Lorsque le soir approchait, Hokori pouvait alors s'amuser comme il le souhaitait en compagnie de Yassi. Il aimait par-dessus tout explorer la forêt tout en installant les engins d'entrainements un peu partout.

Le soleil scintillait dans le ciel, s'engouffrant entre le feuillage et illuminant la petite cabane au milieu de la forêt. Les mésanges zinzinulaient, excitaient par le printemps qui s'était installé. La légère brise tapait dans la fenêtre de bonne fortune de la cabane, empêchant Hen de dormir des deux yeux. Le chaman se leva et s'étira de tout son corps. Les mouvements provoqués par le lit réveillèrent le loup à son tour et le canidé, le regard encore embué, rejoignit d'un pas nonchalant jusqu'à la porte. Les deux compagnons poussèrent un long soupire et d'un commun accord, Hen ouvrit la porte. A peine était-elle entrebâillée que le petit Hokori, assis sur la cheminé, sautait à terre et courrait jusqu'à Hen et Yassi. Le chaman accueillit à bras ouvert l'enfant et le souleva dans les airs. Après ce câlin, Hokori sauta sur le pauvre canidé. L'étrange petit avait encore grandit. Et plus que la taille, c'était son agilité qui impressionnait Hen.

-Aujourd'hui, je vais t'apprendre à préparer une soupe un peu spéciale !

L'enfant aux yeux rouges approuva par de nombreux signes de tête, excité à l'idée de découvrir encore quelque chose. Il sautilla dans tous les sens, prenant sur son passage mortier, casseroles, cuillères et bols. Ce n'était pas la première fois que le petit aidait à la cuisine. Il savait déjà cuir de la viande, préparer du thé, malaxer de la pâte, fabriquer du pain, et il avait soif d'apprendre. Malgré sa petite taille et son mutisme, il était plutôt intelligent et débrouillard, et l'idée de le laisser seul n'effrayait plus Hen.

-J'ai besoin que tu ailles chercher des feuilles d'aucuba, de la sève de renouée, des shiitakés ! Et du Yashumuki.

Hokori, qui jusqu'au dernier mot secouait la tête dans tous les sens pour approuver, se stoppa d'un coup et planta son immense regard dans celui du chaman. Lui lançant un air interrogateur, Hen du lui répondre.

-Pour la trouver, il faudra que tu ailles vers le nord. Tu marches jusqu'à atteindre la petite cascade où on a déjà été ensemble. Là-bas, tu contournes les rochers par la droite et tu vas arriver dans la forêt profonde. Ne t'y perds pas ! Les Yashumukis sont des gros fruits qui poussent sur des arbrisseaux. Les feuilles de la plante sont assez simples, comme celles des hêtres. Mais tu reconnaîtras la plante par les tiges dont les nœuds sont proéminant. Si jamais tu ne les trouves pas, attends la nuit et suis les Macronix marana. Ils se nourrissent des Yashumukis dans cette forêt. Sois prudent !

Hokori secoua une dernière fois la tête avant de se précipiter vers l'entrée de la cabane. Sur ses talons, Yassi suivait le pas. Mais Hen attrapa la queue grise du loup et le tira vers lui.

-Non, toi tu restes là aujourd'hui. Hokori ira seul.

Le petit ouvrit grand ses yeux. A la fois heureux de sentir la responsabilité sur ses épaules enfin donnée par le chaman, mais aussi angoissé à l'idée de se retrouver seul, il prit la petite fourrure de renard et la posa sur ses épaules avant de quitter la cabane. Dehors, les fourmis fourmillaient autour de lui, prêtes à le suivre. L'enfant se mit à courir vers le mur et d'un bond, il le survola. Gracieusement, il retomba derrière et reprit sa course. Affolées, les fourmis partirent dans un premier temps dans tous les sens avant de réussir à s'organiser et à suivre du mieux qu'elles purent l'enfant.

Appuyé contre la porte, Hen regardait Hokori s'en aller, comme un père laissant son enfant partir pour l'école. Yassi semblait inquiet. Il se mit à mâchouiller les pans des chevilles du chaman comme pour le laisser rejoindre. L'homme tourna son visage vers le canidé, un sourire rassurant collé à ses lèvres.

Nameless EraRead this story for FREE!