yeux disent le contraire

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Yeux Disent de Lomepal

La porte de sa chambre claque. Elle s'ouvre de nouveau, rebondit contre le mur et claque de nouveau. Heureusement que les voisins sont en vacances. Il croise les bras sur son torse en observant ses cheveux de flamboyant qui passent d'un côté à l'autre de la chambre, prenant cette robe dans l'armoire, ce jean délavé dans ce tiroir, avant de brusquement les fourrer dans une valise ouverte. Une paire de chaussures usées, un pull trop large, une trousse de toilette jetée à la va vite dans le bagage. Elle attrape un carnet bien utilisé, des stylos en vrac, et les mets rapidement dans un large sac à main. Elle s'assoit sur le lit. Elle enfile ses chaussures. Elle prend sa veste, son téléphone, glisse le chargeur dans son sac. Il s'adosse contre le battant de la porte. Elle relève ses cheveux en une queue de cheval. Elle tente de fermer sa valise. Il l'observe toujours. Elle tire la fermeture éclair, essaie une, deux au bout de la troisième fois la valise se ferme enfin. Elle prend son sac à main. Elle se tourne.

- Bouge.

- Non.

- Putain mais dégage, je veux juste passer.

- Et partir.

Elle sourit faussement. Elle lève ses yeux de glace au ciel avant de le fusiller du regard.

- C'est le but en effet. Si tu pouvais juste te déplacer maintenant, ça m'arrangerait.

Elle s'avance vers lui. Elle pose sa valise au sol et commence à le pousser, son sac en équilibre sur son épaule.

- Et si je ne veux pas que tu partes ?

Elle se fige et se recule de deux pas. Il lui a semblé si sincère. Il lui semble toujours sincère. Aussi bien dans la colère que dans l'amour, elle ne peut nier qu'il a toujours été honnête. Elle secoue la tête pour reprendre ses esprits.

- Qu'est-ce que t'en a à foutre de moi de toute façon ?

Elle est agressive, elle n'aime pas les mots qu'elle emploie. Mais elle espère lui faire comprendre qu'il l'a blessée, une fois encore. Une fois de trop. Elle s'avance de nouveau et le pousse fortement. Il ne réagit pas. Il la laisse le pousser. Puis au bout de quelques minutes où tous les deux en ont marre, il emprisonne de ses larges mains ses frêles poignets.

- Lâche moi ! Tu me fais mal.

C'est faux. Jamais il ne la blesserait physiquement. Et il ne serre pas assez fort pour la blesser. Elle ne veut juste pas qu'il la touche. Son contact la rend faible.

- Je suis désolé de t'avoir dit ce que je t'ai dit tout à l'heure.

- Je m'en fous, lâche moi. Je ne veux rien savoir.

Elle s'agite, elle pourrait se blesser alors il la lâche. Elle se précipite sur la porte qui est libérée mais il la referme avant qu'elle ne puisse l'atteindre.

- S'il te plaît, on peut juste en discuter.

- Je ne veux pas en discuter.

Il soupire. Il passe une de ses mains dans sa nuque, en mordant sa lèvre. C'était la dispute de trop. Il le sait. Même si elle l'aimait vraiment, elle ne pourrait pas rester avec lui.

- Je te laisse partir, je suis okay. Je te laisse partir, mais avant on peut juste boire un verre.. avant on peut juste en discuter.

Elle relève la tête avant de la hocher. Son avis ne changera pas. Ça fait trop longtemps que ça ne va plus. Elle se sent seule alors qu'ils sont deux dans leur couple. Il ouvre la porte et elle le suit. Juste un au revoir. C'était certainement les mots de trop ce soir.

Elle a essayé. Vraiment, elle a essayé si fort. Elle s'est dit que c'était une passade, ça arrivait à tout le monde. Que les disputes à répétition étaient seulement dans sa tête. Elle devrait faire un effort bordel. Mais parfois, ça ne sert plus à rien de continuer. Puis ce n'est pas la première, elle a pu mentir mais maintenant ce n'est plus possible. La fois de trop sûrement.

Alors un dernier verre, pour dire au revoir. Un dernier verre comme un adieu.

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