Chapitre 3

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La sonnerie retentit.

Elle sonna 4 fois.

Longue et suppliante, elle était semblable à ma souffrance, une souffrance égale à un gouffre, un gouffre d'une netteté déconcertante, une sorte de ravin, un abîme dans lequel je détestais plonger.

Et je chutais, sans fin, dans le vent, dans les cris, secouant désespérément la main dans l'attente d'un appel à l'aide, pas une seconde passèrent sans que la sensation d' étouffer m' étrangle tout entière. Rien que le vent sifflant à mes oreilles, rien que le vide, le vide, le vide.

Mais pourtant en cet instant, je pouvais absolument, strictement, vraiment, tout faire, sauf chavirer.

J' avais besoin de mes yeux, j'avais besoin d'être là, d'être vivante.

1,2,3,4.

Je ne suis pas folle.

1. 2. 3. 4.

4 secondes durant lesquelles je fixais sa main.

Brûlante, horripilante, glaçante comme le sont mes souvenirs.

Pense au sourire de Mila, aux yeux pétillants de maman, et dis-toi véritablement : Je suis vivante.

Refrain délabré que je ne cesse de répéter.

Mes pauvres yeux rivés sur sa main.

Qui, reprit rapidement place dans sa poche.

M.Dawson vient de,

toucher

mes fesses.

Et des larmes malpropres identique à son geste s'extasièrent le long de mes joues. Invisible et silencieuse.

Il s'appuya contre le bureau de la secrétaire souriante, qui déjà mettait en valeur son ridicule décolleté.


- Puis-je vous emprunter cinq minutes Mademoiselle ? ( Alors que la femme lui lança un regard inquisiteur il ajouta) J'aimerai clarifier avec elle quelques petites choses. Si vous voyez ce que je veux dire.


Puis, tandis qu'il lui accorda un sourire charmeur, la Dame hocha lentement la tête tout en mordant sensuellement sa lèvre.

Mon dieu.

Je remarquais à peine ce qu'ils traficotent tout les deux.

Car mon attention était occupée par autre chose.

M.Dawson a touché mes fesses.

Cette phrase rebondissait sans répit, elle s' écrasa contre mes pensées, dévora ma rationalité, exalta ma douleur, et tout en silence elle m' apeurait. Terriblement, froidement, elle me rendait fébrile de peur, pétrifiée de choque et terrifiée de frayeur.

Si je devais mettre un mot sur ce qu'il venait de se passer, je dirais que ce professeur pervers a usé d'attouchements sexuels.

Envers une élève.

Envers,

moi.

« Le destin honey, n'est tracé qu'en fonction de nos choix. Mais toi ? Qu'a tu fais pour te retrouver devant moi ?»

Pas moi.... Pas moi... Pas MOI.

Et sa voix taquine traça un chemin irritant dans les méandres de ma réalité.

Pense au sourire de Mila, aux yeux pétillants de maman, et dis toi véritablement : Je suis vivante

Refrain délabré que je ne cesse de répéter.

Disparaît de mEs peNsées, mes pensées FaussE, Rien que fausses.

Respire, efface-le.

M.Dawson a usé d' [...silence, silence, je veux l'oublier...]

J'étais ce genre de personne qui écouter les victimes en parler, je me devais de les rassurer en leur priant d'en parler à quelqu'un d'autre que moi, car je ne pouvais rien faire d'autre qu'être attentive.

Je suis à la place de la victime.

Mais là, maintenant que je suis sur ce maudit podium, je comprends la réticence qu' elle avait usé avant de m'en parler, en imaginant la discussion que j'aurai pu partager avec ma sœur mon ventre se tord, se tord, se tord.

Pourquoi ?

Je n'en ai absolument aucune idée.

De la honte ?

Rien que ça, rien que ça.

Cependant dans tous les prospectus que je lisais, lorsque je me retrouvais dans une quelconque salle d'attente : ils disaient que si on ne l' arrêtait, il risquerait de recommencer, recommencer jusqu'à recevoir ce qu'il voulait.

Mais là, il est bien question de mon professeur.

De mon professeur.

Il devait avoir ... 25 ans tout au plus ? N'était-ce pas, dans ce cas, de la pédophilie ?

Mais cet acte était déplacé de sa part, et d'un absolue irrespect.

Cependant, pourrais-je seulement en parler au directeur ? Me croirait-il ? Puis... même si cette question paraît d'une stupidité inconditionnelle : Ou trouverais-je la force d'en parler ?

Et ... S'il savait ?

- Mademoiselle Kanderson, veuillez suivre M.Dawson.

Quoi ?

C'est une putain de blague.

Apparemment non, car déjà mon professeur se dirigeait dans le courloir

Je. Ne. Peux. Pas

Je lançais dans une vague de désespoir, un appel à l'aide, à la secrétaire.

Il est absolument hors de question, que je reste seule avec cet homme.

Un professeur pervers.

Qui tantôt, avait posé sa main sur mon postérieure.

Si, sa main s'était posé sur mes fesses en présence d'un adulte, que pourrait-il bien me faire dans cette salle vide, vide, vide.

Mais la Dame prit ce regard comme l'appel "à l'aide" d'un élève qui ne voulait point se faire tirer les oreilles.

Alors qu'en réalité, j'avais peur que M.Dawson tire ma jupe.

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