter la Californie, je ne voulais pas quitter Hailey.

Flashback, un mois en arrière:

"Et un cauchemar prend fin!" mon frère dit dans mon oreille alors qu'il me faisait la bise.

"Un cauchemar qui a commencé à cause de toi." je le retins pour rétorquer dans son oreille, serrant mon étreinte autour de son t-shirt pour lui montrer à quel point je le méprisais. Comment osait-il dire ça? Comment osait-il dire que le cauchemar prend fin alors qu'il l'a initialement causé?

"Je..."

"Tu rien, Corwin, t'as tout gâché. Depuis le début." je dis froidement, d'une voix basse, afin que tout le monde présent devant sa villa n'entende pas.

• AIMER HAILEY DARLINGTON •Where stories live. Discover now