Chapitre 6

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ANALEPSE - FLASH BACK

- Papa ?

La fillette pénétra dans la pièce bizarrement silencieuse.

Sur son t-shirt rose pâle, s'y trouvait fièrement une étoile jaune.

Aujourd'hui, le comportement exemplaire de la petite, lui avait offert cette récompense, cette petite étoile aux extrémités arrondies. Mais tandis que les secondes passèrent et que le silence demeurait bien là, la jeune enfant piquée par une soudaine curiosité rentra dans son salon.       
Ce matin,  Papa a dit: « Dès que tu rentres de l'école  Méline, je te promet qu'on ira voir les chevaux » 

Seul Dieu sait que la passion débordante de la fillette pour ses mammifères était inconditionnelle. Son papa devait rentrer du travail pour qu'ils puissent aller ensemble retrouver les chevaux de Madame Sarand, une amie de son travail.

Mais c'est la respiration coupée que la petite fille découvrit avec horreur le corps de son père inerte, reposant sur le sol, une flaque couleur écarlate entourant en halo sa tête.

Ses yeux couleur noisettes se perdirent dans la flaque rouge qui s' étendait sous la table. Son père s' était fait mal, « Comment ? » elle n'en savait rien, « Quand ? » non plus, mais il fallait qu'elle l'aide.  

Presque immédiatement la pauvre âme se jeta sur le corps de son père et lui demanda tout doucement dans le creux de l'oreille « Papa, qu'est ce qu'il passe ? »

Mais, seule sa respiration hachée résonnait dans le salon silencieux, même pas un souffle, même pas un sourire. Son père aimait beaucoup les blagues, il en profitait et en faisait souvent, sauf qu'en cet instant, la petite fille sentait véritablement que cette blague s'annonçait mauvaise, presque fausse.

Puis, tout à coup alors que l'enfant s' apprêtait à secouer son géniteur pour tenter de le réveiller, un homme apparu dans l' encadrement de la porte.

Cet homme, cet inconnu habillé de noir de la tête au pied, grand comme deux chênes, et si imposant que son corps entier occupé l'entrée, fixait la petite.

L' enfant fut prise alors de violent tremblements, cette personne terriblement inquiétante se dressait, menaçante devant elle.

Soudain un coup d'une violence inouï vint s' échouer dans le ventre de la misérable petite. Cette dernière glissa brusquement sur le sol se tordant de douleur et pleurant à chaude larme.

L'homme l'avait violemment jeté contre le mur. 

La douleur qui étreignait son abdomen, s'avérait horrible et insupportable, toutefois aucun son ne traversait ses lèvres, à pars les quelques gémissements étranglés qui s'en échappait, les cries qu'elle voulait extirper, semblait s' être bloqués .

Ainsi, tandis que l' homme prit sur ses épaules le corps mou de son Père, des larmes coulaient silencieusement le long de ses joues et son corps n'était plus que peur et souffrance.

L' intrus disparut derrière la porte.

Cinq secondes passèrent avant que les escaliers ne se mettent à craquer. Devant les yeux embués de l'enfant, un autre homme grand comme le précédent, habillé d'un sombre costard, descendit les escaliers.

« Ils ont envahis ma maison... J'ai peur... » pensa t-elle

Mais lui au contraire, souriait avec de belles dents. Comme si il était heureux. S' approchant lentement du corps recroquevillé de la petite, ses grands yeux verts détenant sur sa peau pâle   s' encraient au fur et à mesure en elle.

La fillette croisant son regard effrayant, tenta alors dans un élan d' espoir de s' échapper. 

Elle rampa douloureusement sur le sol, glissant du mieux qu'elle le pouvait, mais ses jambes, son ventre et ses épaules tremblaient tant, qu'avancer sans s' écrouler sur le plancher s'annonçait impossible.

- Qu'est ce qu'on a là...

Une main glacée entoura d'un coup la cheville frêle de l'enfant, puis violemment tirée en avant dans un hurlement, elle se retrouva face à son pire cauchemars. Des yeux vert l'observaient, et les siens restaient épouvantablement rivés à ces iris.

- Baisse les yeux.

Et en même temps que résonne cet ordre, une paume frigide vint se coller contre sa bouche.

– Le destin Honey, n'est tracé qu'en fonction de nos choix, mais toi, qu'as tu fait pour te retrouver devant moi ?

Ses pleurs redoublèrent, elle a peur, si peur qu'elle sentit soudain sa culotte s'humidifier

« Maman, vient me sauver » murmura t-elle

Son regard terrifiant s' abaissa sur le tissu mouillé

- Je déteste les gens faibles.

La honte la noyait toute entière, la peur l'étouffait, et elle se demanda pour la première fois si elle allait revoir ses parents.

Soudain un métal froid se fit sentir sur sa tempe, et c'est mortifiée de peur, que la pauvre enfant vit cette chose, ce truc froid et rigide que détestait son père et qu' haïssait sa mère.

« C'est un objet de souffrance, il pourrait disparaître... Tant de douleur à cause d' un morceau de métal ...». Ils regardaient le journal ensemble ce jour-là.

La petite ferma un instant les yeux, suppliant silencieusement son père de venir la chercher. Les larmes obstruaient sa vue, les tremblements la secouaient de toute part, et les gémissements qu'elle lançait étaient à vous fendre l'âme.

Le monsieur appuie sur le pistolet, mais seul un petit cliquetis résonne.

Il ré-essaye.

Mais le silence nous répondis, une deuxième fois.

Alors que ces grands yeux vert dévore la fillette tout entière, il murmura tout doucement

- Toi, je devrais peut-être te tuer, mais dommage Honey, je n'ai plus de balle. Toutefois, je te promets que je reviendrais, juste, pour toi.

L' homme sourit.

Puis disparaît. 

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