Ça bloque ?

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Bon, on est là, toi et moi, avec des crackers au goût salé, un verre à la main (ne râle pas et fais fonctionner ton imagination), à discuter de tout, sauf d'écriture proprement dite.

Tu as raison, je tourne autour du pot. Ces divas d'auteurs trouvent toujours une bonne excuse pour remettre l'ouvrage à plus tard. Ils se plaignent constamment de manquer de temps, et quand ils en ont, ils l'utilisent pour faire tout sauf écrire : manager leur brillante carrière sur les réseaux sociaux (comme ça, ils ont moins l'impression de procrastiner, on va y revenir), fantasmer sur la future couverture de leur roman (alors que ledit roman n'est pas encore écrit), lire des tonnes d'ouvrages sur la construction du récit, faire des recherches – oui, beaucoup de recherches – ou tout simplement regarder le dernier épisode de Game of Thrones, assaillis d'un sentiment coupable au moment d'actionner la télécommande.

Bref.

Te voilà enfin confortablement installé. Assis à ton bureau, au fond de ton canap, en salle de pause ou au café, avec la ferme intention d'en découdre. Tu te frottes les mains d'avance sur ce chapitre à occire, tu t'assouplis les poignets avant de faire chauffer le clavier puis ouvres ton traitement de texte préféré.

L'écran s'illumine de sa page blanche (j'entends déjà des petits malins me dire qu'ils utilisent le dark mode de la marque à la pomme, on s'en fout, vous n'esquiverez pas ce qui suit !)

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L'écran s'illumine de sa page blanche (j'entends déjà des petits malins me dire qu'ils utilisent le dark mode de la marque à la pomme, on s'en fout, vous n'esquiverez pas ce qui suit !)

Et là, c'est le blocage.

Cette fichue page blanche, avec son curseur qui clignote en haut à gauche.

Vide, hormis le titre ou numéro de chapitre. C'est horrible, surtout quand on est au tout début.

Tu n'y arrives pas, tu as peur, ou bien tu n'as pas la moindre idée qui te vient à l'esprit. Muse, cette traîtresse, t'a lâchement abandonné. Pourtant, ton esprit fourmillait d'idées géniales avant de démarrer l'ordi.

Là, tu arrêtes de grignoter, tu poses ton verre et attends impatiemment le conseil avisé qui va suivre.

Sauf que je n'en ai pas.

Ah ah !

D'une, ici, c'est #Vismaviedauteur. Pas le business des conseils d'écriture dès qu'un jeunot ou une jeunette vient de pondre son premier texte. Je n'ai pas de caméra et de micro dignes de ce nom, et je n'ai envie ni de passer des heures à faire du montage vidéo (tiens encore une bonne raison pour ne pas écrire) ni de créer un compte sur YouTube.

Deuxièmement, je ne connais pas ce syndrome bizarre de la page blanche.

Non mais quel prétentieux ! dois-tu te dire. Pour qui se prend-il ?

Reprends un cracker. Cela n'a rien à voir avec l'imagination débordante, maîtrisée et canalisée, propre à produire les bases du prochain best-seller que tout le monde s'arrachera en librairie. En fait, je n'en ai pas plus que la dame en tailleur tweed qui lit par-dessus mon épaule avec un regard réprobateur. La différence, c'est que j'écris essentiellement dans les transports. Du coup, le temps étant très limité, on baye moins aux corneilles et on s'efforce de mettre à profit les conditions plus ou moins merdiques qui s'offrent à toi. Faut y aller : tu le tiens presque, ce dernier paragraphe, et tu vas arriver à la station où il faut descendre. Ou alors, quand le bus vibre, vrombit et cahote (le chauffeur prend un malin plaisir à accélérer sur les dos-d'âne), tu ne peux pas te permettre de réfléchir à une meilleure phrase. Écris celle qui te vient à l'esprit avant que l'ordi ne valdingue dans le processus.

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