Chapitre 2 : Un rêve

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Le roi s'affaiblissait de plus en plus et Bilevert dut l'aider à rejoindre ses appartements. Une fois entré dans sa chambre, le monarque s'allongea sur son lit. Bilevert attendit qu'il s'assoupisse et sortit un grimoire de son sac pour commencer à lire un chapitre concernant les rêves prémonitoires :

« Certaines personnes peuvent recevoir des messages sous forme de rêves qui prédisent l'avenir de leurs proches. Chacune de ces personnes perçoit ces messages selon son imagination. On appelle cela des rêves prémonitoires. »

Bilevert se dit :

« Le roi fait des rêves étranges depuis quelques temps, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant...

Mais juste avant que les accidents débutent...

Peut être qu'il s'agit de ces rêves là. Je vais en avoir le cœur net en m'introduisant dans les siens. »

Quelques instants plus tard, Bilevert rejoignit les songes de son ami avec un tour de magie qu'il avait appris chez les fées.

Celles-ci l'utilisaient pour soulager les consciences des malades.

La conscience du roi était sombre et reflétait l'image d'un manoir... Mais Bilevert y voyait assez pour pouvoir distinguer les silhouettes.

Le ciel était couvert de nuages menaçants, qui échangeaient des éclairs. Une fine pluie se faufilait entre ces masses noires et grondantes, pour venir mouiller la rue des Marchands où s'était passé le « meurtre. » Il y vit la victime qui était allongée par terre, sur les dalles. Le roi s'en approcha doucement et s'agenouilla, sanglotant auprès de la malheureuse.

Soudain, la paysanne se releva et tendit une main chaude au roi... Il fit un bond de surprise en arrière, mais fut rassuré par la chaleur que dégageait la victime. Il lui saisit la main et perçut aisément les battements du cœur de la paysanne qui lui souriait.

« Vous... Vous êtes vivante ! » S'ébahit le roi qui n'y croyait pas.

Elle lui répondit d'un baiser sur la joue et s'allongea à nouveau par terre.

Comme pour faire comprendre quelque chose au roi, elle lui montra sa longe robe au niveau du mollet.

Le roi vit une marque rouge et souleva l'habit délicatement.

Il aperçut deux petits trous côte à côte.

Bilevert, qui était resté derrière le roi, posa sa main sur son épaule. Son ami fut surpris de le voir ici.

« Regardez Sylvestre, dit Bilevert en désignant la plaie. C'est une morsure. Une morsure de reptile... Ce ne peut être qu'un serpent.

- Un serpent ? Mais il n'en existe qu'une sorte dans la plaine de Sylvestra... Des couleuvres. Elles n'ont pas de crochets à venin !

- Pourtant, j'en suis sûr ! Et vous le serez bientôt aussi si vous regardez de plus près.

- Et pourtant oui... la taille de la morsure fait penser à une vipère. Quelqu'un en aurait introduit une dans le château ?

- Possible... A moins que... non, c'est idiot.

- Quoi donc ?

- Rien, rien. Rien d'intéressant. Allons cher Sylvestre ! Rêvez donc, je vous suis ! Qu'avez vous à me montrer ?

- On verra bien cher Bilevert. J'ai envie de sortir du château et de voir où sont partis mes braves gens... »

Soudain, tous les deux se retrouvèrent à la lisière de la forêt, près d'une falaise rocheuse. Une grande maison semblait les attendre, mais aucun des deux ne la connaissait.

Bilevert - Tome 2 - Édition 2007 (version ré-éditée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !