Chapitre 10

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Ses yeux verts ont une couleur exceptionnelle. Si en la bousculant je m'attendais à rester hypnotisé par son regard, je ne l'aurais jamais cru. Je m'excuse auprès d'elle, mais elle ne répond rien. Elle reste fixée sur moi. Je suppose qu'elle ne s'attendait pas à me voir devant elle, à cette soirée. Moi si, en réalité. Elle finit par me parler.

— Je ne suis pas assez grosse pour ne pas me voir ?

Elle a un minuscule sourire en coin avant de s'éloigner pour remplir à nouveau son assiette. Sa remarque me fait rire. Cette jeune femme est forte. Elle reçoit des critiques constamment, j'ai même été le premier à refuser de l'embaucher car elle ne correspondait pas au stéréotype de mon équipe. Vraiment très con ce jour-là, mais j'ai plus ou moins rattrapé le coup. C'est comme si les critiques ne l'atteignaient pas. Je suis étonné par sa force.

Je l'observe étant donné qu'elle s'est éloignée de moi. Elle porte une robe noire près du corps qui met en valeur ses formes. Elle semble sûre d'elle. Joue-t-elle un rôle ? J'en suis certain. Du moins chaque fois qu'elle me parle oui. Avec ses collègues, elle est plus agréable, davantage souriante. Elle ne me sourit jamais à moi. En même temps, pourquoi le ferait-elle ? J'ai été odieux lors de son entretien. Et puis ça a changé.

L'éducateur s'approche d'elle, lui sourit et discute avec. Encore un prétendant j'en suis certain. Elle en a pas mal quand même. Il faut avouer qu'elle est plutôt belle. Son visage est la première chose que j'ai remarquée. Un charisme et un charme fou. Ses yeux presque turquoises donnent envie de s'y noyer. Ses cheveux bruns qui ondulent autour de son visage la rende angélique. Elle ne ressemble pas aux femmes que je regarde habituellement physiquement et il est hors de question que je sorte avec. Ce n'est pas mon type de femme, mais je la trouve très belle.

Je me resserre un verre en regardant autour avant de regarder l'heure. J'ai un vol très tôt demain, je ne faisais qu'un passage éclair. Je vais remercier le personnel en leur souhaitant une bonne soirée avant d'aller récupérer mon manteau. Je croise le regard de mademoiselle Marchal. Je ne tarderais pas à la revoir rapidement.

Je monte au volant de ma voiture et fais rugir le moteur dans la nuit calme parisienne. J'arrive devant le portail de ma villa et attrape la télécommande pour l'ouvrir et remonte l'allée. Je rentre chez moi et referme la porte. Le calme de cette maison me rend malade. Je dépose mes affaires dans l'entrée avant de monter dans ma chambre. J'observe la nuit à travers la baie vitrée et ma solitude ne m'a jamais autant frappée. J'aime être seul, ça ne me dérange pas du tout. Sauf par moment. Et puis je me rappelle que c'est la vie que j'ai choisie et je n'ai plus le choix maintenant.

***

Lundi matin, je me gare sur le parking de l'entreprise. J'attache le bouton de ma veste en me rendant à l'intérieur et monte dans l'ascenseur allant directement à mon bureau. Je fais signe à ma secrétaire de me rejoindre dans cinq minutes. J'allume mon ordinateur en soupirant, me tournant vers la baie vitrée en attendant. Le ciel est bleu, le soleil est là, mais il fait extrêmement froid. L'avant-dernière journée de l'année est plutôt belle. Enfin pour ma part, mon réveillon va ressembler à tous les autres jours de l'année. Je vais travailler. Je n'ai aucune envie de sortir. Je ne supporte pas vraiment la présence des autres dernièrement et encore moins des femmes. Ce qui ne me ressemble pas du tout étant donné ma réputation.

Ma secrétaire entre dans mon bureau et me fait les yeux doux. Génial. Je ne suis pas d'humeur. Elle ouvre l'agenda et énumère mes rendez-vous de la journée.

— Et vous rencontrez l'équipe créative pour déterminer les tissus pour votre collection euh... Grande taille.

— Pouvez-vous appeler mademoiselle Marchal pour savoir si elle peut venir afin de choisir les tissus, s'il vous plaît.

L'amour n'a pas de tailleLisez cette histoire GRATUITEMENT !