Chapitre 1 : un vieil ami

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Très tôt ce matin, avant même le lever du soleil, le roi partait à sa rencontre, n'hésitant pas à pénétrer dans la forêt sauvage pour parvenir à son but.

Il était seul, et le bois plongé dans un silence apaisant, semblait l'accueillir à bras ouverts. Il s'arrêta un moment pour en profiter, puis reprit sa marche.
Plusieurs minutes s'écoulèrent et un monde paradisiaque s'étendait sous les yeux du souverain... le trésor du héros oublié.

Une atmosphère mystérieuse semblait se dégager de l'endroit. Le bruissement du vent dans les ramures, les lapins et les renards endormis sur le tapis des feuilles mortes s'étendant sous toute la forêt ; les petites poussières voletant dans les rayons du soleil traversant l'épais feuillage d'un chêne... et rien que le silence.

Tout était paisible.

Mais la présence du roi ici trahissait un mauvais présage pour le héros qui se cachait ici pour fuir la civilisation et préserver sa tranquillité.

Le vieux visage du monarque laissait clairement voir qu'il avait des ennuis.

C'est pour cela qu'il revenait voir son meilleur ami ici. Il savait qu'il ne le trouverait pas loin, mais depuis sa dernière visite, la forêt avait beaucoup changé et il avait du mal à se repérer.

Quand soudain, un magnifique cerf à l'allure imposante vint lui couper la route. Le roi tenta de le contourner, mais celui-ci l'empêcha de passer. La bête ne voulait pas qu'il aille plus loin avec des armes. Ce dernier le comprit et les déposa aux sabots de l'animal.

Satisfait d'avoir été obéit, le quadrupède tira les vêtements du vieil homme pour l'inciter à le suivre, ce que l'invité fit.

Le soleil commençait à se lever et le bois fut bientôt baigné dans une splendide lumière orangée, qui semblait le réveiller doucement.

Enfin, il trouva la maison de son ami.

Le cerf s'assura que le roi l'avait bien vue, et se retira dans la forêt.

« La petite chaumière que j'ai connue a bien changé ! Les artisans ont fait un travail remarquable ! » Pensa le vieil homme émerveillé.

Il marchait lentement vers la cabane et répéta dans sa tête un discours qu'il avait improvisé en entrant dans la forêt. Il leva le poing pour frapper à la porte et resta figé...

Il se dit :
« Et si je le dérangeais ? »

Il se posa une série de questions et finit par rester cinq bonnes minutes à la porte, hésitant à frapper. Au bout d'un moment, il renonça et voulut s'asseoir sur les feuilles mortes pour se reposer.

Alors qu'il s'éloignait, la porte s'ouvrit derrière lui.

Il se retourna soulagé et dit :
« Bilevert ? C'est toi ? » Mais personne ne répondit.

Debout sur le seuil, il demanda un peu plus fort :
« Il y a quelqu'un ? » Rien, aucune réponse.

Il finit par entrer.

L'entrée était petite et il eut du mal à la franchir. Cette dernière débouchait sur ce qui semblait être un salon, où la moindre partie de la pièce était en chêne.

« Avec une maison comme celle-ci, il doit mener une bien belle vie... C'est du solide ! » Pensa le roi.
En restant là à contempler la pièce, il finit par entendre de l'eau couler.
A sa gauche se trouvait un accès encore plus petit. Le roi tourna la poignée et découvrit avec stupéfaction un petit filet d'eau qui sortait du plancher.

Un système ingénieux laissait entrer un peu d'eau et évacuait le surplus pour éviter l'inondation... ce qui donnait lieu à la création d'une petite piscine en guise de salle de bain, constamment renouvelé en eau propre.

Bilevert - Tome 2 - Édition 2007 (version ré-éditée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !