Chapitre 4 : la fin de Sylvestre

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« A quoi cela te servirait de le savoir ? Je vais inonder cette forêt !

- Tu peux faire pleuvoir ?

- Mais bien sûr ! Je peux tout faire ! Avant, je me limitais à quelques petits tours de magie qui étaient sans intérêt ! Je viens de le réaliser. Ha ! Ha ! Ha ! Je tuerai ces paysans ! A côté de ma forêt ils ne valent rien !

- Bilevert ? C'est toi ? J'ai du mal à te reconnaître.

- Oui ! C'est moi ! Enfin je découvre mon vrai moi, mon moi à moi ! Ha ! Ha ! Ha !

- Mais Bilevert ? Je ne comprends pas...

- Tais-toi et regarde ton peuple mourir par mes mains ! Ma forêt revivra !

- La pluie... La pluie tuera mon peuple, mais pourquoi ?

- Creuse-toi la cervelle et silence ! Ha ! Ça y est ! Les nuages arrivent !

- Tu oserais faire ça ?

- Ça à l'air de te choquer... que représentent ces personnes pour toi ?

Étourdi par la question, Sylvestre ne savait plus quoi répondre.

- Ha ! Je le savais... Juste bon pour le recensement, pour bien dire aux autres villes et aux autres rois : J'ai des habitants aussi ! Ils sont contents ? Pas de problèmes. Ils ne sont pas contents ? Ils s'en vont ? Appelle donc Bilevert ! Tu devrais plutôt me remercier ! Au lieu de peupler un village voisin, ils meurent !

- Qu'est-ce que tu racontes ? Les habitants pour moi ne sont pas des objets qui visent à me donner de la puissance, mais des vies ! Ils sont comme mes enfants ! Ce village est ma famille ! Ma seule famille ! Je n'ai pas de descendance. Et sache que je préfère qu'ils partent dans une autre ville, condamnant ce royaume, plutôt que de les laisser mourir tous, tués par des brigands.

- Menteur !

- Je préfère mourir plutôt que de les perdre ! »

Le roi dégaina son épée et menaça la gorge de Bilevert.

« Allons, mon roi, messire... Tu n'oserais pas tuer ton bouffon préféré ?

- Tu n'es pas mon bouffon tu es mon ami !

- Prouve-le !

- Qu'est-ce qui t'a donc mis dans cet état pour me dire des choses pareilles ?

- Il m'a ouvert les yeux.

- Qui « il » ?

- Qu'importe son nom ! Il pleut !

- Arrête !

- Pourquoi ? Est-ce que ma forêt vaut moins que tes piteux petits « enfants » ?

- Là n'est pas la question !

- Bilevert ! Chuchota la voix. Il te retarde dans tes actes démoniaques ! Tue-le !

- Et pourquoi pas ? Répondit Bilevert, toujours menacé par l'épée du roi.

- A qui tu parles Bilevert ? Somma le roi.

- A un vrai ami.

- Mais vas-tu me dire qui il est à la fin ?!

- Peu t'importe de le savoir puisque tu vas mourir ! Ta lignée lamentable s'éteint ici ! »

Bilevert fit jaillir du feu de ses doigts et le roi disparut instantanément, dans une fumée noire, désintégré.

Bilevert fit jaillir du feu de ses doigts et le roi disparut instantanément, dans une fumée noire, désintégré

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Une fois que l'incendie fut éteint le « sans-visage » apparut devant Bilevert sous l'apparence de Vircis.

« Bravo ! Voilà qui est bien parlé ! Complimenta l'apprenti sorcier, car c'était bien lui.

- J'avais envie de le faire depuis longtemps de toute façon. Dit Bilevert d'un air soulagé.

- Je savais que Scorpus n'était pas si loin que ça en toi, petit nain. Il est là à présent ! Je reconnais sa cruauté ! C'est bien vous ! Maître, pour vous servir. Je savais que vous reprendriez le dessus sur cet insecte de Bilevert. Vos pouvoirs l'ont rattrapé !

- Alors ainsi, le « sans-visage », c'était toi ? Mon fidèle serviteur.

- Je ne vous ai jamais déçu vous savez.

- Je te croyais mort, cher disciple.

- Ha ! Ha ! L'histoire du bouillon vert il y a un an ? Vous ne vous rappelez pas ? C'était une potion visant à transformer n'importe quoi en serpent. Vous m'aviez déposé un message sur ma table, me demandant de vous créer un serpent, votre animal de compagnie étant mort. Quand Bilevert me l'a renversée dessus, je
me suis confondu avec le liquide puis, suis devenu un serpent. Vous, mon maître, vous m'avez retrouvé abandonné dans le liquide sous forme de serpent et vous m'avez porté autour de votre cou jusqu'à ce que Bilevert fasse son apparition dans votre humble demeure. Pendant la bataille qui s'en suivi, vous avez été bousculé et vous m'avez fait tomber en même temps que la statuette, servant à torturer le roi. Je me suis alors enfui... mais pour mieux réapparaître encore !

- Comment es-tu devenu un « sans-visage » ?

- Allons ! Tout comme Bilevert vous a volé vos pouvoirs ainsi qu'un peu de votre personnalité démoniaque ! J'ai tué par mon venin, le mage le plus puissant de Sylvestra qui avait appris beaucoup, beaucoup de choses. J'ai récupéré ses pouvoirs et je me suis transformé en homme. Puis j'ai commencé à étudier les livres de ce mage. Un puit de savoir sur la magie noire et blanche !

- Et... Au sujet de la paysanne ?

- Ah ! Elle ? Elle en avait trop vu.

- C'est à dire ?

- Elle m'a vu me métamorphoser à plusieurs reprises... Elle devenait dangereuse. Au début je pensais que les autres la prendraient pour une folle mais, ils l'écoutaient. J'ai laissé courir la rumeur comme quoi il y avait un monstre qui allait tous les enlever ! Ha ! Ha ! Ha... Pitoyable. Bref, je les ai supprimés.

- Tous ? Combien ?

- Ça vous intéresse tant que ça ? C'est du passé, ils ne nous gêneront plus dans notre ascension.

- Je voudrais savoir combien de crimes je vais devoir commettre pour t'égaler cher disciple.

- Ils étaient sept.

- Sept ?

- Oui, la famille entière. Les gens n'ont même pas encore trouvé les six autres corps.

- Tu les as soigneusement placés dans les égouts j'espère !

- Non, les rats les auraient mangés sinon. Je les ai laissés dans leur logis, en exposition.

- Bon, poursuis. Tu disais les avoir tués. As-tu découvert quelque chose d'intéressant après ?

- Oui, très intéressant d'ailleurs car c'est après ces meurtres que j'ai réalisé que les paysans commençaient sérieusement à comploter pour pouvoir tous partir de ce château. C'est alors que j'ai préparé ce plan...

- C'est un plan que j'admire disciple, que j'admire beaucoup.

- C'est trop d'honneur maître.

- C'est pour cela que je voudrais que tu en conçoives un semblable, sans faille, pour détruire la magie blanche de Sylvestra une bonne fois pour toute. Attaque le camp des fées en t'y infiltrant et tue tout ce qui bouge.

- Ce ne sera pas facile. Leur reine ne se laisse pas avoir comme ça.

- Elle est justement partie... Ailleurs. Bilevert me l'a appris.

- Alors le travail n'en sera que plus facile ! Mais ?! Qu'est-ce que ?! Là ! Regardez ! »

Dans l'escarcelle de Bilevert, ou Scorpus plutôt, se trouvait une «Pixie». Une très petite fée qui avait entendu toute leur conversation. Se voyant découverte, elle s'élança dans les airs pour en informer ses proches.

« Tuez-la maître ! Tuez-la ! Elle va informer les fées de notre plan ! »

Bilevert - Tome 2 - Édition 2007 (version ré-éditée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !