6 | Je n'entends plus la scène

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Le moteur de la voiture arrête de vibrer, mais pas son cœur.

Le moment que George attend depuis plusieurs heures, plusieurs jours même, est enfin là. Dans ce bâtiment au-delà du parking, l'exposition d'Évangéline va se dérouler. Par conséquent Évangéline elle-même se trouve là. Si proche et si loin à la fois. Il regarde son téléphone et lui renvoi un nouveau message.

George : Alors, prête pour le grand soir ?

De son côté, il a déjà pris sa chambre d'hôtel et a revêtu son costume. Il tient à être sur son trente-et-un pour la rencontrer, bien sûr, mais aussi pour être irréprochable sur les photos de journaliste qui ne manqueront pas.
Son manager lui a donné ses ultimes consignes pour que la soirée soit autant une bonne expérience pour lui qu'un bon coup de communication pour le groupe. George a grincé des dents en voyant comment le manager a pu tourner sa possible histoire de cœur en publicité pour le groupe. Il comprend l'idée derrière : c'est en effet un bon coup de presse, le grand bassiste George venant au vernissage d'une petite peintre française. Pour le jeune musicien pourtant, il s'agit d'un tout autre but : rencontrer enfin pour de vraie Évangéline. Il sait à quoi elle ressemble, il a déjà vu des photos. Il sait comment elle s'exprime, il lui parle tous les jours. À quoi ressemble sa voix ? Quelle tête fait-elle quand elle est heureuse ? C'est une foultitude de petit détail qu'il a déjà hâte de pouvoir découvrir à son propos.

Évetoile : Jamais. Je tremble de partout. C'est horrible. Il y a déjà du monde.

Elle lui envoie une photo qu'elle semble avoir pris d'une fenêtre du second étage, mais il voit bien en effet devant l'ancienne maison de village où se trouve l'exposition que de nombreuses personnes attendent que la double-porte vitrée s'ouvre.

George : Respire. Ca va aller ! Tu as travaillé durement ! Tout ira bien. Profite, c'est ton soir ! Et si tu as besoin, je suis là.

Bien plus qu'elle ne se doute, puisqu'il sera physiquement là pour l'aider si elle en ressent le besoin.
Il aura même son garde du corps si vraiment tout dérape. George espère que cela n'arrivera pas à ce stade, mais il sait qu'au besoin, il a avec lui quelqu'un capable de les défendre et qui s'y connaît en premier soin. Pas qu'avec un diplôme de dentiste, il ne s'y connaisse pas en soin, mais il vaut mieux qu'il ne soit pas seul à gérer une situation de crise. Il rit nerveusement. Voilà qu'il pense déjà à une potentielle situation de crise alors qu'il n'est même pas sortie du véhicule. 

Évetoile : C'est maintenant ou jamais. Souhaite-moi bonne chance !
George : Bonne chance !

En effet, les gens commencent à bouger et à rentrer dans le bâtiment. Les rideaux qui cachaient l'autre côté de la baie vitrée ont été tirés et enfin, la double-porte s'ouvre. Son cœur fait un raté. La voilà. Il l'a aperçu rapidement, tâche de feu dans cette mer de personne habillés de noires.
Il respire un grand coup, c'est le moment de rentrer en scène.

Il sort de sa voiture, garde du corps sur les talons. Sans surprise, quelques journalistes lui demandent sa photo avant même qu'il n'ait eut le temps d'entrer dans l'exposition. Il sourit et accepte de prendre quelques clichés, avant d'avancer dans la salle. Il ne voit pas Évangéline, mais il le sait, elle est là, quelque part. Ce n'est qu'une question de minutes. Il pourra lui parler dans la soirée. Le moment viendra.

La salle abrite les douze peintures. Il les a déjà vues en photos, il les reconnaît. Il se mêle à la foule et il observe les toiles. L'appareil photo du téléphone d'Évangéline ne leur rend pas justice du tout. En vrai, elles sont plus vibrantes et retranscrivent encore mieux les sentiments qui animent la musique.
À côté de chaque toile, un cartel indique le titre de l'œuvre et de la musique, il y a également les paroles de la musique et un QR code. Comme beaucoup de curieux, il sort son téléphone pour scanner le code : ils mènent vers les liens des musiques. Il sourit. Ils en avaient parlé avec le groupe, mais elle l'a fait. Personne ne peut lui reprocher d'avoir pensé à tout.

À tes côtés (Je suis là)Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant