Chapitre 4

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Il ferma la porte derrière lui.

Il venait de fermer la porte.

Respire. Expire.

Voyons Méline tu ne vas quand même pas faire une crise d'angoisse devant ton professeur.

Mais comment pourrais-je expliquer ce sentiment ? Qui m' étrangle de l'intérieur ? Qui me fait sentir impuissante ?

Dans ce silence accablant ma pauvre personne, je fus contrainte d'inspecter le reste de la salle.

Où voulez-vous que je pose mes yeux qu'autre sur son visage ?

La pièce dans laquelle je me trouvais, possédée une grande table en verre, lisse et poussiéreuse, elle prenait pratiquement toute la largeur de la pièce, une seule chaise se trouvait au bout du meuble. Derrière ce dernier, un écran plat noir, qui aurait dû, des années auparavant, diffuser les effectifs du lycée. 

On se retrouvait dans une des salles de réunion, cependant cause du nombre d'élèves baissant chaque années, cette pièce faisait partie des "laissés pour compte".

Une salle vide, dans un couloir pratiquement jamais emprunté.

Les battements de mon cœur s' élancèrent automatiquement, puissants et irritants, j'avais la dure impression que mon organe vitale pourrait d'une seconde à l'autre s'envoler et s' écraser contre les larges fenêtres.

Une somptueuse image macabre vint donc hanter mes pensées.

Mes yeux quant à eux restaient obstinément rivés au sol.

Faible, misérable, honteuse, cette impression des plus collante s' ajouta à la danse folle que dirigeait mon cœur, elle s' accrocha à mon esprit, et bien décidée à rester, elle me tétanisa de son regard dégoulinant de boue, de ses yeux noirs de cauchemars, et grands de secrets.

Juste un instant.

Je m'accorde un regard.

M.Dawson se retourna lentement, et tout en me fixant, prit place d'une démarche féline sur la chaise dominatrice de la pièce.
Une puissance bien plus que matérielle envahit la pièce, délicieuse et ténébreuse elle remplit chaque recoin de la pièce, me plonge dans une hébétude transparente, me fait sentir toute petite, chétive et sans importance, mais ce fut lorsque les paupières de mon professeur s' abaissèrent que la réalité s' émergea brusquement en moi.

Son aura avait apprivoisé chaque mètres carrés de la pièce.

Et son regard, son regard, son regard figé sur moi.

Je le sentais jusqu'au tréfonds de mon âme, il s'insinuait dans mon esprit, dévorait ma rationalité, et dans ce silence épais de tension, ses yeux couleurs azurs s'étaient tatoués dans chaqu'une de mes pores.

Et ce regard, personne d'autre que lui ne me l'a lancé.

Sa chaise grinça, interrompant ainsi mon songe, et m'invitant une seconde.

Légèrement penché vers l'avant, l' index posait entre ses lèvres, le regard de M.Dawson parcourait mon corps, comme le ferait un chasseur avant de se jeter sur sa proie.

Et cette comparaison me pétrifia totalement, et dans un élan de douleur, dans un ballet noir de souffrance, les cries me reviennent, sa voix douce et mauvaise exécuta un grand jeté, quand aux regards qu'il me lançait, ils se retrouvèrent au fond, à tourbillonner, à léser le sol de flaque rougeâtre , les larmes qui ont croulé le long de mes joues, escaladèrent les hurlements, pour s' échouer sur la scène en un parfait grand-écart.

Stop.

Et puis pour clore ce spectacle au goût amer, l'arme, le revolver exécuta une pirouette parfaitement détestable et dans le torrent d'applaudissement, elle s'écrasa délicatement sur la scène, non sans oublier d' actionner la gâchette.

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